Last Train : l'interview imprégnée d'encre noire. 1
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Last Train : l’interview imprégnée d’encre noire.

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Du rock hypnotique, un univers tortueux et torturé. Last Train frôle parfois le cliché, tout en inspirant de manière réussie à la fois lubricité et sensualité. On a rencontré le guitariste et chanteur du groupe lors du festival Rock En Seine pour parler (entre autres) de notre amour pour Lana Del Rey, de guitares pétées, et de future tournée…

Je vous ai vus en concert avant et je connais pas du tout votre histoire, comment un groupe pareil peut émerger de Mulhouse ?

On s’est tous connus quand on était au collège. En Alsace, y’a énormément de bons groupes. Beaucoup de gens se disent « putain je connais aucun groupe de là-bas », ils sortent pas de chez eux en fait…. Dès qu’on a eu le permis, parce qu’effectivement on était un peu limités par ça au début, on s’est barrés. Non pas que l’Alsace soit pas bien mais fallait rencontrer des nouveaux publics, des nouvelles scènes…

Où exactement ?

On a fait des petites tournées françaises d’une dizaine de jours. A Lyon, à Paris, à Bordeaux… C’est là-bas d’abord que tu te fais de très bons potes, et on a toujours été assez entreprenants dans le sens où on a toujours pris les choses en main. Si on s’est lancés dans une aventure, c’est pour VIVRE cette aventure et pas simplement subir quelque chose. Il fallait qu’on prenne les devants et que ça décolle.

Il y a eu pas mal de dates en France, vous avez pour projet d’aller ailleurs ?

On a déjà fait une tournée européenne y’a environ un an et demi. On a eu une grosse remise en question dans le groupe, on a changé de line up, avant on faisait des concerts pour faire des concerts et de la musique, maintenant c’est devenu quelque chose de bien plus fort pour nous. On a fait un break de six mois et on est revenus avec un tour en Europe. C’était un peu le crash test, dans des conditions ridicules, c’était vraiment difficile pour le groupe mais ça reste sans doute la meilleure expérience qu’on ait eue jusqu’à présent. Notre musique rend vraiment bien à l’étranger, surtout en Allemagne où les gens aiment faire du bruit…

Y’a eu un arrêt à Berlin ?

Ouais, on a joué au White Trash. Et puis on s’est dit qu’en France il y avait pas beaucoup de groupes de rock qui nous faisaient rêver. Au lieu d’aller séduire un public à l’étranger, on a décidé qu’on allait faire tout ça en France. On faisait des allers retours dans la nuit à Bordeaux, à Angers, à Pau et compagnie, alors qu’en effet l’Allemagne est juste à côté… Mais on voulait vraiment matraquer la France. Ici les gens aiment aussi le rock, merde. Et il y a vraiment un truc à proposer chez nous.

Quelles sont un peu vos influences ? Vous êtes parfois comparés aux Dandy Warhols….

Ouais c’est cool, c’est même plutôt cool. Il y a bien sûr les gros classiques qu’on sort à chaque fois, Black Rebel Motorcycle Club par exemple. On écoute de tout, on a tous des coups de cœur pour des trucs un peu improbables. Moi ces six derniers mois y’a des trucs pop qui m’ont rendu fou, des trucs qui font voyager. Je suis amoureux des Do, de Balthazar, alors que c’est à dix mille kilomètres de ce qu’on fait. L’important pour nous c’est que ce soit sincère, et honnête. Pas qu’il y ait un message, ça on s’en fout, j’comprends même pas les paroles (rires) juste que ça t’emmène quelque part. Moi j’écoute du Lana Del Rey comme j’écoute du Black Rebel. On est ouverts à tout et ça nous rend vraiment vivants. J’ai l’impression qu’il y a des groupes qui font toujours la même chose, qui s’imposent un style. Nous on s’en tape, on a fini ce soir par un morceau des plus lents en live…

Oui enfin vous êtes devenus un peu dingues à la fin… D’où vient ce besoin de défoulement sur scène ?

C’est vraiment pas un jeu, c’est pas prévu. Hier un mec m’a demandé pourquoi j’avais pas défoncé ma guitare comme à Cluses avec Black Rebel. Si je le ressens pas je vais pas la défoncer… Cette guitare je l’ai payée. On a eu un tas de remarques comme quoi on était des petits connards pétés de thunes, qui défoncent leurs guitares en concert. Faut qu’ils aillent se faire foutre. Des guitares j’en ai deux, j’pleure chaque lendemain de concert quand elles sont niquées. Quand on se défoule c’est parce qu’on est emmenés quelque part. On est très sérieux dans la vie de tous les jours tu sais.

D’ailleurs il se passe quoi quand vous n’êtes pas sur scène ?

Je te parlais d’une remise en question il y a un an et demi, à ce moment-là on a réalisé qu’il y avait que ça qui nous plaisait vraiment. Ça coïncidait avec la fin de nos études, ou en tout cas le début d’autre chose. Un jour en répétitions on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de bien, ou on s’arrêtait là. On a subitement eu des projets de label, de boîte de tournée, alors qu’on savait même pas ce que ça impliquait à l’époque. On faisait des choses mais on n’avait pas encore de mots à mettre dessus. On faisait du développement pour des groupes, on les conseillait pour la promo. Parce que ce sont des choses qu’on adore faire. Puis on s’est rendus compte que ce qu’on faisait était un taf à part entière, qu’il y a des gens qui sont payés je ne sais pas combien pour faire ça, et en fait nous on le faisait nous-mêmes. Maintenant quand on n’est pas en tournée, on bosse sur le label. Moi j’ai monté mon agence de tournée (ici). Tourneur, producteur, il y a aussi la prod vidéo qui est faite. On a une vision d’ensemble de ce qui se passe et c’est plutôt chouette.

Votre prochain EP sort en octobre, si tu pouvais nous parler un peu plus de la manière dont vous avez enregistré ?

On appréhende pas du tout le studio, malgré qu’on soit un groupe de scène selon pas mal de personnes. On est accompagnés d’un mec qui s’appelle Remi Gettliffe, qui est un excellent technicien et musicien. On lui a expliqué qu’on voulait quelque chose de sincère, que ça se ressente sur un support. Notre défi était de transmettre de l’émotion. Ce mec nous a pris sous son aile, nous a installés dans des ambiances différentes. On a tous joué ensemble dans la même pièce. Tu vois parfois des photos de studio et y’a des énormes trucs en plexi partout pour éviter que le son s’échappe. Nous il fallait qu’on soit ensemble. A la fin de certaines prises y’avait vraiment des larmes et des rires. On nous demande souvent quand va sortir l’album, on va déjà partir en tournée. On sort un petit EP tranquillement, et voilà on prend notre temps…

Une question un peu stupide mais ça vient d’où « Last Train » ?

Y’a pas de réponse à cette question. On a choisi ce nom y’a une dizaine d’années. On s’est demandés si on voulait changer de nom, si on devait se casser le cul avec une vraie histoire. Puis non. On vient de relativement loin, de Mulhouse qui est pas si sexy (rires), on en a beaucoup chié, on a donc gardé ce nom d’origine et on l’assume.

Et si on devait écouter votre musique dans un endroit particulier, ce serait…

Dans une salle de concert. On va sortir un EP en digital, et on va surtout proposer d’autres contenus avec du merchandising en tournée. C’est toujours mieux d’aller voir un concert, quand tu vas rencontrer les artistes. On dit beaucoup que la musique part en couille mais si les gens continuent à aller voir des concerts, c’est le plus important.

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