Pochette single «Popular» M.I.A
Capture d’écran © M.I.A.

«Popular» M.I.A. et son alter ego font un retour remarquable et à peine remarqué

Dernière mise à jour:

M.I.A., l’activiste la plus pop de la scène musicale internationale, revient avec un single qui saborde définitivement son rapport au star-système et couronne un art populaire dans l’antichambre du spectacle 2.0. «Popular», extrait de son prochain album «Mata», est une œuvre d’art complète livrée avec un kit prêt à l’emploi :

Pochette single «Popular» M.I.A
«Popular» © M.I.A.
  1. Un clip mettant en scène la poupée robotisée grandeur nature de l’artiste. Son nom est M.A.I (en allusion au metaverse) et elle est flippante de réalisme !
  2. Le robot M.A.I mis en scène dans le clip semble prendre le contrôle puisque c’est lui-même qui a leaked le clip.
  3. Le gag continu et semble avoir été orchestré depuis un petit moment, car depuis plusieurs mois Maya Matangi alimente un compte Instagram aux airs fanatiques : maimatangi , qui se révèle être celui du robot M.A.I qui s’apprête à la “grand remplacer”.

Si l’histoire fait sourire, la fiction dystopique à l’œuvre est en réalité à peine fictive tant les outils utilisés, l’image et les réseaux sociaux font partie intégrante d’un quotidien du «réel». Et ce canular artistique est d’ailleurs pratiquement passé inaperçu, de même que la notion critique qui en découle.

M.I.A. – Popular (Vidéo officielle)

Décryptage : «Popular» ou le passage à tabac du culte de la personnalité programmée

La thématique du nouveau single aux sonorités dance/hip-hop de M.A.I (prenons nous au jeu) est l’aliénation, une aliénation désarticulée par les nouveaux outils du numérique. La satire est d’autant plus efficace que M.I.A. a choisi de s’illustrer comme fief et victime de celle-ci, avec une dose d’humour visant à invectiver la célébrité : « It’s hard, it’s hard/it’s really, really hard/ A star …». Si la société a définitivement promulgué le règne du « soi », l’artiste décrit l’instrumentalisation massive du culte de la personnalité.

« All of them are puppet *».

extrait de «Popular» M.I.A.

«Popular» met en abyme à l’aide d’une esthétique minimale des pantins accros aux likes, des divas en mal de reconnaissance, des marionnettes, etc., qui transfèrent leurs pulsions et leurs carences affectives en consommant. Une consommation d’images, qui nourrit angoisses et empire Gafam tout en transformant peu à peu l’humain en machine. Le parti pris ambivalent entre sonorités electro-dance, reggeatton et hip-hop, refrain entêtant et second degré satirique marquent du sceau de la légèreté une musique pamphlétaire qui semble donner à l’artiste tamoule un air de Chaplin des temps modernes.

En attendant la date de sortie toujours inconnue de «Mata», un 6ealbum qui s’annonce engagé et dansant, on vous conseille de visionner le documentaire Matangi / Maya / M.I.A., à la ferveur biographique d’une humanité pleine d’espoir.

* «Tous sont des marionnettes».

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.