Basée à Los Angeles, Ash Danielsen aime bien semer le trouble dans ses photographies. À travers ses portraits, elle forge une esthétique surréaliste en misant sur une palette de couleurs électriques et irréelles, ce qui provoque d’emblée une surcharge sensorielle. Ses créations produisent un effet suffisamment saisissant pour que l’on se sente tout de suite aveuglés par l’image.

Photographie issue de la série Florida Man d'Ash Danielsen. 2
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Florida Man.
Photographie issue de la série Florida Man d'Ash Danielsen.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Florida Man.
Photographie issue de la série Florida Man d'Ash Danielsen.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Florida Man.
Photographie issue de la série Florida Man d'Ash Danielsen.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Florida Man.

Diplômée en 2016 de l’Academy of Art University de San Francisco, elle se spécialise en photographie puis enchaîne expositions collectives et personnelles en galeries d’art. Son travail évolue entre photographie analogique, numérique et motion design. 

Ashlynn Danielsen, série photo Overstimulation.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Overstimulation pt.1.

L’originalité de sa photographie tient dans cette juxtaposition de couleurs acidulées et d’émotivité (le plus souvent de la mélancolie) incarnée par ses sujets. Sa photographie mise beaucoup sur l’artifice : talons aiguilles, bas résille, perruques, accessoires, prothèses, maquillage et body painting sur fonds jaune, rouge vif, bleu turquoise, indigo ou rose bonbon. Ash Danielsen pousse l’esthétique de ses photographies au point où elles atteignent une dimension irréelle. Ses personnages se fondent ou, au contraire, émergent du décor. Queers, drag queens (avec lesquelles l’artiste collabore) participent à une mise en scène théâtrale. Comme si l’on regardait des tableaux vivants.

Ashlynn Danielsen, série photo Overstimulation.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Overstimulation pt.2.

Si vous aimez le travail de cette photographe, vous aimerez aussi certainement celui de la photographe française Alice Moitié, ;)

Ashlynn Danielsen, série photo Overstimulation.
©2018 Ashlynn Danielsen. All rights reserved. Overstimulation pt.3.

Il y a chez la photographe un questionnement de l’ordre du fantasme, du travestissement, une mise en scène du corps qui avait été brillamment exploré par l’artiste photographe Pierre Molinier. Sauf qu’à l’époque (fin des années 60), ses clichés sulfureux avaient fait de lui un artiste transgressif peu compris. Aujourd’hui, Ash participe à une nouvelle écriture des codes du portrait, notamment par cette transformation du corps poussée à l’extrême. Mais au-delà du portrait, elle cherche à figer une intériorité, l’expression d’un sentiment.

Les photographies d’Ash Danielsen suivent son désir de révéler la beauté dans les moments de confusion et de percevoir des traces de souffrance dans les moments d’émerveillement. La série « Overstimulation » questionne ce que signifie être vivant de nos jours. Serait-ce cette part de sensibilité derrière la surface colorée ? Car ici, les photographies mettent en lumière des états de sur-stimulation des sens qui amènent une confusion, un sentiment d’inconfort, affecte le corps physique et émotionnel. 

Derrière ces clichés et personnalités flamboyantes, on se demande où est la part de projection de l’artiste. N’y aurait-il pas une sensibilité à vif que seule une grande créativité pourrait contrebalancer ?

Plus d’images sur le site Internet et le compte Instagram de l’artiste.