Lee Jinju : entre tradition et onirisme

Lee Jinju : entre tradition et onirisme

Image d'avatar de Christelle CrouetChristelle Crouet - Le 29 janvier 2020

Lee Jinju est une artiste coréenne. Entre tradition et modernité, son œuvre est une invitation au voyage. Un voyage à la frontière de la conscience et du rêve, au cœur même des souvenirs.

Oeuvre de Lee Jinju intitulée " Island of Borders ", datant de 2011
Island of Borders

Lee Jinju travaille selon la méthode traditionnelle coréenne. Elle peint à l’encre, sur du tissu, essentiellement du lin. L’artiste considère que c’est la technique qui lui correspond le mieux, la couleur pénètre en profondeur la toile, les pigments sont naturellement mélangés à l’eau. Si Lee Jinju a gardé cet attachement à l’art traditionnel oriental, l’artiste s’en est cependant éloigné lorsqu’elle a commencé à vouloir représenter son histoire personnelle.

Son histoire n’est pas gaie. Enlevée à 4 ans, elle a connu la perte violente de proches, un de ses amis est mort poignardé, un autre s’est fait agresser. On est également entré chez elle par effraction. Tous ces événements traumatisants qu’elle cherchait à effacer de sa mémoire ont fini par se connecter les uns aux autres. Elle explique ” la peur et l’anxiété du monde, la construction en cours autour de nous, la nervosité incontrôlable et incessante de la vie ont ouvert la porte à de nouvelles émotions “.

Toutes ces émotions Lee Jinju a cherché à les expliquer, pourquoi ces souvenirs ne disparaissent pas ? Pourquoi sont-ils si instables ? Ces fragments de souvenirs et d’émotions, elle en a fait son inspiration. Lee Jinju peint les images du présent, qu’elle mélange aux souvenirs, souvent pénibles, et aux pensées.

Lee Jinju : entre tradition et onirisme
peinture onirique
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Lee Jinju peinture
" The Last Winter " de Lee Jinju. L'oeuvre a été réalisée en 2011.
The last winter

La peintre n’a pas le souci du réalisme ni celui de la cohérence. Elle crée des scènes isolées, parfois suspendues, qui combinent des éléments qui paraissent disparates. Son travail est une exploration de la perception humaine, il dépeint la nature parfois mystérieuse de la réalité, dans laquelle le conscient et l’inconscient se rejoignent pour créer nos paysages virtuels. Tout semble parfois hors de propos.

" An old Midday " oeuvre de Lee Jinju datant de 2011
An old Midday

Ses tableaux représentent des scènes de désolation. On y retrouve des femmes dénudées, uniquement habillées de bas. Elles effectuent des gestes du quotidien, dans un environnement à la fois sauvage et domestique. Lee Jinju semble avoir détruit la frontière entre intérieur et extérieur. Certaines parties ne sont pas très détaillées, certains personnages n’ont pas de cheveux par exemple, d’autres éléments au contraire, fourmillent de détails. Cela donne aux dessins de l’artiste une dimension très onirique.

" Circulation " de Lee Jinju, 2011
Circulation

Ces œuvres procurent à celui qui le regarde un certain malaise, une certaine angoisse. Entre pureté, beauté et malaise, le travail de Lee Jinju n’est pas de ceux qui laissent indifférent.

Parmi les travaux les plus récents de Lee Jinju, ce dessin intitulé " The Lowland " a été réalisé en 2017.
The Lowland
" Layers of the Daytime " de Lee Jinju. L'oeuvre date de 2014
Layers of Daytime
" A way to remember " de l'artiste Lee Jinju, ce dessin a été réalisé en 2010. Il s'agit ici d'un détail de l'oeuvre.
A way to remember – Détail
" A Frail Hymn ", un dessin de l'artiste coréenne Lee Jinju. Un dessin réalisé en 2017.
A Frail Hymn
" Black and burning one " de l'artiste Lee Jinju. Cette oeuvre date de 2013
Black and burning one
Dessin de l'artiste Lee Jinju intitulé " Deceptive Well ", cette oeuvre date de 2017
Deceptive Well
" Commitment " de Lee Jinju, dessin datant de mars 2017.
Commitment
" 오목한 노래 " de Lee Jinju, 2017
오목한 노래
" Restraints-Boundaries ", dessin datant de 2012 de l'artiste Lee Jinju.
Restraints-Boundaries
" Fathom " de Lee Jinju, peinte en 2014.
Fathom

Vous pouvez retrouver tout le travail de Lee Jinju sur son site ou son compte Instagram.

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Christelle Crouet
Article écrit par :
Après une licence d'histoire à Sorbonne Lettres je me suis lancée dans le journalisme. Pendant 2 ans j'ai réalisé plusieurs reportages, couvert certains événements étudiants pour le média étudiant TéléSorbonne. J'ai aussi été co-responsable du pôle Emission du média. Je suis entrée à Beware en décembre 2019. Je suis aussi passée par la presse locale charentaise avant de revenir sur Paris. En novembre j'ai commencé une alternance à briefstory, un jeune média qui traite d'innovations positives, dans la tech, mais aussi dans les domaines de l'écologie ou encore de l'art. J'aime parler d'art, sous toutes ses formes, d'écologie, mais aussi des femmes et de leurs combats.

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