“A ta merci” : la juste intention de Flora Fishbach

Flora Fishbach

On n’était pas préparé à aimer. Première écoute, et voici l’un de nos futurs vinyles favoris pressé contre notre poitrine. On l’aime, c’est un acquis, c’est acté, classé.

Pourtant, le virage 80’s de ces dernières années nous avait largement perdus en cours de route. On ne le sentait pas trop, d’arborer un t-shirt fluo mou enfoncé dans un mom-jean taillé juste en dessous des aisselles, le rouge à lèvres étalé dans le noir (vu le résultat).

Mais avec Flora Fishbach, c’est différent. Deux ans qu’à coup de clip-claque, de scènes et d’EP, elle s’installe peu à peu. Les années 80, chez elle, c’est charnel, pas une fin en soi. Dans son clip “Béton mouillé”, elle se révèle joyeusement borderline, charismatique au possible, le rire fou, clairement déglingue par nature, non par posture.

Sa voix, comme brisée contre des galets, fluide, nous invite à monter dans cette voiture à ses côtés, ou à juste s’en détourner, elle ne vous en voudra pas de toute façon, hein. Fishbach, elle est sa propre métaphore, son catalyseur intime.

Elle s’épanouit titre après titre : elle balance ses textes hachurés, légèrement décalée (Un autre que moi), officiant à son propre rythme, rattrapant les instruments (Eternité), le souffle court, et qu’importe la justesse pourvu qu’il y ait cette magnétique envie, et cette course folle qui laisse les joues rouges, le cœur battant à tout rompre, et le bliss, et l’ivresse.

 

Fishbach – A ta merci (Entreprise) (sortie le 27/01/2017)