Isaac Cordal street art

Isaac Cordal, l’artiste du minuscule

Isaac Cordal est un street artist espagnol né en 1974 à Pontevedra. Il a étudié la sculpture à l’école des Beaux-arts de sa ville natale. Puis, il a suivi une formation de cinq ans à l’école Canteiros, un établissement spécialisé dans les métiers de la pierre. Depuis, il crée de petites créatures de béton qu’il dispose un peu partout dans les interstices des villes, dans  la fissure d’un mur, la faille d’un trottoir, une flaque d’eau…

Isaac Cordal, plein de figurines se baignant dans le lac d'Annecy.
Isaac Cordal, Follow the Leaders, Annecy, 2019
Isaac Cordal, un homme miniature marchant sur un câble électrique.
K-Live Festival, France

L’artiste espagnol vit entre sa ville natale Pontevedra, Bruxelles et Londres. Si son œuvre est composée de sculptures et de photographies dans l’environnement urbain, il est aussi reconnu sur la scène ‘Death Metal’ Espagnol en tant que compositeur et guitariste du groupe ‘Dismal’ jusqu’en 1998. Les personnages de Cordal sont présents dans de nombreuses villes du monde, comme Londres, Berlin, Paris, Nantes, Grenoble, Bruxelles, Ostende, Barcelone, Milan, Bogota… Son projet phare fût “Cement Eclipses” (éclipses de béton) qui présentait des figurines miniatures dissimulées dans plusieurs villes du monde et leurs photographies in situ.

Isaac Cordal, une home miniature portant des ailes semblent sortir du béton.
Cement Eclipses, Paris, 2014
Isaac Cordal, un humain à tête de crâne derrière un grillage.
Cement Eclipses, Paris, 2014
Isaac Cordal, un humain à tête de crâne derrière un grillage et des feuilles.
Cement Eclipses, Paris, 2014

“J’aime considérer le street art comme une forme de combat. Cela me plait d’y voir un dialogue entre un lieu et ses habitants, entre la société et ses leaders…”

Isaac Cordal
Isaac Cordal, Plusieurs humains miniatures dans un bassin blanc avec des bâtiments engloutis.
Cement Eclipses, Paris, 2014

À découvrir aussi le street-art miniature de l’artiste Slinkachu

Isaac Cordal, un homme miniature nu qui regarde dans une bouche d'égout.
Isaac Cordal, Cement Eclipses, Paris, 2014
Isaac Cordal, un homme dans une barque qui s'enfonce.
Isaac Cordal, Cement Eclipses, Paris, 2014

Une autre de ses oeuvres emblématiques intitulée “Follow the Leader”, qui eut lieu à Nantes en 2013 dans le cadre du “Voyage à Nantes” rassemblait près de 2000 statuettes dans une ville miniature s’étalant sur 360 m2. L’installation a nécessité près de 60 moulages différents. Isaac Cordal souhaitait travailler sur l’archétype de l’homme lambda en utilisant le même matériau qui sert à construire les villes : le béton. Cet homme singulier supposé représenter une grande partie d’entre nous, complètement désabusé est un leitmotiv dans l’oeuvre de Cordal. Le personnage cristallise une réflexion sur l’inertie des masses et les conséquences du régime capitaliste.

street art, un homme miniature à une fenêtre devant des gravas.
Isaac Cordal, Follow the Leaders, Nantes, 2013
un homme sortant de sous un bâtiment parmi les gravas.
Isaac Cordal, Follow the Leaders, Nantes, 2013

« L’art devrait être le miroir de la société » déclare le street artiste.

Isaac Cordal, comme tout street artiste produit un art social, dénonciateur. Les figurines récurrentes de ses créations sont une métaphore de la condition humaine contemporaine. Leur taille, minuscule, traduit l’écrasement supporté par chacun face à des fléaux tels que la lutte des classes, l’oligarchie, le réchauffement climatique ou encore la misère que nous rencontrons à tous les coins de rue.

street art miniature plusieurs personnages sur un ponton et autour.
Isaac Cordal, Open Art, Orebro, Suède, 2013
Isaac Cordal, un personnage miniatures allongé dans une flaque en PLS.
Isaac Cordal, Open Art, Orebro, Suède, 2013

Cette esthétique du minuscule crée une certaine poésie, les personnages mis en scène par Cordal semblent jouer une partition dont nous aurions égaré la feuille. Ils paraissent tous pris dans une sorte de scénario auquel ils ne peuvent échapper. Mais le minuscule vient également servir l’humilité de l’artiste, qui relativise son rôle social et défend un ton humoristique : “J’essaye d’utiliser l’ironie, mais il ne s’agit jamais d’une plaisanterie. L’humour est une façon d’habiller le drame. Je pense que nous avons besoin chaque jour d’une overdose d’humour pour survivre”.

“Dans les rues, j’aime ce que font Blu, Escif, Liqen, Brad Downey, entre autres. En dehors du street art, je n’ai pas d’artiste favori mais j’admire Maurizio Cattelan, Anthony Gormley, Ron Mueck, Medardo Rosso, les frères Chapman…”

Isaac Cordal
 une assemblée assise de petits personnages.
Isaac Cordal, Ego Monuments, solo show at Galerie COA, Montréal, Canada, 2019
Isaac Cordal, détail de l'assemblée assises de petits personnages. Un des personnages a un casque de réalité virtuelle.
Isaac Cordal, Ego Monuments, solo show at Galerie COA, Montréal, Canada, 2019

Le sculpteur est également un artiste très concerné par les changements climatiques. Lors de la Triennale de Beaufort, il a présenté une série de sculptures représentant des individus placés au sommet de poteaux portant des bouées de sauvetage et “attendant” le changement climatique. Il s’agit d’un moyen de dénoncer notre inefficacité face à l’urgence climatique. A Nantes, il a également présenté une œuvre similaire qui présentait des sculptures flottantes en silicone dans les douves du château des ducs de Bretagne. Cette fois-ci des hommes en costume-cravate et attaché-case étaient représentés grandeur nature, à la dérive, avec ou sans bouées.

Isaac Cordal, un personnage miniature porte une bouée au sommet d'un poteau.
Isaac Cordal, Waiting For Climate Change, Obrestad For Og Hâ Gamle Prestegard, Norvège
Isaac Cordal, un personage miniature portant une bouée en forme de canard au sommet d'un poteau.
Isaac Cordal, Waiting For Climate Change, Obrestad For Og Hâ Gamle Prestegard, Norvège

Si vous avez apprécié le travail du street artiste Isaac Cordal, nous vous proposons de découvrir l’œuvre de l’artiste engagé Fintan Magee.