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Villevieille nous dévoile des bribes de son disque sincère et particulièrement touchant. Déversement et embellissement de mélancolie en perspective.

Que cherches-tu à délivrer comme message à travers tes compositions ?

Villevieille: Forcément, j’aimerais toucher à travers ma musique, mais je transmets avant tout mes sentiments et mes ressentis. Disons que je dévoile ma personnalité de manière impudique. Je ne délivre aucun message précis mais le souhait de susciter des émotions est présent.

Perçois-tu cet EP comme un reflet de ta personnalité ?

Villevieille: C’est un miroir de ma personnalité, oui. Au début, c’est compliqué de se mettre à nu et de se dévoiler entièrement. J’avais peur de recevoir des critiques négatives ou pire, une forme d’indifférence. Je parle souvent au sein de mes compositions qui sont semblables à des confessions sans artifice.

Quel élément déclencheur t’a poussé à composer ton premier EP?

Villevieille: Je voulais simplement vivre avec mon temps. La scène classique demeure active mais devenait un peu morte pour moi. La volonté de créer pour des personnes de mon âge surpassait donc mes années d’orchestre. La complexité du processus d’écriture me fascinait, même si d’apparence il peut sembler simple. J’ai pris une guitare en me laissant porter.

Que représente la musique classique pour toi ?

Villevieille: Le classique incarne un commencement pour moi. Cette musique d’ensemble induit un aspect sentimental et me donne un cadre. Quand tu te retrouves au centre de l’orchestre, tu es témoin du chevauchement des mélodies, des instruments. Je dirais que la formation classique m’a appris à décomposer la musique.

Comment relies-tu les images aux sonorités?

Villevieille: Je conçois mes musiques avant tout comme des musiques de films. Je recherche une narration musicale pour provoquer des émotions, ce qui me ramène à ma formation, autrement dit, la partie instrumentale. Les thématiques et les mots surviennent par la suite. Cette floraison d’images se connectent à mes compositions pour créer un ensemble, pour créer des récits.

Pourquoi cette énumération de désillusions dans “Mes Rêves”?

Villevieille: Le bilan est présent à travers mes compositions. Un bilan que nous pouvons dresser à 20 ans ou bien à 30 ans. Composer est une manière d’exorciser certaines choses pour les rendre moins douloureuses par la suite. C’est une mélancolie bénéfique.

En quoi le fait de parler a-t-il davantage d’impact que de chanter au sein de tes morceaux?

Villevieille: La mélodie est une contrainte à l’utilisation des mots. Parler m’aide à revenir à un état naturel et à transmettre des émotions brutes. L’enregistrement des musiques n’était pas une démarche évidente, je devais impérativement me retrouver dans un état émotionnel fort pour que cela fonctionne. “Mes Rêves” c’est donc fait en une seule prise. Pour moi, composer c’est avant tout recréer un sentiment.

“Sabrina” induit des doutes, des tourments permanents. Retrouvera-t-on ces remises en question dans tes prochaines compositions? 

Villevieille: C’est une musique en suspens qui parle d’une personne qui ne veut pas de toi. Cette forme de rejet douloureux est la plus vieille histoire de l’humanité. Finalement c’est compliqué de parler d’une relation qui fonctionne. J’ai également écrit sur une rencontre et sur les projections que nous en faisons naturellement. Notre esprit s’évade et s’égare constamment. Je compose en solitaire pour me confronter à mes propres émotions.

“J’ai rêvé que j’étais heureux, j’ai rêvé que j’étais malheureux,

J’ai rêvé que je devenais immense, j’ai rêvé que je tombais amoureux”

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