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(crédit illustration / © Victoria Roussel )

Le DGTL Festival propose le line-up le plus cool de tous les temps du 4 au 5 avril 2015 à Amsterdam. Dixon, Jamie Jones, Âme, David August, Rone, Maceo Plex, Noir, Recondite, Hot Since 82, Motor City Drum Ensemble, une programmation qu’on scrolle ad vitam æternam avec les pupilles en forme de coeur.  Outre la qualité indiscutable d’un panel d’artistes de musique électronique et underground – dont la plupart ne sont pas encore retenus en otage à la Concrète – et des chiens robots cracheurs de feu, le festival s’impose également sur la liste des festivals les plus engagés dans le développement durable (src). Plus qu’un paysage musical, le DGTL entamait déjà son bout de révolution l’année dernière avec le recyclage des matières plastiques, un plan quinquennal qui ne repose pas seulement sur des toilettes sèches aka litières géantes mais plutôt sur une sensibilisation de masse, des objectifs toujours plus pertinents et innovants. Et ce, en déployant une scénographie monstrueuse et délirante.

Ce que nous sommes en droit d’attendre d’un festival aujourd’hui, le DGTL en a fait la promesse. Échange avec Dionne Hallegraeff, responsable et promoteur du lobby.

Beware Magazine : Vous avez déjà obtenu les félicitations de l’association Greener Festival en 2014, saison durant laquelle vous aviez mis l’accent sur les déchets plastiques, en parvenant à recycler la moitié de ces derniers. Cette année, votre objectif vise les 90%. Comment allez-vous vous y prendre ?

Dionne Hallegraeff : En 2014, nous avons cerné quel type de recyclage pouvait fonctionner ou non. Suite à ça, nous avons expérimenté comment motiver nos visiteurs à trier eux-mêmes et nous avons mis le doigt sur quel type d’entreprise de transformations des matériaux était réellement concernée par le développement durable. Cette découverte est très précieuse quant à nos objectifs. Nous sommes donc passés à une société de transformation des déchets encore plus efficace, nous venons d’établir un plan pour corriger nos défauts de l’année précédente et ainsi optimiser davantage nos résultats. Et pour nos festivaliers, nous sommes en train de développer un système de transformation des déchets plastiques en gadget sur le site même du DGTL. On a également agrandi notre équipe de bénévoles.

 

Nouvel objectif cette année, l’énergie. Le DGTL est pourtant connu pour ses efforts sur des scénos spectaculaires, des installations artistiques démesurées. Comment allez vous concilier le côté spectacle, le confort de vos festivaliers et le respect de vos engagements ?

Cette année, on opère en trois étapes : l’innovation, l’information et la prévention. En exposant les nouvelles innovations de renouvellement d’énergie, nous faisons de cette solution une solution tangible et accessible. En informant en plus nos visiteurs sur ces modes de renouvellement, on leur montre comment s’impliquer, comment réduire leurs dépenses et les faire réfléchir à l’avenir, nous faisons de la prévention puisqu’elle est la première clé du changement. Nous pensons que notre festival défend un développement durable si et seulement si cet engagement est accessible à tous, s’il est cool et que sa communication est fluide, simple, claire. Il ne serait pas sage de forcer les gens à changer, cela ne marche pas. Nous pensons plutôt montrer l’exemple, montrer ce qui est possible, partager et recevoir nos connaissances sur le sujet. On ne se lance jamais dans une révolution tout seul.

 

Qu’est ce que vous attendez de la part des festivaliers ? Comment vont-ils être impliqués dans ce processus ?

Nous attendons d’eux qu’ils soient ouverts d’esprit, qu’ils nous partagent leurs expériences, opinions et leurs idées. Nous aimerions les inspirer comme eux nous inspirent. Ils sont la clé d’une révolution réussie.

 

Les festivals de musique sont devenus un nouveau moyen de communication directe et de prévention (BeLove, Wood, Solidays, WeLoveGreen…). Puisqu’ils sont très nombreux aujourd’hui, est-ce qu’on peut affirmer que la qualité d’un festival se mesure à son lobbying, des engagements éthiques et responsables et non plus seulement à son line-up et à son site ?

La raison principale pour laquelle nous avons crée le DGTL était justement pour créer un festival qui est bien plus qu’un line-up et son site. Le DGTL fonctionne comme un terrain d’expérimentations où tout est possible, c’est ce qui est beau. Un festival peut avoir énormément d’influence sur les gens qui le vivent, ce serait un gâchis de ne pas utiliser cette influence pour faire bouger les choses. Nous pressentons définitivement que la qualité de notre festival augmente avec notre engagement pour le développement durable et nos responsabilités éthiques.

 

Vous êtes sûrement dans l’agitation des préparations de cette saison mais avez-vous déjà de nouveaux objectifs pour 2016 et les années à venir ?

Oui, nous avons crée un plan en 5 ans et un manifeste, nous avons déterminé un objectif principal par an. L’année dernière, le pilier était le recyclage plastique, cette année c’est l’énergie, l’année suivante nous nous concentrerons sur l’eau. La nourriture et la logistique viendront plus tard en 2017.

 

Qu’est ce que je peux faire en tant que festivalier une fois sur les docks NDSM lors du festival ?

Nous avons un gros programme de bénévolat dans lequel tu peux t’impliquer. Tu peux te porter volontaire dans la “Trash Army”. À côté de ça, tu peux simplement supporter la révolution DGTL en jetant les déchets à leur place, dans le bon contenant. Cette année nous allons également lancer un programme d’ambassadeurs Revolution DGTL, nous allons bientôt commniquer dessus. Enfin et surtout, tu peux rejoindre la révolution en partageant tes connaissances, penser à l’avenir et en adoptant le bon comportement dans ta vie quotidienne.

 

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter, quelques mots à propos ? 

En avant pour la Révolution !

 

Pour en savoir plus.

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