Mount Eerie nous parle de deuil et de promenades au crépuscule

Image d'avatar de Marie VandaeleMarie Vandaele - Le 31 janvier 2018

« Ecrit et enregistré entre le 31 aout et le 6 décembre 2016, dans la même pièce où Geneviève est morte, en utilisant la plupart de ses instruments, sa guitare, sa basse, son ampli, son vieil accordéon de famille, en écrivant des mots sur ses carnets et en regardant par la même fenêtre  qu’elle». C’est ainsi que Phil Elverum, aka Mount Eerie, présente son sublime album A Crow Looked at Me.

Mount Eerie

Inutile de vous dire que ça n’allait pas fort pour le garçon lorsqu’il a sorti cet album concept, autour de la mort de sa compagne, disparue en 2016. Cela se confirme dès les premières paroles « Death is Real ». Ce n’est peut-être pas l’album à écouter si ça ne va déjà pas fort de votre côté, et pourtant vous passeriez à côté de quelque chose.

Mount Eerie nous livre ici une introspection lyrique sur son expérience de deuil. Toutefois, A Crow Looked at Me n’est pas tant un album sur la mort mais plutôt sur la stupeur et le vide abyssal, quasi hallucinatoire, que celle-ci peut provoquer. Une seule et même question traverse chaque morceau : comment survivre après cela ?

Une confession limpide et poétique

A Crow Looked at Me est une sorte de confession nécessaire. Elverum s’épanche sur cette expérience, toujours très pudiquement, dans le plus simple appareil : une guitare sèche, une boite à rythme et une voix presque adolescente. Le tout est mixé seul, chez lui, ce qui apporte un aspect brumeux et nostalgique à chacun de ses enregistrement.

Chaque morceau est d’une simplicité limpide. Aussi bien dans l’écriture que dans la voix et l’instru, Mount Eerie ne fait pas dans le pathos. Chaque titre transpire la sincérité. Les influences folks et les sonorités indie accompagnent, très modestement, le projet et souligne la langueur qui y règne, malgré la puissance des paroles. L’artiste se confie ici de manière bouleversante, mais toujours très poétique et imagée. On voyage dans un monde, certes sombre mais teinté de mélancolie, car orné de symboles et de métaphores. Les morts nagent dans l’au-delà et l’on se promène, au soleil couchant, dans de hautes herbes jaunes, où l’odeur des baies d’églantiers vient nous caresser les narines.

Pour écouter A Crow Looked at Me :

Apparemment ça ne va toujours pas très fort pour le garçon qui a laché début janvier un nouvel EP 6 titres, Now Only. Il continue d’explorer le thème de l’absence mais convoque, cette fois-ci, d’autres influences telles que Kerouac, sa mère et encore et toujours Geneviève.

Pour écouter Now Only :

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