Kazuki Takamatsu
Your Wings

Les anges de la mort de Kazuki Takamatsu

Dans ses illustrations, l’artiste Kazuki Takamatsu crée ses propres “sirènes” : des femmes intrigantes, attirantes mais dont émane un spectre, un danger de mort.

Rassemblement de femmes en robes légères sur une sorte de carrosse décoré de têtes de mort

Des poupées de porcelaine

Les femmes créées dans les illustrations de Kazuki Takamatsu sont d’une pureté difficilement descriptible. Du satin lisse de leur peau à l’harmonie fluette de leur silhouette, tout est délicat chez elles. Blanches comme neige, elles ressemblent à de fragiles poupées de porcelaine.
Souvent nues, cette nudité les rapproche davantage du pantin que de l’humain. Et lorsqu’un tissu les recouvre, il s’agit d’un voile translucide qu’on devine aisément léger comme l’air.

Jeune femme ailée et nue de profil, elle a une fleur dans les cheveux.
Spread the wings (let my hair down)
Femme en lingerie qui tient une chaîne. à ses côtés sont représentées des vagues.
2019

Un halo lumineux émane d’elles, comme si elles étaient des déesses ou autres créatures célestes. Des ailes pointent parfois dans leur dos ou au milieu de leur chevelure. Rarement mises en couleurs, les illustrations luminescentes de Kazuki Takamatsu semblent vouloir saisir une beauté absolue. Mais ces poupées-déesses à la peau cristalline ne sont pas totalement bienveillantes.

Le même buste de femme est représenté plusieurs fois, en couleurs différentes.  Femme aux cheveux abondants dans lesquels il y a une paire d'ailes et des fleurs
Série “Thoughts on freedom”, exposée à la galerie Corey Helford
Jeune femme qui se tient debout et qui n'a qu'une seule aile. Elle a une chaîne en métal comme corde à sauter.
Skipping Rope
Plusieurs femmes ailées qui tiennent des chaînes, sabres ou têtes de mort.
Your Wings

Mi-ange, mi-démon

Ces femmes inventées par Kazuki Takamatsu sont pleines de paradoxes. Devant elles, on est autant happés par leur pureté que troublés par leur aura à double tranchant. Leur blancheur se distingue dans un fond obscur, leurs ailes blanches s’accompagnent de têtes de mort ou de chaînes métalliques… Et les fleurs qui habillent leurs coiffes sont bien souvent des fleurs des enfers, très présentes aussi chez l’artiste Fuco Ueda.

Femme en lingerie aux longs cheveux auxquelles s'emmêlent des fleurs, illustration réalisée par Kazuki Takamatsu
2019
Femmes armées de sabres qui s'avancent vers une tête de mort.
The way to release from the restraint

Dans le travail de Kazuki Takamatsu, on trouve une sorte d’ambivalence entre paradis et enfer, ange et démon, vie et mort. L’image du shinigami (littéralement “dieu de la mort”, traduit du japonais) nous vient en tête. Dans la culture nippone, cette allégorie de la mort prend des formes diverses et variées. Les shinigami ont parfois des traits humains, parfois monstrueux, ont des ailes ou non… Alors, en regardant les femmes-poupées de Kazuki Takamatsu, on peut imaginer que l’artiste essaie de créer ses propres “anges de la mort”.

Autour d'une femme qui tient un sabre volent deux anges qui tiennent des têtes de mort.
3 choices
Jeune femme masquée qui a dans ses cheveux une fleur. Elle a les yeux vides mais elle semble pourtant regarder fixement devant elle.
Feathers & mask

Leurs yeux vides renforcent cette idée de menace, de danger. Et même si leurs poses peuvent être lascives ou au contraire très innocentes, on ne peut s’empêcher d’éprouver de la méfiance devant leur douceur apparente.

Jeune fille emmêlée dans une chaîne métallique

Une collection

Nombreuses, les femmes-poupées, ou les anges de la mort, on ne sait plus comment les nommer, de Kazuki Takamatsu sont le résultat d’un travail de longue haleine. Il multiplie, retravaille et réinvente ce motif féminin à la fois captivant et inquiétant dans de très nombreuses séries.

Jeune fille aux yeux menaçants qui nous regarde fixement. Le bas de son corps ressemble à celui d'un fantôme.
2011
Femme nue toute rose, elle prend la pose. Elle a des ailes dans son dos et des fleurs dans ses cheveux.
It’s time to fly

Lorsqu’on parcourt son site internet ou son compte Instagram, c’est comme si on déambulait dans un musée fantôme dont les statues seraient ces femmes intrigantes.

Dessin en noir et blanc, plusieurs femmes semblent être attachées sur un socle derrière elles.
Blessing
Illustration finale du dessin précédent, les femmes tiennent une chaîne métallique.
Blessing

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