Saint DX interview pour Beware Magazine

Rencontre poétique avec le sacré Saint DX : “Chanter c’est une mise à nue”

Saint DX nous a donné rendez-vous dans son studio en plein cœur de Paris. Après avoir descendu un escalier un peu accidenté, on trouve Aurélien en plein travail le 1er novembre : pas de repos pour les passionnés. La révélation accompagnée par Cracki nous présente son antre, l’endroit où il laisse échapper ses émotions pour les élever au rang d’hymnes. Chanteur, compositeur et producteur, Aurélien a ravi les oreilles de nombreux initiés avec sa pop lente et enivrante ces derniers mois. Il nous en dit plus aujourd’hui sur son parcours et son nouveau projet : SDX.

Bonjour Aurélien, parle-nous un peu de ton EP SDX qui sort le 8 novembre :

C’est une compilation de 9 morceaux que j’ai mis 2 ans à faire. Ça a été un travail assez long. Au départ, je voulais appeler ça album ou EP, il n’y a pas vraiment de dénomination très précise. C’est un EP très personnel, très intime au final. Chaque chanson est dédiée à quelqu’un en particulier, une rencontre ou une histoire. C’est aussi très thérapeutique.

Saint DX en pleine repette

Justement en parlant de rencontre, comment s’est passée celle avec Cracki ?

Je les ai rencontrés avec mon groupe précédent « Apes & Horses » et ça a été très vite une relation amicale. Quand Apes & Horses s’est arrêté, ça a été naturellement vers eux que je me suis tourné pour faire écouter mes premières démos. Tout ça s’est fait très naturellement, comme de travailler avec Because. C’est vraiment un plaisir de travailler avec Donatien, avec François, Martin maintenant et Julien chez Because. On travaille ensemble, mais le pro et l’amitié sont très mêlés.

Tu travailles beaucoup sur le visuel à la fois dans tes clips et sur ta signature. Quelle importance ça tient dans ta créa ?

Très important sur les réflexions que je peux avoir sur les chansons, sur le live. Je travaille tout le temps avec Thomas Petit pour le graphisme, c’est un ami. Je travaille sur le live en ce moment pour le Point Éphémère, je travaille sur plein de choses qui dérivent du logo qu’il a trouvé. Une typo très anguleuse et qui bizarrement ne correspond pas trop à ma musique et j’aime beaucoup travailler sur cette dissonance-là.

Tu travailles beaucoup le live, c’est la finalité de ton travail ?

C’est là où tout prend son sens : toutes ces heures passées dans ce studio, avec Antoine mon batteur à répéter. Avoir la réaction des gens, il y a une sorte de lien qui se crée à ce moment-là qui est très fort. Quand je vais voir des artistes en concert, ça peut être des grands moments de connexion, ça donne souvent envie de faire des choses un live de musique réussi.

Justement, quel est le concert qui t’a le plus marqué ?

Dernièrement le Sunday Service de Kanye West à Coachella. J’avais rarement expérimenté un truc pareil. C’était plus qu’un concert, une performance incroyable qui m’a beaucoup marqué.

Saint DX jeune talent musical interview

On t’a posé la question mille fois, mais pourquoi ce nom Saint DX ?

Oui, on me l’a posé quelques fois, mais je suis prêt à y répondre une nouvelle fois ! Y a deux ans quand j’ai fini quelques chansons, j’ai eu envie de les sortir, je devais trouver un nom. Et j’ai rêvé que je m’appelais Saint DX en fait. Je me souviens dans ce rêve avoir un choix de noms qui commençaient par « Saint » dont « Saint Citron » ! Je me suis acheté une DX7 une semaine avant et je me suis dit « Ok, je dois prendre ce nom ».

Comment est-ce que tu bosses sur tes compos ?

C’est passer du temps en studio, tout dépend des instruments qui sont branchés devant moi. En ce moment, j’ai un clavier MIDI et un ordinateur et je travaille quasi exclusivement avec ça. Le début du projet justement, je l’ai commencé en achetant ce DX7, je viens de l’acheter sur Leboncoin et je me mets instantanément à trouver plein de morceaux avec.

Alors les paroles viennent après ?

Ça dépend, mais généralement oui. Je pars d’idées mélodiques et harmoniques avant de me pencher sur les paroles et sur la voix.

Tu jongles entre le français et l’anglais aussi dans tes sons.

Oui alors ça, c’est venu progressivement. J’ai toujours chanté en anglais, j’ai une culture musicale très anglo-saxonne. J’ai jamais écouté « Nostalgie » à la radio sauf en allant en vacances avec des potes en voiture. Ça a été très progressif, chanter c’est déjà une mise à nue, alors chanter en français, c’était une étape supplémentaire. Ça m’a beaucoup servi pour faire passer des messages à des gens qui sont importants pour moi !

Est-ce que tu as un guilty pleasure à faire croquer ?

Je n’ai pas beaucoup de guilty pleasure, mais y a quelque chose qui a longtemps été inavouable et qui a refait surface cet été… J’ai vécu une histoire d’amour très fulgurante et très forte, et je ne pouvais réécouter que les deux premiers albums de Coldplay. C’est un groupe qui m’a vraiment bouleversé quand j’étais plus jeune, quand j’avais 16 ou 17 ans. Et je suis même pas sûr que ce soit un guilty pleasure parce que c’étaient 2 très bons albums ! Sinon si, pour moi ce n’est pas des guilty pleasures, mais je viens d’écouter le dernier single de Dua Lipa par exemple, des musiques très pop que j’aime énormément !

Saint DX interview

Quels sont tes 3 lieux préférés sur Paris ?

Mon studio ! J’aime beaucoup le jardin du Luxembourg, j’y ai passé beaucoup de temps et d’ailleurs je me faisais toute la ligne du 85 parce que j’habitais à Saint Ouen à l’époque. Et mon lit !