"Kamehahena", Lili WOOD, digigraphie, A3
“Kamehahena”, Lili WOOD, digigraphie,

Pourquoi toujours se presser de voir ? S’empresser d’engloutir des formes, des couleurs, des matières ? Pourquoi dévorer les images, plutôt que de les déguster comme on savoure un grand vin ?

Prendre son temps, c’est s’offrir le luxe de prendre du recul, se retirer du monde, se donner l’illusion d’avoir enfin une emprise sur lui.

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Ce soir-là, nous passions par hasard rue Amelot à Paris, ou au numéro 141, un groupe prenait le temps d’échanger des mots et  des regards, devant une galerie bondée, colorée comme un magasin de jouets. Nous sommes rentrés voir ce qu’il se tramait à l’intérieur. Les murs étaient recouverts de dessins, de sérigraphies ou encore de collages.

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Aussi, un dernier argument allait finir de nous convaincre de rentrer, il y avait une machine une Barbe à papa qui tournait à plein régime. C’était  soir de fête, une soirée d’anniversaire, tout Paris était invité à souffler la deuxième bougie de la galerie qui prend son temps, mais qui y arrive surement. Pour l’occasion, chaque artiste du catalogue a choisi  d’illustrer un slow célèbre:  “Everybody hurts”, “Purple Rain”, “Dreams are my reality “, ” La décadanse “, ou encore ” it’s a man world ” par exemple.

« La décadanse » Oeuvre illustrée par Virginie Morgand
« La décadanse » Oeuvre illustrée par Virginie Morgand

L’ exposition intitulée “Cheek to Cheek”,  rassemble depuis le 15 Octobre 2015 et ce jusqu’au 31,  l’ensemble des soixante dix artistes qui ont contribué au succès du lieu comme notamment Marion DJANOFF, Damien TRAN, Alexandre ARANGO, Cécile BASEQ, Virginie Morgand, Cachete Jack, Dugudus, Denis Dubois, Flore KUNST ou encore Groduk et Boucar (collectif composé de Margaux Hauduc et Océane Carbou diplomées d’Estiennes.

Une seule contrainte 4 couleurs, les œuvres étant accrochées les unes à côté des autres, en cadence, le regard se laissant guider par la diversité des travaux proposés. Le théme du Slow, cette danse lente et circulaire s’imposait comme  une sorte de fil rouge, capable de relier des univers extrêmement différents les uns des autres, à l’instar du talentueux Dugudus qui aujourd’hui oeuvre aussi pour la BNF, ou encore le duo  expérimental et particuliérement productif Grodus & Boucar . Dès le lendemain, nous avons tout voulu savoir sur celle qui avait orchestré cette soirée, Lamia Magliuli, une passeuse de rêve, passionnée par le beau.

Lien vers le site de GRODUK et BOUCAR
Lien vers le site de GRODUK et BOUCAR
Courtesy Slow Galerie et GRODUK & BOUCAR
Courtesy Slow Galerie et GRODUK & BOUCAR

La Slow Galerie, est un lieu accessible et convivial, un lieu dans lequel on se sent comme “chez soi”. L’espace est distribué en trois pièces, comme un appartement, ( 2/3 galerie, 1/3 café), 80m2 qui abritent plus de 1000 œuvres (Toujours en édition limitée, par exemple, chaque dessin est tiré à 5 ou 6 exemplaires seulement).

Dans cette ancienne pharmacie dédiée à présent aux arts graphiques, une seule règle s’impose : changer les rapports que nous avons tous à l’art, le rendre accessible au plus grand nombre,bref nous faire recouvrer la vue en prenant simplement le temps. L’art ici se défend d’être un achat d’impulsion, il occupe plutôt le terrain de la séduction, d’où l’importance de prendre son temps mais surtout de se prêter au jeu.

On peut en effet, simplement s’arrêter prendre un café, le temps de contempler quelques œuvres, laisser son regard se poser ici ou la  puis y retourner plus tard, voir un autre jour. Ici on savoure, on se délecte (Notez que ces délices accessibles à tous les porte-monnaie, les prix des œuvres se situent entre 50 et 250 € , les prix s’adaptent à tous les appétits).

Courtesy Slow Galerie et Flore Kunst
Courtesy Slow Galerie et Flore Kunst

« L’artiste que je rêverais d’exposer, je ne le connais pas encore… »

Diplômée d’un master en gestion de projets culturels, c’est petit à petit que la talentueuse fondatrice de cet être endroit si chaleureux, sélectionne les artistes avec qui elle collabore (aujourd’hui 70 au total). Ne venant pas du milieu de l’art, Lamia est partie chercher de jeunes artistes, (au départ une dizaine), dans les galeries de Londres et de Berlin qu’elle fréquentait en tant que collectionneuse,dans les festivals, ou encore aux puces de l’illustration à Bagnolet.

Courtesy Slow Galerie et Flavio MORAIS
Courtesy Slow Galerie et Flavio MORAIS

La moyenne d’âge des artistes de la galerie est autour de la trentaine. Une des perspectives de la galerie est de tisser des liens forts avec les artistes dont elle s’occupe, travailler avec eux dans la durée, construire des projets , d’être partenaire et de les représenter au maximum. D’ailleurs Une fois par mois, tour à tour, un artiste présente son travail, avec des cycles de production d’environ 6 mois.

Victor MARCO, "Stéréovision", Sérigraphie, 50 x 70 cm
Victor MARCO,
“Stéréovision”, Sérigraphie, 50 x 70 cm

Une des technique que la galerie aime beaucoup mettre en valeur est celle de la sérigraphie, technique artisanale, les artistes sérigraphient eux même comme le « Purple Rain » (voir plus haut) de Groduk et Boucar actuellement exposé. Devenir éditeur indépendant fait parti des projets futurs de la galerie, même si aujourd’hui l’essentiel de l’activité consiste à promouvoir le travail des jeunes talents déjà présent en  catalogue.

"Silver moon" de Sabrina Kaïci, si belle qu'elle aussi mérite d'éclipser le soleil! Sérigraphie 21 x 29.7 cm
“Silver moon” de Sabrina Kaïci, si belle qu’elle aussi mérite d’éclipser le soleil!
Sérigraphie 21 x 29.7 cm

Pour rendre le lieu encore plus vivant, des activités transversales sont prévues, comme par exemple des après midi blogueuses faisant s interferer le web et les arts graphiques , des ateliers « do it yourself » le dimanche,  sans oublier des ateliers pour enfants ou pour les adolescents, histoire de former le regard de la releve, avec au programme création de fanzine ou encore une initiation à la  sérigraphie. Ces activités  s’inscrivent pleinement dans le fonctionnement du lieu, créant ainsi une interconnexion entre les artistes, leur public.

Courtesy Slow Galerie et Flore Kunst
Courtesy Slow Galerie et Flore Kunst

La prochaine exposition d’ailleurs, ouvrira ses portes le 4 Novembre à 18H30, GRODUK & BOUCAR « MURDER IN THE POOL » . Elle s’inscrira dans l’univers des “Sims”, elle contiendra plusieurs projets en un, s’articulant autour de plusieurs médias comme les jeux vidéos, les bandes son. Les deux artistes prolifiques vont transformer la galerie en piscine.Pensez a prendre vos maillots. C’est par ici

Courtesy Slow Galerie et Flore Kunst

Le 25 Novembre, ce sera au tour, d’ Edith Carron, (une des artistes fétiche du New Yorker Magazine), de nous ouvrir les yeux pour “Intime Extime”.

Toutes les infos ci dessous : Event Facebook

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Edith Carron, THE NEW YORKER MAGAZINE « The Terrible Teens » August 2015
Edith Carron, THE NEW YORKER MAGAZINE
« The Terrible Teens »
August 2015

A deux mois de Noël, il y a des milliers d’idées dans cet endroit pour faire s’évader les rêveurs les plus fous……

Courtesy Slow Galerie et Benedicte Muller
Courtesy Slow Galerie et Benedicte Muller

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Pour aller plus loin sans pour autant le faire plus vite :

SLOW Galerie –Facebook

5 rue Jean-Pierre Timbaud – 141 rue Amelot – 75011 Paris Mardi au samedi 11H00-19H30

Tel : (+33) 01.43.55.44.68 / www.slowgalerie.com