urbex tout savoir

Urbex : 6 choses à savoir avant de commencer.

Image d'avatar de Anne AumontAnne Aumont- Le 6 avril 2025

Monter tout en haut d’un immeuble, visiter un hôpital abandonné ou s’aventurer dans des lieux interdits ou difficile d’accès : voilà ce que peut faire une personne qui pratique l’urbex. Ce terme est l’abréviation d’exploration urbaine, une activité qui a pris beaucoup d’importance ces dernières années en France, mais aussi dans le reste du monde.

Tout savoir sur l’exploration urbaine

Histoire, la recherche d’aventure

C’est à partir des années 80 que l’urbex apparaît en France, notamment en région parisienne où se multiplient les lieux propices à cette activité : stations de métro abandonnées, chantiers désaffectés, hôpitaux et bâtiments laissés à l’abandon. Cette émergence s’inscrit dans un contexte particulier, celui de la désindustrialisation et des grandes transformations urbaines qui ont suivi les Trente Glorieuses, laissant derrière elles un patrimoine oublié.

Urban eXperiment (UX) a été la première agrégation de groupes clandestins à pratiquer l’urbex de manière organisée. Ce collectif parisien, composé d’artistes, d’historiens et de passionnés d’architecture, avait pour objectif d’obtenir la reconnaissance et la préservation de ces délaissés urbains. Ces lieux sont devenus le théâtre de toutes sortes de projets culturels : festivals de films, concerts clandestins, mais aussi chantiers de restauration d’éléments de ce patrimoine oublié. En 2005, le groupe a notamment restauré en secret la pendule du Panthéon, immobilisée depuis des décennies. Dans les années 2000, Internet a joué un rôle décisif dans la popularisation de l’urbex. Les forums en ligne, puis les réseaux sociaux comme Flickr, Instagram et YouTube, ont permis de diffuser massivement des images d’explorations à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon. La photographie est devenue le langage central du mouvement, révélant la beauté mélancolique des ruines modernes.

Les amateurs d’exploration urbaine s’y aventurent parce qu’ils s’intéressent à l’histoire, pour prendre des photographies ou juste pour le frisson de découvrir un lieu où personne ne va. L’urbex, au-delà de l’aventure, questionne notre rapport au temps, à la mémoire et à la trace humaine. Comme il est généralement interdit d’entrer dans les spots où l’on pratique l’urbex, l’activité est considérée comme illégale. Cependant, cela n’arrête pas les plus curieux, avides de voyager dans le temps grâce à ces explorations clandestines.

Château abandonné et envahi par la végétation, par le photographe Nicolas Bertellotti
Photo Nicolas Bertellotti

Les lieux abandonnés ou interdits

Pratiquer l’urbex nécessite généralement de s’aventurer dans des lieux très difficile d’accès qu’il est dur à localiser. Comme de nombreux endroits ont été abandonnés depuis plusieurs dizaines d’années, les trouver est comme chercher une aiguille dans une meule de foin. Pour espérer s’y rendre, il faut beaucoup de patience et surtout, des recherches approfondies.

Bien sûr, il existe quelques spots connus, comme les bâtiments publics ou des châteaux. De plus, il arrive que des urbexeurs dévoilent l’emplacement de lieux qu’ils ont visité. Mais de nombreuses personnes aiment également découvrir eux-même une zone encore inconnue.

A noter que généralement, les vrais passionnés ne dévoilent jamais publiquement une adresse, par peur que le lieu soit saccagé si l’adresse tombe entre de mauvaises mains.

Photo d'un spot d'urbex, certainement en Italie
Photo Nicolas Bertellotti

Comment bien se préparer pour faire de l’Urbex

Même si l’urbex est une activité passionnante, elle représente des risques. Avant de partir en exploration, il faut donc faire très attention. Tout d’abord, il faut toujours avoir son téléphone sur soi. Il est aussi fortement conseillé de ne jamais visiter un lieu seul et de toujours être accompagné d’une ou plusieurs personnes. En cas d’accident, il faut aussi emmener un kit de secours et des lampes de poche. Moins on prend de risques et plus l’exploration va se passer dans de bonnes conditions, mais tout au long de la visite, il ne faut pas baisser la garde.

Si mal préparée, la visite peut vite devenir dangereuse. C’est pourquoi il faut aussi savoir éviter certains lieux. Les usines abandonnées par exemple sont les lieux réputés les plus dangereux. Bien que faciles d’accès, on y trouve beaucoup de trous, de boues, d’éléments qui peuvent tomber, de produits chimiques…
Un accident peut vite arriver et certains sont déjà décédés en pratiquant l’urbex. Ce fut le cas ce samedi 27 avril 2024, à Unieux, lorsqu’une adolescente de 17 ans a chuté d’un toit d’une usine abandonnée en pleine session d’exploration. Toutes nos condoléances vont à la famille de la victime.

Cage d'escalier d'un chateau abandonné en Itali
Photo Nicolas Bertellotti

Découvrez les photographes qui en ont fait leur spécialité

De nombreux photographes se font connaître grâce aux clichés uniques qu’ils prennent au court de leurs explorations. Ils nous plongent dans un monde hors du temps qui cache une histoire oubliée de tous. Il suffit de jeter un œil aux photographies de Jonk pour voyager à travers les époques. Cet artiste est connu pour ses nombreuses explorations. Aujourd’hui, il est même devenu une des références françaises en la matière. Mais il est loin d’être le seul à prendre de magnifiques photos de lieux abandonnés puisque Niki Feijen, Nicolas Bertellotti et David Van Bael en ont aussi fait leur spécialité.

Avant de vous lancer dans l’aventure, voici quelques clichés de Jonk réalisés au cours de ses explorations :

Pour tout savoir sur l'exploration urbaine !
Photo : Jonk
Verrière d'un spot d'urbex avec un piano cassé
Photo : Jonk
sur cette exploration, on peut voir l'ensemble du toit qui s'est éffrondré
Photo : Jonk
Par d'attraction abandonné, le type de lieu d'exploration urbaine dangereux
Photo : Jonk
Photographie d'urbex par jonk, certainement une ancienne chapelle
Photo : Jonk
des lits abandonnés recouverts par la mousse
Photo : Jonk
photographie d'exploration urbaine, théatre ou cinéma
Photo : Jonk

Dans un autre registre, le youtubeur Mamytwink a popularisé la pratique sur Youtube en se rendant de nuit, accompagné de deux amis à lui, dans des bâtiments abandonnés. Passionné avant tout d’histoire, son but était avant tout de promouvoir le passé de ces lieux, par exemple, en se rendant dans des bunkers ou des forts de guerre.

Quels sont les différents types d’urbex ?

Il n’existe pas une seule façon de pratiquer l’urbex ! Au contraire, il y en a pour tous les goûts. Que vous aimiez les sous-terrains ou prendre de la hauteur, vous trouverez un type d’exploration qui vous convient.

La cataphilie

Les urbexeurs qui visitent clandestinement les anciennes carrières souterraines, et notamment les catacombes de Paris, pratiquent la cataphilie. Ils parcourent les galeries plongées dans les ténèbres. C’est comme un monde parallèle où l’on perd la notion du temps. Généralement, les explorateurs s’y rendent parce qu’ils portent un fort intérêt à l’histoire, parce qu’ils souhaitent se retrouver seuls ou simplement pour le goût du frisson.

La toiturophilie

Quant aux urbexeurs qui préfèrent l’altitude, ils optent pour la toiturophilie. Cette activité consiste à grimper sur le toit d’immeubles, de cathédrales ou d’églises. Mais ceux qui la pratiquent prennent souvent beaucoup de risques et se hissent sur les toits illégalement. Au final, cela leur permet tout de même d’avoir une vue panoramique de la ville où ils se trouvent et de profiter d’un peu de calme.

Les autres types d’urbex

Il existe bien d’autres types d’urbex telles que l’exploration rurale qui consiste à visiter des usines, des cimetières ou d’anciennes voies ferrées. Les urbexeurs entrent sans autorisation dans des lieux publics, comme des musées, des monuments ou des chantiers en dehors des heures d’ouverture.

Niki Feijen maison lors d'une exploration urbaine
Photo : Niki Feijen

Quelles sont les règles à suivre pour faire de l’urbex?

Le respect des lieux avant tout !

Comme toutes les activités, l’exploration comporte des règles qu’il est très important de respecter. En voici quelques unes qu’il ne faut surtout pas enfreindre :

  1. Ne pas forcer pour entrer dans les bâtiment
  2. Ne rien prendre ou laisser sur place
  3. Ne pas abîmer ou détruire le lieux
  4. Refermer derrière soi

Ces règles doivent aider à conserver le spot dans son état actuel. La dégradation des lieux d’exploration est aussi l’une des raisons pour laquelle très peu de ces explorateurs de ruines partagent les emplacements de leurs découvertes.

une pile de livres qui se détériore au fur et à mesure
Photo : Niki Feijen

Quels sont les risques encourus lorsqu’on pratique l’exploration urbaine ?

Pratiquer l’urbex comporte de nombreux risques et peut même se révéler dangereux. Les spots sont souvent délabrés et entraînent parfois des chutes, des explosions ou encore des effondrements.

Il ne faut pas non plus oublier que l’urbex est illégale puisqu’il s’agit d’une violation de propriété privée. Les conséquences peuvent être graves : les personnes prises sur le fait encourent 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

landau abandonné dans un lieu certainement lui aussi abandonné
Photo : Niki Feijen

Notre fiche pratique :

Fiche pratique sur les points clés de l'exploration urbex

Pour en savoir plus :

L’urbex est au cœur de nombreux livres et reportages. Ils reviennent sur le phénomène et sur les plus beaux lieux à découvrir. Ils peuvent aussi revenir sur l’histoire de certains bâtiments laissés à l’abandon depuis des années.

6 livres et documentaires pour ceux qui aiment l’urbex sans prendre de risque

Côté livre

  • Urbex : 50 lieux secrets et abandonnés de France, de Timothy Hannem
  • Les explorations nocturnes, de Mamytwink
  • Les secrets de la photo urbex : démarche, équipement, prise de vue, poste production, de Philippe Sergent
  • Vestiges d’un monde oublié : villes fantômes, édifices abandonnés, patrimoine déserté, de Kieron Connolly
  • France interdite et secrète, Arnaud Gourmand
  • Urbex Monde, de Jonk

Côté reportage

Arte en a récemment diffusé un très intéressant intitulé “Paradis de rouille“. Réalisé par Thierry Berrod, l’émission présente des vestiges des temps passés aux quatre coins du globe.

ARTE Paradis de rouille, Édifices fantomatiques sur le Château de Noisy en Belgique

A découvrir aussi, les illustrations de Stephanie Buer qui pratique l’urbex et la raconte en illustration !

Article original publié le 4 septembre 2020 mis à jour régulièrement, notament le 30 avril 2024

Qu’est-ce que l’urbex ?

L’urbex, ou exploration urbaine, consiste à visiter des lieux abandonnés, désaffectés ou interdits, souvent pour le plaisir de la découverte, le frisson, ou la photographie.

Quelle est l’origine de l’urbex ?

En France, le terme et la pratique se sont développés à partir des années 80, en grande partie autour de la région parisienne.
Des groupes clandestins tels que Urban eXperiment ont joué un rôle dans la reconnaissance de lieux urbains oubliés.
Les motivations : l’histoire, la photographie, le goût de l’aventure, du temps suspendu.

Quels types de lieux sont explorés ?

Bâtiments industriels abandonnés, hôpitaux désaffectés, châteaux, anciennes usines.

Quels types d’urbex existe-t-il ?

Cataphilie : exploration de carrières souterraines, tunnels, galeries ; souvent plongés dans l’obscurité.
Toiturophilie : grimper sur les toits, de bâtiments, cathédrales, etc., pour avoir des vues panoramiques.
Exploration rurale : usines, anciennes voies ferrées, cimetières…
Autres formes plus diverses, selon l’intérêt (photographie, histoire, ambiance, etc.).

Quelles règles éthiques ou morales faut-il respecter ?

Ne rien abîmer, ne pas détériorer les lieux.
Ne rien emporter, ne rien laisser derrière soi.
Ne pas forcer l’entrée. Respecter la propriété privée.
Refermer derrière soi, laisser le lieu comme on l’a trouvé.

Quels sont les risques encourus en pratiquant l’urbex ?

Risques physiques : chutes, effondrements, sols instables, objets dangereux, espaces mal sécurisés.
Risques legaux : en France, les sanctions peuvent aller jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende en cas de violation.

Que veut dire “urbex”

Urbex est la contraction de l’anglais, “urban” et “exploration”
soit Exploration Urbaine (ce qui donnerait en francais ExplUR, mais c’est moins beau)

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Anne Aumont
Article écrit par :
Écrivaine passionnée et polyvalente, a fait de l'écriture son terrain de jeu. Elle aime partager des récits de vie réels, analyser la politique et explorer l'histoire. Elle nourrit sa créativité grâce à ses passions variées, notamment la musique, la peinture et le cinéma. La littérature demeure son domaine de prédilection, où elle passe beaucoup de temps à écrire et lire des histoires riches en science-fiction, mystère et tranches de vie. Ses chroniques radiophoniques témoignent de son souci du détail. Sa passion pour la littérature, les arts et l'histoire, en particulier la Renaissance, imprègne son écriture de beauté et de détails riches.

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26 commentaires

  • Très bon article, j’aurais aimé qu’on parle de la façon de trouver ces lieux mais aussi du travail un croyable de Romain Thiery et de son livre Requiem pour piano. L’une des plus belle oeuvre sur l’urbex de cette décennie.

  • trop bien

  • Bonjour, je m’intéresse de plus en plus à l’urbex et je souhaiterais si possible en réalisé un avec ma copine cependant, le fait que l’activité soit considéré comme illégale me bloque. Est ce qu’il existe des lieux d’urbex autorisé sans crainte de condamnation judiciaire ?
    merci a l’avance pour votre aide.

    • Aymeric Berger

      Bonjour, bravo pour votre article, je cherche une ancienne demeure abandonnée, originale, pour l’acheter, et la rétablir dans son état originel. Pourriez-vous m’aider. Merci. Très cordialement

      • A

        Hello Aymeric, pour tout te dire je suis dans la même vibe !

        malheureusement je n’ai pas de tips pour ça, autre que : il faut aller sur le terrain :(

  • Merci pour cet article. Mais que dit la loi concernant l’urbex et les éventuels vols et saccages des lieux visités ?
    Merci d’avance

  • UrbexLibris

    Sympathique article qui pose bien les bases de cette activité. Je découvre avec joie votre site et ses divers articles liés à notre passion, l’Urbex. Bravo.

  • Est ce que ce n’est qu’en France, que c’est interdit? Ou il y a d’autre pays? Et vu que c’est illégale en France, si on se retrouve pris sur le fait on encours une amende de 30 000, mais ce ne serait pas illégale de poster des photos ou des vidéos de ces lieux?

  • Catherine BELY-KARAM

    Moi ça me réveille des souvenirs d’enfance. A la place de l’énorme carrefour soleil près de Bordeaux, il y avait une gentilhommière, son parc et ses dépendances en état d’abandon, sans doute en attente de vente. A dix douze ans, on a joué aux princesses, “vu” des empreintes de mains ensenglantées sur les murs, passé la passerelle qui menait à une île sur la mare, grimpé aux arbres… bref, à une époque où les adultes ne faisaient pas très attention à la sécurité des enfants, nous avons vécu des après-midi dans un paradis. Jusqu’à l’arrivée des bulldozers. La chanson de Nino Ferrer, la maison prés de la fontaine, m’a toujours ramenée sur le perron de ce petit château. Alors vive les explorateurs..

  • SUZANNE ROSA

    JE NE VOIS VRAIMENT PAS L’INTERET DE VISITER DES RUINES ET PLEIN DE TRUCS MOCHES !!! les gens deviennent de plus ” malades “…..PAUVRE FRANCE !!!

    • Sache que si toi tu ne vois pas la beauté de certaines ruines et la nostalgie de comprendre pourquoi et comment la nature a fait de cet endroit ce qu’il est, Certains sont en quêtes de réponses à ses deux questions ou on juste besoin de s’evader en pleine ville là ou il est extrêmement difficile d’être seul dans un endroit calme

  • Merci, cela va me pousser vers “l’interdit” mais je ferai attention, ahahah : je connais pas mal d’endroits , usines surtout, mais n’ai jamais franchi la barrière intérieure que la société impose par les règles.. et de plus j’ai des projets en photo. Donc…2ème motivation!

  • Moi j’avais 1 question :
    -comment faire pour visiter des lieux abandonnées dans une ville-même (ex:1 maison abandonnée entre deux autres maisons…)
    -et est-ce illégal ?

  • le mec il peut pas laisser les abeilles, elles sont en voie de disparition, pour une fois que la nature a un endroit où s’ abriter il dérègle tout en enlevant les prédateurs et en voulant détruire les abeilles!! honteux!! pour le parc d’ attraction. ce lieu est mort pour les hommes, alors qu’ il n’ y touche pas!! c’ est pas vrai.

  • Merci pour ces photos et ce reportage. C’est une activité sur laquelle je mets un nom.
    Ces vestiges et bâtiments ont une histoire souvent oubliée, malheureusement…

  • merci pour le lien vers jonk je connaissais pas. et merci egalement pour les photos urbex …..j’adore

  • Aline ACTIS

    Documentaire super intéressant. Flashback sur un passé révolu que quelques passionnés cherchent à faire renaître. découverte de l’Urbex, magnifiques images émouvantes de chateaux “féeriques” en ruines. Quelle tristesse!

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