Interstella 5555 daft punk

Interstella 5555: The Story of the Secret Star System, un “space-opéra” signé Daft Punk

S’il y a bien un film d’animation qui reflète l’extravagance et le génie du duo Daft Punk c’est celui-ci ! Alors, revenons sur ce chef-d’œuvre qui fête cette année ses 17 ans.

Interstella 5555

Le 18 mai 2003 est diffusé pour la première fois en France le film d’animation franco-japonais Interstella 5555 dans le cadre du festival de Cannes. Il sort dix jours plus tard dans les salles françaises, rencontrant un large succès provenant des spectateurs et de la critique. Toutefois, pour comprendre sa création et cet engouement, montons dans le TARDIS pour revenir deux ans auparavant.

Nous voilà arrivés le 13 mars de l’an 2001, date de sortie du deuxième album du groupe mythique Daft Punk dénommé Discovery. Lors de sa sortie l’album reçoit un accueil plutôt mitigé dans les premiers temps, étant donné que les fans sont habitués à un style plus house. En effet, le duo a opté pour un changement significatif dans leur style via l’utilisation massive du vocodeur et de samples disco qui, par ailleurs, explique probablement une partie du choix dans le nom de l’album : Disco(very).

Toutefois, si l’horizon d’attente des spectateurs n’a pas totalement été respectée, le duo avait une brillante idée derrière la tête puisque l’album a été conçu autour d’une histoire futuriste et musicale haute en couleur, écrite en collaboration avec leur ami Cédric Hervet !

Affiche Interstella 5555
affiche du film Interstella 5555

Le long métrage d’animation

Les deux compères, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, ont été bercés dès leur plus tendre enfance par l’univers de science-fiction et d’aventure du grand Leiji Matsumoto, avec notamment Capitaine Albator et Galaxy Express 999.

C’est ainsi que les Daft Punk décident de collaborer avec Matsumoto afin de superviser la conception graphique du long métrage, selon les codes et le style de leur enfance. Interstella 5555, réalisé par le japonais Kazuhisa Takenouchi, est donc fondé sur un univers visuel de science-fiction, proche des grands mangas japonais des années 70-80 et produit par le studio Toei Animation. En outre, ce film d’animation a aussi un rôle dénonciateur puisqu’il reflète la condition des musiciens et artistes provoqué par l’industrie du disque mais nous reviendrons sur ce point plus tard dans l’article.

Avec un budget d’environ 4 millions de dollars et 28 mois de travail acharné, ce long métrage, dépourvu de dialogue, relate l’histoire de quatre musiciens extraterrestres kidnappés afin de devenir de super stars sur la planète Terre. Toutefois, même si le film est muet et avec peu de bruitage il n’est pas à court d’émotion et de sens et cela grâce aux 14 titres de l’album Discovery du duo, qui font vibrer et enchantent les péripéties des quatre protagonistes.

Daft Punk - Interstella 5555

L’histoire d’Instersella 555

Si on devait faire un résumé des 68 minutes du film en faisant « court » ça ressemblerait probablement à ça :

Tout commence par un concert où retentit la musique « One More Time » jouée par les quatre musiciens. Les quatre extraterrestres bleus humanoïdes, dénommés Octave au chant et synthétiseur, Stalle pour la basse, Baryl à la batterie et Arpegius à la guitare, se font enlever par un commando géré par un diabolique producteur de musique. Ce dernier les amène sur Terre afin de les exploiter totalement pour devenir de super stars sous le nom de groupe « The Crescendolls » et cela au moyen d’un lavage de cerveau et d’une transformation complète de leur physique avec en point bonus, une modification génétique pour qu’ils deviennent humains… si ça ce n’est pas une belle critique de l’industrie du disque !

ATTENTION SPOILER

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Interstella 5555 - groupe

Toutefois, avant leur enlèvement un message d’aide a été envoyé à un ami du groupe dénommé Shep qui va tout tenter pour les sauver à bord de son vaisseau en forme de guitare électrique. Le groupe qui est contrôlé mentalement et sentimentalement par des lunettes bourrées de technologie, se produit à travers le monde jusqu’au jour où, durant un concert, Shep arrive à éteindre trois paires sur quatre laissant la jeune Stalle au service du diabolique impresario.

Mais c’était sans compter sur la force et le dévouement de Baryl qui, lors d’une cérémonie de remise de prix appelé « The Gold Record Awards », arrive à désactiver les lunettes de son amie afin de s’enfuir loin de leur bourreau (c’est d’ailleurs à ce moment que l’on voit apparaître dans le public le duo des Daft Punk, ndlr).

Par la suite, un enchainement de course poursuite et de reprise de conscience des musiciens les amène à tenter de fuir la terre. Néanmoins, leur impresario et ravisseur, qui s’avère être le Comte de Darkwood, un sorcier bien connu qui depuis des siècles kidnappe des groupes pour amasser toujours plus d’argent et de disque d’or, parvient à reprendre le contrôle sur Stalle.

Comte de Darkwood
le méchant de Interstella 5555

Si Darkwood kidnappe des musiciens c’est avant tout pour la récompense du disque d’or qui lui permet d’alimenter une machine. C’est à ce moment que les numéros 5555 inscrits dans le titre prennent sens puisque la machine diabolique lui permettra, s’il réunit 5555 disques d’or, de conquérir l’univers. C’est alors qu’un des moments les plus épiques arrive : la bataille finale et la mort de Darkwood, calciné dans la lave en fusion.

À la fin du film, les scientifiques terriens se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls dans l’univers et aident les quatre membres du groupe à retrouver leur apparence et leurs souvenirs. Les cinq amis repartent à bord du vaisseau guitare de Shep sur leur planète, où leurs fans de toujours les attendent avec impatience offrant en finalité un somptueux concert retransmis sur Terre, sur la dernière de l’album : « Too Long ».

Daft Punk

Et sinon ?

L’album Discovery est aussi beau visuellement qu’auditivement et après la sortie en 2003 de leur film d’animation Interstella 5555: The Story of the Secret Star System, les critiques négatives sur l’album se sont arrêtées, laissant place à l’euphorie. Encore aujourd’hui ce film fait parler de lui et sa dernière retransmission publique a eu lieu le 18 août 2018 à Paris, dans le cadre du festival cinéma en plein air à la Villette.

On vous laisse avec l’album Discovery qui, sur 14 titres, nous a offert tout de même 6 singles (« One More Time, Aerodynamic », « Digital Love », « Harder, Better, Faster, Stronger », « Face to Face » et « Something About Us ») dont les clips des quatre premiers sont tout droit tirés du film Interstella 5555 :

Voir Insterstella 555

Les clips étant tous disponibles sur Youtube, voici une playlist qui les regroupe tous et vous permet d’apprécier le film en entier !