BICICLETA SEM FREIO

BICICLETA SEM FREIO, L’art graphique autour du monde.

Le collectif brésilien Bicicleta sem freio a offert une nouvelle murale expressive et surprenante au boulevard saint-Laurent, remplaçant celle de la parisienne Kashink. Rencontre avec l’artiste Douglas Pereira, sourire aux lèvres, quelques jours après son arrivée au festival Mural de Montréal.

BICICLETA SEM FREIO
819 par BICICLETA SEM FREIO

Sur la machine élévatrice qui nous mène à plusieurs mètres de hauteur, Douglas Pereira du collectif Bicicleta Sem Freio semble en parfaite harmonie avec la murale qu’il est en train de réaliser. Seul lors de notre entrevue, il s’agit en réalité d’un duo : Renato Reno et Douglas Pereira, 30 ans. Les deux artistes sont diplômés en design graphique de l’Université fédérale de Goiàs. Leur histoire commence il y a déjà plusieurs années sur les bancs de la fac. A l’origine, les artistes ont commencé par créer des affiches pour des concerts, des festivals de musique. Graphique et original, leur style se fait progressivement remarquer par des grandes marques comme Nike, Absolut, Converse, ou encore Adidas, pour lesquelles ils réalisent des projets. Ce n’est qu’en 2013 qu’ils réalisent leur première murale à Las Vegas, elle sera la première d’une série internationale.

Leurs influences sont à l’image de leurs murales ; diversifiées, colorées, sans doute affiliées à l’innocence et l’enfance, comme l’explique Douglas Peirera : ” Je dessine depuis mon plus jeune âge et je pense être très influencé par les jeux vidéos, les comics, les dessins animés… mes influences aujourd’hui se diversifient aussi grâce à nos voyages et aux artistes que je rencontre. ” Les murales du duo envoient au spectateur une sensation positive. Les motifs des œuvres s’entrelacent, s’embrassent, s’exécutent harmonieusement pour former un ensemble inattendu ; elles relatent une dynamique singulière.

murale street art

 

BICICLETA SEM FREIO en train de peindre

pot de peinture

les membres du duo BICICLETA SEM FREIO

Portant sans cesse des écouteurs dans les oreilles lorsqu’il travaille, comme lors de notre entrevue, la musique dispose d’une très grande place dans l’art de Douglas Pereira. Pour cause, l’artiste était venu à Montréal en 2009 en tant que musicien. Il était le batteur d’un groupe de rock brésilien, les Black Drawing Chalks, et s’était produit au bar  ”Les Foufounes électriques”. Le groupe a d’ailleurs connu un certain succès, il a notamment joué au festival de musique et film SXSW à Austin, au Texas en 2013.

Le collectif a aussi crée le videoclip de leur titre ”My Favorite Way”, avoisinant les 520 000 vues sur YouTube.

Ses influences musicales sont issues naturellement du rock, de sons poignants comme ceux des Arctic Monkeys ou encore des Strokes, de l’indé, du rap, ou encore de la musique brésilienne .

Les artistes viennent tous les deux de Goiâna, de l’état brésilien de Goiás. Leur ville est une place où le street-art n’est pas réellement répandu, ”il existe des graffitis mais très peu de murales à l’image de celles que l’on peut retrouver aujourd’hui dans des villes comme Sao Paulo” ajoute Douglas, ”La première murale que nous avons réalisé à Goiâna a été créée deux ans après avoir réalisé des murales dans le monde entier.” En tant que brésiliens, les Bicicleta sem freio permettent d’offrir une vision différente du street-art en Amérique du sud. L’an passé le street-art brésilien s’était fait remarquer notamment par l’expression de Paulo Ito qui dénonçait le Mondial de football 2014. L’artiste avait représenté un enfant affamé devant une assiette contenant un ballon de foot. L’œuvre était devenue par la suite un symbole brandi par les anti-Coupe du monde.

Les murales de Bicicleta sem freio sont à l’opposé de toute revendication politique comme l’explique Douglas Pereira, ”Je pense que cela est très important d’utiliser la rue, les murs de la ville pour alerter les gens et faire réfléchir sur le monde mais pour l’instant,  je préfère illustrer des choses que j’apprécie.” Une pensée positive, une volonté de procurer davantage de plaisir au regardant. Pour autant, les artistes n’excluent pas de réaliser des murales davantage engagées ”Les peintures murales sont un monde tout nouveau pour nous, nous en apprenons davantage sur nous-mêmes au fil du temps, sur ce que nous aimons , sur nos capacités.”

Bicicleta sem freio creation

Nous quittons enfin l’artiste, qui n’a jamais perdu son sourire. Il nous confie sa joie d’être à Montréal, une ville pour laquelle il ne tarit pas d’éloge ”Les artistes de Montréal ont beaucoup de chance d’avoir le festival Mural. Il s’agit d’un des festivals de street-art les plus connus dans le milieu, beaucoup d’artistes souhaitent venir ici.” Pour l’édition 2015, il est particulièrement touché par le travail de Nychos, Axel Void, ou encore Faith 47.

Juste après le festival Mural les deux artistes ont filé pour Vegas afin de réaliser une murale dans le cadre d’un festival musical. Leur périple continue sur leur Terre natale, Goiânia, puis au Mexique. Il semble que les deux artistes ne soient qu’au début de leur périple dans le milieu du street-art, et que leur soif de création, de rencontre, soit quant à elle, indicible.

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