Planétarium Rio Tinto Alcan à Montréal 3

Le stade olympique de Montréal est maintenant voisin du nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan, dessiné par l’agence montréalaise Cardin Ramirez Julien. En route pour une certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) Platine, meilleur niveau de construction écologique d’après Le Conseil du Bâtiment durable du Canada, le Planétarium joue à la fois la carte de l’architecture écologique et de l’innovation scientifique. Ìl est la troisième façade permettant d’affirmer la Place des vainqueurs comme lieu public et détient ainsi une identité urbanistique et architecturale puissante.

 

Un espace pour la vie.

Inauguré en Avril 2013, le projet est la continuité de l’ancien Planétarium de Montréal, initialement situé dans le Vieux Port. Aujourd’hui aux côtés du Biodôme, de l’Insectarium et du Jardin botanique, Le Planétarium Rio Tinto Alcan s’inscrit dans un fragment urbain où la nature et les sciences dominent. Ces quatre institutions se regroupent dans le collectif Un Espace pour la Vie, collocation urbaine qui vise à diffuser et protéger les qualités intrinsèques de notre planète. Ainsi, le nouveau planétarium met les bouchées doubles pour démocratiser l’astronomie et offrir une réelle expérience immersive au visiteur. Distinctif grâce à ses deux cônes  pointant l’au delà, la construction tente au maximum de se placer comme lien entre l’homme et le ciel. Déjà depuis l’avenue Pierre de Coubertin, le bâtiment semble respecter la nature et s’imprégner de ses vertus. La ligne du toit végétalisé sort de terre pour venir dessiner une fine épaisseur, stabilisée par deux excroissances  cylindriques. Une passerelle sépare l’entrée de la route, lévitant au dessus d’une cour boisée où les traces des anciens garages souterrains sont maintenant à la lumière. Une fois dedans, l’usager découvre un plan libre, où la générosité des espaces témoigne du potentiel immersif de l’espace, voulu par les architectes. Des lamelles de bois plafonnent les parties d’accueil et de rassemblement, tandis que deux sphères se dessinent dans les cylindres d’aluminium : la première, plaquée d’un revêtement de bois lustré, la seconde tristement peinte en gris. Ainsi sont disposé les deux salles de représentations du Planétarium, pouvant accueillir de ce fait 375 places assises.

 

De l’architecture scientifique.

Au cœur d’un processus de réflexion sensible, l’architecture et l’astronomie sont pensées ici sur le même plan. Postulat apriori inhérent au bon fonctionnement d’un Planétarium mais qui s’avère être bien plus dur à réaliser qu’à théoriser. D’une part, les nouvelles dispositions écologiques permettent d’habiller l’architecture de savoirs durables. La pompe à chaleur d’une capacité de 120 tonnes, les systèmes de climatisation et le partage d’énergie avec le Biodôme voisin incarnent la griffe écologique de l’édifice. Ces technologies, gourmandes d’espaces, résident dans le sous sol du Planétarium, pensé dès le départ comme lieu de fructification énergétique.  D’autre part, les rencontres géométriques des salles de représentations sont au service d’une vision juste de l’astronomie. Dans chaque dôme, une toile micro perforée recouvre l’intégralité du plafond, et plonge le visiteur dans un univers blanc et insaisissable. Dans la première salle, l’espace au sol et parsemé de coussins dans lesquels il fera bon de se plonger pour observer les cieux. Dans la seconde, les sièges sont plus nombreux et orientés, à la manière d’un cinéma concentrique. Sauf qu’on ne trouve pas de projecteur cinématographique au fond de la pièce mais un puissant planétaire au cœur de l’espace dessinant les constellations sur l’écran hémisphérique de la salle.

De l’astronomie esthétique.

Ainsi sont projetées les diverses constellations et étoile et devient possible une observation par le visiteur. Là encore l’architecture et l’astronomie ont été pensées de la même manière, en prenant conscience de leur potentiel expérimental respectif. La science des cieux est diffusée, parcourue et vécue, tout comme l’est l’édifice. Un jeu de construction audacieux, de part l’imbrication des sphères dans les cônes, produit l’effet d’une ligne graphique maitrisée et remarquable. Des zones d’accueil et de rassemblement jusqu’à l’entrée des salles de représentations est travaillée  une luminosité progressivement décroissante, habituant peu à peu l’usager à la pénombre. La déjà célèbre tour oblique du stade olympique rentre aussi dans un langage formel avec l’édifice, grâce aux lignes courbes s’échappant vers le ciel et attestant la bonne insertion esthétique du Planétarium dans un tissu urbain prédéfini.

 

L’architecture n’est plus ici une science de bâtir, mais l’art d’anticiper les sensations des visiteurs. Tout comme l’astronomie n’est plus qu’une science des constellations, ainsi le Planétarium Rio Tinto Alcan est un fidèle témoin du tableau qui, chaque soir, se dessine au dessus de nous.

 

Crédits Photos :

© Stéphane Bruger
© Vincent Audy

Planétarium Rio Tinto Alcan à Montréal 2

Planétarium Rio Tinto Alcan à Montréal

© Vincent Audy

Croquis

© Stéphane Bruger

© Stéphane Bruger

© Stéphane Bruger