Le travail d’Ana Miminoshvili interpelle. De ses designs d’un réalisme presque photographique à ses illustrations où le surréalisme fantastique replace ses oeuvres dans un tout autre univers, l’artiste ne limite pas sa créativité à une seule identité visuelle.



L’art de ne pas se limiter artistiquement
Ana Miminoshvili baigne dans le dessin depuis son enfance. Originaire de Tbilisi, capitale de la Géorgie, elle suit des leçons d’art durant dix ans en activité extra-scolaire et y apprend les techniques qui font d’elle l’illustratrice et graphiste qu’elle est aujourd’hui. La maîtrise de cet art n’est pas la seule chose qu’elle a découverte sur les bancs de ce programme. Pour Ana Miminoshvili, dessiner allait devenir plus qu’un passe-temps !
Elle commence d’abord par publier son travail sur Behance, avant de se lancer officiellement en freelance en 2018.
Depuis ses premiers dessins postés sur Instagram en 2013 aux illustrations qu’elle réalise aujourd’hui, une évolution se fait remarquer. Rien d’étonnant, pour se professionnaliser il faut continuer à travailler. S’entraîner, apprendre de nouvelles techniques, trouver sa patte. Et si Ana Miminoshvili s’est essayée à toute sorte de style ces treize dernières années, ce n’est pas pour autant qu’elle s’est arrêtée à une manière de représenter son art en particulier.
L’artiste géorgienne joue avec les outils, les textures et les techniques d’une illustration à l’autre. Des différences minimes entre les œuvres aux rendus totalement opposés en fonction de la nature du projet, elle se prend au jeu de son activité en freelance en réalisant des visuels correspondant à l’image de ses clients. La version en ligne du New York Times l’a sollicité à de maintes reprises pour mettre en couleur les textes de ses rédacteurs.


Les pages des magazines (digitaux ou papiers) rayonnent de son univers oscillant entre surréalisme et représentation de la réalité telle que nous la voyons. Son travail éditorial contribue à la narration des articles qui les accompagnent. Ses illustrations ne sont pas seulement jolies à regarder, elles demandent à être questionnées.


Les yeux d’Ana Miminoshvili
Si Ana Miminoshvili diversifie son travail, une série d’illustrations lui colle tout de même à la peau. Celle qui l’a fait découvrir au monde, à la même période où elle décide de se lancer en tant qu’illustratrice freelance. « Blooming eyes » fascine autant qu’il perturbe. Sur fond noir, l’artiste laisse parler la nature qu’elle a dotée d’yeux. Des regards insistants, rougeâtres, symbolisant la « peur d’être observée et l’anxiété causée par la visibilité liée aux réseaux sociaux », précise Ana Miminoshvili à la publication de la série.


Depuis sa première apparition sur ses réseaux, les yeux d’Ana Miminoshvili se glissent souvent dans ses illustrations. Elle continue de les associer aux éléments de la nature, bousculant l’équilibre entre les petites choses innocentes qui nous entourent avec la sensation d’oppression que peut procurer ces regards. L’oeil devient un symbole, une signature du travail de l’artiste. À l’été 2022, Ana Miminoshvili collabore avec la branche coréenne de la marque Fila et imagine de nouveaux logos fleuris avec un œil dans son centre.

Parenthèse délicate
Le travail d’Ana Miminoshvili ne se résume pas à ses commandes et son univers bien particulier. Il existe un aspect plus doux, une brèche dans le temps répondant au nom de « confinement ». Alors que le monde est en pause, l’artiste ravive un esprit de communauté auprès de ses abonnés en les sollicitant. En réponse à ses stories, chacun lui envoie deux emojis qu’elle s’amuse ensuite à imaginer dans une situation combinée en dessin.


Le jeu plaît. Tellement qu’à la fin du premier confinement, Ana Miminoshvili n’y met pas fin, elle le déplace dans un espace à part : Emojinarium. Sur ce nouveau compte, l’artiste partage son processus de création des croquis à l’illustration finale sur Procreate. Elle a continué à l’alimenter jusqu’en 2022, avant de revenir brièvement en février 2024 pour proposer à ses abonnés une mini série autour de l’amour.


Si le compte est inactif depuis la publication du grenouille coquette, son profil principal ou son site qui regorgent de ses créations !
Première version par Oceane Sainte Marthe en 2020



