Claudia Keep ne peint pas de scènes extravagantes, elle se concentre sur les petites choses qui l’entourent. Sous ses coups de pinceaux, elle représente un objet, un moment qui a suffisamment retenu son attention pour la motiver à prendre une photo sur son téléphone. Garder une trace de ce qu’elle a vu afin de le reproduire, pas à l’identique, mais selon sa propre perception du monde.


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La côte Est des États-Unis a pu profiter de l’art de Claudia Keep lors de ces multiples déménagements. Née en 1993 dans l’État de Virginie, elle commence son ascension dans le pays en Pennsylvanie durant son enfance, avant d’y suivre un bachelor en Beaux-Arts à l’université de Bryn Mawr. Une suite presque logique pour une jeune adulte qui avait passé la première partie de sa vie à dessiner avant de prendre ses premiers cours de peinture à l’âge de 11 ans.
Pourtant, ce n’est pas son entrée à l’université qui convainc Claudia Keep de se lancer professionnellement dans l’art, mais son professeur de peinture qui déplore son choix de se spécialiser en histoire de l’art. Une conversation plus tard et Claudia Keep change de cursus pour se concentrer sur la création artistique et la peinture.

Son diplôme en poche, la jeune artiste continue à se sentir perdue sur son parcours. Elle reprend sa route sur la côte Est pour atterrir dans le Maine où elle passe son temps avec un ami sculpteur pour qui elle travaille. En assistant au succès de sa carrière d’artiste, Claudia Keep ne peut s’empêcher de questionner sa propre position. Plus d’un an après la fin de ses études, elle reprend ses pinceaux. Elle ne les a pas quittés depuis.

Claudia Keep et ses habitudes
Claudia Keep ne laisse pas ses couleurs teinter la toile, elle les applique sur un panneau en fibre de bois. Ses coups de pinceaux à la peinture à l’huile ne se fondent pas dans l’oeuvre, ils se distinguent les uns des autres à la manière des impressionnistes du dix-neuvième siècle. Chaque ajout crée un nouveau mouvement, chaque couche renforce une sensation de relief au décor représenté. Une scène préalablement capturée par l’appareil photo de son téléphone pour garder en mémoire ce qui l’a inspiré dans son quotidien.

Et si l’inspiration peut venir de partout, (en observant la nature, en se baladant, en travaillant sur autre chose, ou simplement en vivant), Claudia Keep se raccroche aux mêmes petites choses. Des corps se baignant aux toiles d’araignée recouvertes de gouttes d’eau, son travail essaye de faire écho à une autre (voire plusieurs) oeuvre. Comme une signature, un rappel familier autant pour le public que pour l’artiste.


De toutes les scènes que Claudia Keep s’amuse à reproduire en boucle, elle a un attrait tout particulier pour les lits défaits. Des lits qui racontent une histoire, du vécu, dans la forme que prennent les couvertures après y avoir passé la nuit. L’artiste documente ainsi ses différentes expériences vécues loin du confort de sa propre chambre sous un oeil nouveau. Elle invite son public à faire de même en lui partageant son intimité.


Sa technique, son coup de pinceau particulier, ne reproduit peut-être pas le moment à l’identique, mais il lui donne un aspect authentique. Comme si nous avions aussi assisté à la scène que l’artiste dépeint. Ce n’est pas le réalisme de l’oeuvre qui lui donne son côté « partage d’instants de vie » : tout réside dans l’émotion qu’elle transmet.

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