Personnages à double tête, une tête domine le corps initial. Un ligoté et l'autre pistolet en main.

Entre noirceur et fantaisie : les mondes troublants de Charles Burns

Image d'avatar de Lola GautierLola Gautier- Le 26 novembre 2025

Né dans les années 1950 à Washington, Charles Burns est un illustrateur et auteur de bande dessinée. Dans ses œuvres, il propose une critique de l’Amérique profonde et de la nouvelle génération au cœur d’un univers empreint d’étrangeté et de fantastique. 

Homme couchée dans un lit avec une créature rose au dessus de lui qui entre dans sa poitrine

Des projets d’une extraordinaire variété  

Charles Burns grandit à Seattle dans les années 1970 et baigne dans un univers artistique depuis son plus jeune âge. C’est à l’issue de sa rencontre avec Art Spiegelman en 1981, qu’il commence à s’intéresser à la bande-dessinée. Ce dernier l’invite à partager son travail dans son magazine d’art Raw, et c’est alors que sa notoriété fleurit. Les illustrations de Charles Burns figurent aussi bien sur des couvertures d’album, telle que celle d’Iggy Pop, que sur des campagnes publicitaires, telles que celle des pastilles mentholées Altoids. L’artiste réalise également des illustrations pour des couvertures de magazines à grand tirage, tels que The New Yorker ou le Time Magazine. En 1992, il conçoit les décors du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski, adapté par Mark Morris en The Hard Nut et présenté à la Brooklyn Academy of Music. En 2003, il est nommé illustrateur officiel des couvertures du magazine The Believer, dès son lancement.

Personnages à double tête, une tête domine le corps initial. Un ligoté et l'autre pistolet en main.
Personnage portrait en noir et blanc. Bulle de dialogue "His Beautiful dead wife"

Processus de création

Pour créer, Charles Burns ne peut pas se passer de son crayon et de son morceau de papier. Il explique lors d’une interview pour The Comics Journal avoir besoin de cette qualité tactile de tirer de l’encre sur un morceau de papier. L’ordinateur, il l’utilise uniquement pour numériser et colorier son travail. « Pour moi, le genre de qualité de ligne et le genre de – juste l’idée de m’asseoir à une table avec un morceau de papier est juste quelque chose que je dois faire dans le cadre du fonctionnement de mon cerveau. Les quelques fois où j’ai essayé d’utiliser une tablette pour dessiner, je ne peux tout simplement pas. C’est comme un pas de trop. Je ne peux pas regarder un écran et avoir une certaine idée de ce que je dessine. » 

Illustrations de cerveau noir et blanc sur fond rose
Deux personnages qui s'embrassent

Le fantastique en première ligne  

Charles Burns fait le choix de faire évoluer ses personnages au cœur d’une ambiance empreinte de noirceur et de cruauté. Il développe des récits étranges, qui se déroulent dans l’Amérique des années 50 et 60. Dans Détective Story, il met en scène un monde rempli de personnages hybrides à l’animalité troublante. Dans Big Baby, recueil de 4 récits, ce sont les souvenirs d’enfance de Tony alias Big Baby, le protagoniste principal, qui ressurgissent sous un angle fantastique et perturbant. Ainsi, l’auteur illustrateur met en scène des situations fantastiques parsemées d’humour tordu, pour explorer les problèmes sociétaux et la violence ordinaire.  

Cover du roman graphique Big Baby.

Zoom sur Black Hole 

Black Hole résulte d’un travail de longue haleine qui s’étale sur près de dix années. Ce roman graphique est publié en douze volumes, entre 1995 et 2004. Black Hole suit un groupe de jeunes dans la banlieue de Seattle au milieu des années 1970. Ces adolescents contractent une maladie sexuellement transmissible appelée « La crève » (ou « the Bug » en VO), qui engendre des mutations physiques effroyables. Au cœur d’un récit captivant, Charles Burns nous embarque dans une œuvre haletante où le lecteur assiste au premier rang aux états d’âmes et à la psychologie de ces adolescents démunis. L’intégrale de Black Hole remporte de nombreux prix, notamment en 2007 lors du Festival d’Angoulême, où l’œuvre décroche le prix des « Essentiels d’Angoulême »

Quatre portraits d'adolescents boutonneux en noir et blanc
Deux personnes assises au sol, une d'entre elles est allongée. Toutes deux semblent fébriles
Femme avec une queue surnaturelle. Bulle de dialogue "Oh, Hi! You scared me! Do I... Do I know you ?"
Portrait femme en noir et blanc avec des cornes qui poussent sur son front

Pour suivre les actualités de l’artiste, rendez-vous sur son Instagram

Si l’univers de Charles Burns vous a captivé tout autant que nous, découvrez sans plus attendre celui de l’illustrateur Freak City

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Lola Gautier
Article écrit par :
Étudiante avide de culture et d’écriture, j’explore les multiples facettes de l’expression artistique : photographie, peinture, street-art et bande dessinée. 🎨🌟📸

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