Issu de la scène bordelaise, Be Quiet est un groupe émergent et prometteur composé de cinq membres. Après un premier EP intitulé « Primal » et un succès rencontré grâce à leur titre « Infancy » le groupe vient de sortir un nouvel EP. Rencontre avec Be Quiet dans le cadre du Festival Beauregard.

Be Quiet

Un an après la sortie de « Primal » que ressentez-vous à l’idée de présenter ce second EP intitulé « Affliction » et d’être confrontés à l’avis du public ?

Mattei : C’est vrai que nous n’avons pas vu le temps s’écouler entre les deux EP. Après la sortie de « Primal » en avril 2013, nous sommes directement retournés en studio pour composer le second EP. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas la notion de temps entre ces deux projets. Le concert que nous donnons est un mélange de ces derniers avec des nouveautés.

Louis : Présenter et partager notre travail avec le public est une réelle opportunité d’autant plus devant des personnes qui ne nous connaissent pas comme nous sommes issus de la scène bordelaise. C’est intéressant de voir la réaction de ces personnes.

Avez-vous un processus de création particulier ?

Louis : Nous avons un processus de création décousu. Généralement un membre du groupe apporte une base électronique autrement dit une forme de squelette puis le groupe se retrouve en studio pour composer la partie acoustique. Eliott Fournié est l’œil du groupe, il est à l’origine de l’image de Be Quiet et s’occupe de la réalisation des photos ainsi que des vidéos.

Quel souvenir pertinent lié à la musique est susceptible d’avoir influencé la votre aujourd’hui ?

Mattei : « Control » est un film qui relate la vie de Ian Curtis du groupe des Joy Division. C’était une réelle révélation qui m’a permis de me tourner vers la scène de Manchester des années 70 et 80. À partir de cet instant, je me suis naturellement focalisé sur la musique anglaise qui influence notre groupe depuis sa formation.

Louis : En ce qui concerne nos influences, nous pouvons dire que nous avons eu le même déclic à la même période ce qui nous a permis de construire un projet commun. Depuis notre enfance, nous avons la chance d’avoir des parents qui nous ont bercé dans ces univers ce qui a contribué à notre ouverture d’esprit et à notre culture musicale.

Votre clip « Infancy » a été consulté plus de 30 000 fois. Vous attendiez vous à recevoir un tel accueil ?

Louis : Négatif. Nous avons réalisé cette vidéo en une nuit seulement dans un de nos salons. Le résultat nous paraît dérisoire par rapport aux moyens mis en œuvre quant à sa réalisation. Cela dit, cette vidéo est autoproduite et représentative de l’image que nous voulons véhiculer de notre musique.

Mattei : Notre premier EP est sorti en avril 2013, le clip « Infancy » seulement un mois après. Auparavant, nous jouions uniquement dans des salles locales et notre public était essentiellement constitué de notre entourage. Quand nous avons obtenu un article dans les Inrocks, que nous avons entendu notre nom dans le Mouv’ nous ne réalisions pas que cela résultait d’un travail nocturne et de 5 heures seulement. Cela nous a ouvert beaucoup de portes.

Quels sont vos projets après ces deux EP réalisés ?

Mattei : Pour être honnête, nous avons du mal à visualiser notre devenir mais nous tendons à construire un projet plus mature et à nous entourer de professionnels. Nous souhaitons développer ce projet. Depuis le début d’année, nous sommes accompagnés par un tourneur sur Bordeaux. En ce qui concerne les compositions, nous en avons des nouvelles et nous allons retourner en studio dès cet été.

Louis : Nous verrons au cours du temps, nous sommes encore jeunes. Nous voulons évoluer mais sans nous imposer une certaine pression.

Pouvez-vous décrire le Festival Beauregard 2014 en deux mots ?

Louis : « Trop chouette ». Nous sommes des musiciens sur scène mais avant tout des festivaliers c’est la raison pour laquelle cette expérience est enrichissante pour nous en tant que groupe mais également en tant que personne.

Mattei : À vrai dire nous ne réalisons pas que nous partageons une affiche avec des groupes légendaires tels que Portishead, Pixies ou encore Breton. C’est un rêve d’enfant que nous réalisons et vivons actuellement. Il y a encore un an, nous les écoutions à travers nos écouteurs sans imaginer que nous pourrions jouer sur la même scène que ces derniers.

Qu’avez-vous ressenti sur la scène de Beauregard ?

Mattei : Avant de monter sur scène, nous étions terrifiés. Je suis persuadé que 99% des personnes ne nous connaissaient pas mais nous avons reçu un accueil chaleureux ce qui est encourageant et rassurant. C’est une sensation riche et pleine de sens pour notre groupe.

Louis : Nous étions face à un public réceptif et curieux ce qui est incroyable sachant que nous avons joué à 16h15. C’est une expérience enrichissante, pleine de vie que nous avons particulièrement appréciée.

Quel morceau avez-vous préféré jouer ?

Mattei : Ces derniers temps, nous nous sommes particulièrement focalisés sur notre travail c’est la raison pour laquelle nous sommes fiers de présenter notre set. Actuellement, les morceaux qui nous touchent sont les récents qui ne sont pas encore sortis. C’est davantage un ensemble cohérent d’une durée de 40 minutes qui comporte une introduction et une fin.

Louis : Je citerais « Arcade » une nouvelle qui n’est pas encore sortie.

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Photos : Elliot Fournié