Goldman v Silverman

Goldman v Silverman, le western grotesque des frères Safdie

Benny et Joshua Safdie, deux jeunes réalisateurs New-Yorkais, sont des figures de proue de cette nouvelle génération de cinéastes américains indépendants, au même titre que Robert Eggers (The WitchThe Lighthouse), Ari Aster (HéréditéMidsommar) ou encore Trey Edward Shults (It Comes at NightWaves).

Il n’est pas exagéré de comparer les deux frères à un certain Martin Scorsese à ses débuts. Un même thème récurrent : New-York, ses bas-fonds, sa violence, son énergie survoltée… Mais la comparaison s’arrête ici car ce sont avant tout de purs produits de leur époque, aux montages épileptiques menés tambour battant sur fond de R&B (The Weeknd) ou musique électronique (Oneohtrix Point Never) ! 

Leur dernier film Uncut Gems, distribué par Netflix, était un véritable tour de force, entraînant le spectateur dans une course asphyxiante pour le laisser sonné par un uppercut final. Ceux qui ne l’ont pas vu, allez-y sans hésiter, ne serait-ce que pour la performance d’Adam Sandler, astucieusement utilisé à contre-emploi. 

Affiche d'Uncut Gems

C’est seulement deux semaines avant la sortie d’Uncut Gems qu’ils ont mis en ligne le court-métrage Goldman v Silverman, où l’on retrouve justement le même Adam Sandler. 

Dans ce film, un artiste de rue recouvert de peinture or, mime un robot en pleine avenue New-Yorkaise lorsqu’apparaît un autre homme (interprété par Benny Safdie), lui recouvert de peinture argent, qui le provoque et vient effectuer son propre spectacle en face… La lutte pour le territoire fait rage.

Adam Sandler dans Goldman v Silverman

Malgré un titre plus costume que colt, c’est un western moderne qui se déroule sous nos yeux, où le grotesque y tutoie le drame et une bombe de peinture blesse comme une balle. La musique de Forget y est pour beaucoup, prenant parfois des airs de ballades country rappelant le grand Ouest sauvage, sans jamais oublier que ce n’est rien d’autre qu’un duel de clowns… Sous le regard des passants, parfois amusés, souvent désintéressés.