Les mauvaises fréquentations du dessinateur Freak City

Freak City, ou Mathieu, est un illustrateur bordelais, né en 1984. Durant la lecture de cet article parez vous de lunettes aux verres fumés, sous peine de ne pas vous faire accepter par sa bande.

« Des rockers, des briques, des freaks, de la couleur qui fait mal aux yeux et du bruit qui fait mal aux oreilles. »

Posons les bases. A l’origine de tout il y a les Tortues Ninja, il fait même partie du fan club officiel quand il est enfant. Il cite le dessin animé comme inspiration première dont l’ambiance le guide depuis son plus jeune âge. Encore aujourd’hui, on retrouve des hommages à cette fameuse bande de tortues disséminés un peu partout : les murs de briques de ses villes délabrées aux rues désertées, dans lesquelles la nature reprend ses droits, ou qui se retrouve investit par des gangs à l’allure hybride.  Ajoutez-y des motifs ambiance mouvement Memphis qui reviennent par petites touches dans ses dessins et vous obtenez un univers super référencé, complètement influencé par les années 80. En effet, les dessins de Freak City parlent pour lui en terme d’influences. Issu de la scène underground de la micro-édition et du rock indé, les années 80 sont une mine d’or pour le dessinateur. Il s’inspire de tout  ce qui se rattache à cette époque : la presse, la musique, le cinéma, la culture pop … Tout y passe.  Mais aussi les comics, esthétique punk, rock et un poil de retro futurisme.
Mathieu cite aussi Charles Burns, Jaime Hernandez ou Daniel Clowes, mais aussi le magazine Metal Hurlant avec Jano, Chaland, Montellier … Ajoutez-y une passion Broken Fingaz, que l’on partage ici à Beware, et voila !

Ses premiers dessins étaient peuplé par des animaux badass ou des mutants aux allures inspirées, Freak City dessine aujourd’hui des gangs de gens cools, qui ont l’air d’avoir envie d’en découdre constamment et dont l’accessoire essentiel est la paire de lunette de soleil aux reflets abstraits. Malgré une évolution remarquable de son trait, on distingue ses obsessions, on retrouve en effet de nombreux points commun entre ses anciens dessins et les actuels, principalement dans le traitement des décors ou la dégaine de ses personnages. On comprend tout de suite mieux son nom de scène.
En noir et en blanc ou en couleurs, rien ne résiste à la maitrise implacable et à son trait d’une netteté troublante.
Il se raconte même qu’on aurait refusé de lui acheter des originaux tant leur réalisation semblait irréprochable !

Le papier ne suffisant pas à son univers foisonnant et la solitude d’un atelier à son petit coeur, Freak City sait bien s’entourer et se diversifier. Il évolue sur de nombreux autres supports : le textile, les fresques murales mais aussi le corps humain.
Il est entre autre co-fondateur d’Atelier Kobal, un studio de design textile, on a aussi pu le retrouver sur le projet Skinjackin mais aussi au sein du collectif Mondo Zero, un collectif d’illustrateurs bordelais issus de l’illustration indépendante, dont on a très envie de vous parler !

Petit retour en arrière, en 2017, lorsque le salon des Puces de l’illustration se muait en festival. Un évènement qui se déroule à Bagnolet et qui réunit un bon échantillon de la crème de la crème de l’illustration, de l’édition, et de l’impression. Cerise sur le gâteau cette année là : l’identité visuelle est signée Freak City, effet garanti.
On le retrouvait alors aussi en tant qu’exposant au coté de ses acolytes de Mondo Zero. Duch, Nicolas Oulès, Thibaut Gleize, et Freak City donc, voila l’identité de ce quatuor créatif.

C’est autour de références communes, on en revient toujours aux années 80, mais aussi avec humour et tout en muscles que les quatre dessinateurs bordelais se retrouvent.
Premier fait d’arme ? Ils déclinent tout un univers graphique autour de la pizza (les Tortues Ninja ne sont définitivement jamais loin) avec leur première édition et exposition TV Party.   Tout cela accompagne un fanzine sur le thème des actions movie et de la science fiction dont chacun en donne son interprétation. Mais je ne fais que répéter ce qu’ils disent si justement et non sans second degrés dans cette vidéo de présentation, ambiance télé achat.
Ainsi, chaque projet est l’occasion de développer un véritable univers autour de leurs différents thèmes de prédilection, mais toujours en veillant à ce que chacun garde son identité et ses goûts.
Le petit dernier c’est Bagarre, un édition collective de 39 artistes délivrant tout à tour leur vision de la bagarre. On y retrouve de nombreux dessinateurs. trices issu.es de la nouvelle génération, qu’on vous laisse découvrir sans plus tarder par ici !

Mais revenons à nos moutons et au travail de Freak City. Le succès ne tardant pas à venir, certains ont su saisir le potentiel narratif de ses dessins, qui parlent en coup d’œil, caractère prépondérant à un dessin de presse. C’est ainsi qu’une bonne partie de ses commandes provient de cette dernière. On le découvre sous un nouveau jour, un poil plus sage, dans les pages du magazine Elle, de GQ, Sofilm, Vice ou encore Le Monde,  mais toujours avec autant de talent.

Le reste de ses commandes est partagé entre des affiches de concerts ou pochettes de disques, logos, projets éditoriaux, fresques, etc…

Pour la suite, Freak City a de quoi parer l’ennui, entre projets de commande et personnels. De l’édition avec Mondo Zero, des recueils d’illustration en solo, des fresques, des expos, un projet éditorial conséquent en duo, de nouvelles sérigraphies et prints… On garde un œil sur lui !

illustration Freak City

 

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Freak City est à retrouver sur :

Instagram
Son site de freaks !

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