Née à Senaki et élevée à Tbilisi, en Géorgie, Mariam Sitchinava s’impose progressivement dans le monde de la photographie avec ses clichés doux et envoûtants. Née en 1989, elle débute la photographie en 2009 sans aucune formation académique. Tout commence lorsqu’elle reçoit en cadeau un vieil appareil photo soviétique. Elle qui n’avait jamais envisagé une carrière dans la photographie se retrouve immédiatement happée par le médium. Huit mois seulement après ses premiers clichés, elle décroche son premier projet commercial. Les portraits de jeunes filles qu’elle réalise en pleine nature constituent une ode lumineuse à la féminité et à la nature.








Des femmes et des fleurs
Mariam Sitchinava est une photographe autodidacte qui se laisse inspirer par les femmes qui l’entourent. Elle a donc décidé de les immortaliser en les photographiant au beau milieu de la nature. Parfois, ses clichés nous emmènent dans des champs débordant de fleurs tandis que ses autres travaux nous transportent au bord d’une falaise ou au volant d’une vieille voiture. Les femmes sont souvent jeunes, dénudées et recouvertes de fleurs. Les végétaux reviennent d’ailleurs régulièrement dans les photographies de Mariam Sitchinava. Ils recouvrent les corps délicats des jeunes femmes, accentuant l’aspect sensible et onirique des créations de l’artiste. Elle résume elle-même sa démarche en quelques mots : « Je vois la photographie comme un moyen d’exprimer des émotions. » Pour Sitchinava, la composition est au cœur de tout. Elle considère que maîtriser la technique est à la portée de tous, mais que développer une vision propre et singulière est ce qui distingue véritablement un photographe. C’est précisément cette liberté créative qu’elle défend dans chacun de ses projets, qu’ils soient personnels ou commerciaux.








Un goût de jeunesse et de liberté
Les photographies de Mariam Sitchinava évoquent toutes la joie de vivre et la liberté. Les jeunes femmes semblent suspendues dans un instant hors du temps, affranchies de toute contrainte. La candeur de leurs poses se mêle à la sauvagerie douce des paysages. Mariam Sitchinava a le don pour jouer avec la délicatesse. Fidèle à la photographie argentique, elle tire de la pellicule une profondeur et une atmosphère cinématographique qui nous font voyager à travers le temps. Un choix assumé et revendiqué : pour elle, le film possède une esthétique, une profondeur et un rendu cinématographique que le numérique ne peut reproduire. Ses références ? Le cinéma des années 40 et 60, dont elle s’inspire pour construire ses compositions et installer ses ambiances.
En 2012, elle est nommée parmi les 30 meilleures photographes femmes au monde de moins de 30 ans. Mariam Sitchinava a déjà pu partager son travail avec le monde entier à travers de nombreuses expositions dans plusieurs pays. Elle a également publié un livre photo, dont les tirages ont été réclamés aux quatre coins du globe — une consécration pour une artiste entièrement autodidacte qui n’avait jamais imaginé faire de la photographie son métier. Son travail lui a également valu des collaborations avec de grandes maisons internationales, dont Chanel pour le projet Métiers d’Art. Elle a par ailleurs été publiée dans Vogue Girl Korea et a shooté pour le blog mode de New York Magazine, The Cut — une reconnaissance internationale qui témoigne de la portée de son univers bien au-delà des frontières géorgiennes.










Retrouvez l’univers de Mariam Sitchinava sur son site site internet.
Dans un autre registre mais toujours avec fleurs, direction le domaine du street art pour découvrir les murales de Lula Goce.
Entre romantisme visuel et célébration de la jeunesse, les photographies de Mariam Sitchinava proposent une parenthèse poétique dans un monde souvent trop pressé.
Des anciens clichés :


















article original: Erwan Manchec Le 17 juin 2014


