Rencontre avec Cats on Trees

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Lors d’une conférence de presse au Festival Beauregard, nous avons rencontré le duo indie-pop incontournable Cats on Trees.

Parlez nous de votre groupe

Yohan : Nous nous sommes rencontrés en 2007. Nous avons une grande complicité humaine et artistique ce qui favorise une certaine harmonisation musicale. Nous écrivons nos textes et composons nos mélodies ensemble. Cette belle entente porte ce projet. En 2010, nous avons remporté le Printemps de Bourges pour représenter notre région. Parallèlement nous avons rencontré notre directeur artistique et nous avons pris le temps de travailler sur notre premier album. Dès que nous sommes disponibles, nous composons.

Est-ce que cette rencontre avec votre directeur artistique a contribué à l’évolution de votre groupe ?

Yohan : Cette personne nous a orienté dans le but d’optimiser notre travail. Il nous a constamment encouragé à produire davantage de morceaux. Cette démarche nous permet de rester dans un processus créatif permanent. Nous disons souvent que la musique est l’art du temps mais nous devons laisser le temps à la musique. Travailler quotidiennement nous permet une certaine liberté dans les arrangements ainsi que dans le choix des morceaux.

Sur votre album, nous remarquons la participation de Jean-Christophe Urbain des Innocents. Ces univers vous attirent donc ?

Nina : Complètement. Quand on parle de notre album entre nous, on le qualifie comme « l’album de la chance ». Ce dernier nous a permis de vivre des moments inespérés en tant qu’artistes. Nous avons enregistré avec un orchestre à cordes alors que venons de la scène locale toulousaine et que nous connaissons très peu Paris. L’histoire de cet album est un ensemble de rencontres humaines spontanées et inattendues.

Croyez-vous au destin ?

Nina : Je pense que ces énergies positives viennent de l’humain de manière générale en qui nous croyons profondément. Nous essayons de transmettre notre gentillesse que nous recevons en retour de la part des personnes. Je ne crois pas forcément au destin, nous provoquons ce qui nous arrive par le biais de notre relation avec autrui.

Yohan : Notre label « Tôt ou tard »  nous accompagne relativement bien à travers cette aventure. Leur bienveillance nous encourage à nous investir dans ce projet. Notre passion pour la musique nous porte réellement.

La musique est-elle un rêve d’enfant ou votre rencontre a provoqué cette envie ?

Nina : Nous avons un parcours musical différent mais je pense qu’il s’agit avant tout d’une aspiration profonde qui remonte à notre enfance. Yohan était membre d’un groupe et en ce qui me concerne j’ai appris le piano relativement jeune. Je me considérais comme une personne solitaire, timide dans ma musique. Cela dit, nous ne savions pas que la musique ferait partie de notre vie à ce point. Dès notre rencontre, commencer une carrière musicale est apparue comme une évidence.

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Avez-vous les mêmes goûts musicaux ?

Yohan : Bien évidemment. Toutes les démarches sincères et authentiques des artistes nous touchent, nous sommes ouverts en ce qui concerne cet univers musical. Nous sommes sensibles à l’art de manière générale, je fais régulièrement de la peinture et Nina est une grande amatrice de cinéma. Nous sommes inspirés par nos vies respectives c’est la raison pour laquelle je dirais que tout est une source potentielle de richesse créative.

Et en ce qui concerne votre processus de création ?

Nina : Je pense que cette recette miracle n’existe pas ce qui nous encourage à composer et réaliser davantage de morceaux. Comme les festivals sont actuellement nombreux, nous n’avons pas beaucoup de temps à consacrer à cette création c’est la raison pour laquelle nos nouveaux morceaux naissent au moment des balances.

Yohan : Parfois nous arrivons avec des mélodies, nous essayons de les développer pour tendre vers un aspect plaisant. Quand des idées viennent déranger mon sommeil, je les enregistre dans mon téléphone. «Sirens Call » ne devait pas apparaître sur l’album, nous avons attendu la fin de notre processus de création au studio pour se tourner à nouveau vers ce titre et le modifier. Des mélodies inattendues peuvent te traverser l’esprit ce qui constitue un hasard heureux.

Est ce que vous avez fait le choix de rester à deux ou ces prochaines années certaines personnes pourraient vous rejoindre sur scène ?

Nina : Nous pensons que la contrainte de se produire à deux constitue également la force du projet. Nous n’avons pas beaucoup d’arrangements sur scène mais cela fonctionne pour la simple et bonne raison que nous osons nous produire tels que nous sommes. La relation que nous entretenons avec le public n’est pas seulement fondée sur la musique. À l’inverse, nous ne sommes pas égoïstes pour autant, nous aimons collaborer avec des artistes.

Pourquoi avez-vous fait le choix d’écrire vos morceaux en anglais ?

Yohan : Nous sommes des amoureux de la mélodie avant tout. La composition commence régulièrement par l’élaboration d’une ligne de champs, c’est alors que des mots viennent accompagner cette mélodie. L’anglais favorise une harmonisation musicale c’est la raison pour laquelle nous nous sommes tournés vers cette langue. Quand une chanson est en français, on se concentre particulièrement sur le texte, nous voulions nous focaliser sur cette mélodie.

Vous avez réalisé votre premier album chez vous, votre second album est en train d’être composé sur la route. Est-ce que le live est une source d’inspiration pour ce nouvel album ?

Nina : Quand nous composons sur scène, l’énergie est multipliée car nous ne sommes pas portés par les mêmes émotions. Les compositions sont plus spontanées et moins réfléchies en raison d’un manque de temps certain.

Photos : Clara Farhat