Lee Wagstaff

Lee Wagstaff, l’artiste contemporain à pinceau et à sang

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Souvent défini comme un peintre contemporain, Lee Wagstaff est en réalité un artiste bien plus diversifié. Il noircit de sa créativité des toiles, avec du graphite et de peinture à l’huile, mais également son corps, à travers des tatouages. Cet artiste d’origine britannique est à la fois intrigant et fascinant, découvrez dès maintenant son univers !

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Portrait de Lee Wagstaff, via exporevue.

Lorsqu’on aperçoit cet homme tatoué au look atypique, il est facile de deviner qu’il est l’auteur de ces portraits aux formes géométriques. Né en 1969 à Londres, il se lance dans une carrière artistique après avoir étudié entre autres au Royal College of Art de Londres, et à la Kyoto City University of Arts. Chaque année, il produit des séries d’œuvres d’art diverses, en plus de réaliser des expositions solos et collectives, des conférences et de l’enseignement.  

Portrait géométrique
Resistance to order

La peinture : un outil pour faire naître des portraits géométriques

L’illusion pour mettre en valeur les visages

À travers des formes géométriques abstraites, des visages émergent aussi vite qu’ils disparaissent. Dans ses peintures, Lee Wagstaff veut créer une interaction avec le spectateur, en le poussant à regarder l’œuvre à distance variante. En effet, si le visiteur est assez proche, seules les lignes s’offriront à son regard. En revanche, s’il s’éloigne lentement, il pourra atteindre le point où un visage apparaîtra. L’artiste aime l’idée que les yeux se perdent dans ces motifs, comme il l’explique dans une interview parue en août 2022 pour Populist Magazine : “La vision humaine a du mal à se concentrer sur un seul endroit. Lorsque cette concentration est perdue, les yeux errent sur la toile et il est difficile de contrôler le cerveau.” Ses œuvres mesurant généralement 60 par 80 centimètres, la taille des visages est presque réaliste donnant un effet miroir dans lequel le spectateur peut se retrouver. 

Portrait géométrique
Turning to the mystics

Un processus créatif bien défini

L’artiste porte un grand intérêt dans le choix et la conception des visages de ses œuvres. Initialement, il utilisait les visages de personnes réelles. Mais très vite, il se rend compte que l’asymétrie pose problème dans ses œuvres dictées par la géométrie.
Pour satisfaire son envie, il choisit alors une autre méthode : “J’ai vite réalisé que l’utilisation d’un programme d’IA (intelligence artificielle) me donnerait de la symétrie et un nombre infini de variations” confie-il à Populist Magazine. Il ne cache pas son attirance pour les visages issus de l’arrière-plan de peinture historiques, tels que Bosch ou Breugal. Une fois son portrait défini, il est temps d’y incorporer un des motifs préalablement sélectionné par l’artiste. À l’aide de programmes d’édition visuels, il assemble les deux parties. Vient ensuite le moment de passer à la matérialisation physique. Il utilise de la peinture à l’huile, très souvent de couleur rouge. Cependant, la couleur est parfois pour lui source de frustration, devenant même un obstacle. Il s’est confié de nouveau à Populist Magazine : “j’aime le processus de création mais je ne suis pas vraiment satisfait du résultat”. 

Silver Machine
Silver Machine par Lee Wagstaff, via son site internet.

Un corps devenu toile : le tatouage comme porte-parole

Lee Wagstaff rencontre le tatouage en 1995, et très rapidement, il en tombe amoureux. Il l’explique dans une interview pour Big Tatoo Planet en juin 2010 : “L’idée est venue de nulle part, mais ce que j’aimais dans les tatouages, c’était leur permanence et leur portabilité, ils sont devenus un médium par lequel je pouvais porter mes idées et mes créations avec moi”. Ses tatouages graphiques, recouvrant presque entièrement son corps, véhiculent ses expressions artistiques et religieuses. Ces symboles, entre le catholicisme et l’hindouisme, ont pour vocation de prôner l’universalité, à travers ces éléments voyageant de pays en pays, cultures en cultures, et siècles en siècles. Pour étendre cet art ancré dans sa peau, l’artiste y combine la photographie. Il présente ces clichés lors d’expositions, notamment à la Galerie Seine 51 à Paris. 

SHROUD : l’œuvre saignante au succès international

Avec cette œuvre composée du sang de l’artiste sur du lin, Lee Wagstaff dépasse les limites de l’imaginable. Cet intérêt pour le sang débute lorsqu’avec son tatouage à vif il produit des empreintes de sang. L’idée de faire une impression du corps entier naît alors, et l’artiste se met en quête du bon processus. “J’ai décidé de faire une sérigraphie d’une photographie négative grandeur nature de mon corps. Il s’agissait en partie de créer un enregistrement de l’échange qui se produit avec les tatouages, de l’encre entrant dans le corps, faisant sortir le sang” explique-t-il. Le plus difficile restait tout de même la récupération ainsi que le transport du sang. Grâce à la sœur d’une amie, infirmière à quelques heures de train de chez Lee, il extrait son propre sang de son corps. Pour retourner à Londres, il transporte son demi-litre de sang dans une fiole réfrigérée. Une fois arriver à bon port : la création peut débuter. Il créé son œuvre dans son salon, en compagnie de son chat qui y laissera d’ailleurs sa marque : en regardant attentivement l’œuvre, on aperçoit en effet une petite trace de chat ! Un processus de particulier pour une œuvre à succès, puisque David Bowie en personne a acheté la production.

Toile blanche et corps en sang dessiné dessus
SHROUD par Lee Wagstaff, via collections vam.
Halt into life par Lee Wagstaff, via son site internet.
Halt into life
As bird on a arrow par Lee Wagstaff, via son site internet.
As bird on a arrow

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