Rencontre d'un autre type : Kalika et sa pop trash 1
Kalika prise en photo par Valentin Fabre, illustration de l'interview de l'artiste ou on la voit qui surplombe un rocher en tenue bariolée

Rencontre d’un autre type : Kalika et sa pop trash

Après la sortie de son EP Latcho Drom et de son dernier single C’est Chelou (reprise décalée de Zaho), Beware a rencontré Kalika, chanteuse à la pop trash et à la créativité débordante.

Kalika prise en photo par Valentin Fabre
Kalika nous emmène dans son univers mi chanson française mi pop trash
Kalika © Valentin Fabre

On a parlé Skins, insomnies, Hector, mais on a également pu aborder l’album à venir et la proximité de Kalika avec ses fans. Une rencontre haute en couleurs à l’image du premier EP, Latcho Drom.

Comme on t’a déjà présentée de manière un peu plus factuelle sur Beware, on va te demander de te présenter à la manière d’un portrait chinois. Si tu devais choisir un seul objet, au hasard, pour te définir toi et ta musique, que choisirais-tu ? 

Un couteau à strass ! Avec plein de petits strass, parce qu’il y a ce côté un peu tranché et véner, mais en même temps, c’est assez mignon. C’est pas n’importe quel couteau non plus, c’est un peu girly en même temps.

Kalika prise en photo par Valentin Fabre
la chanteuse prépare un allbum de guerrière, confie-t-elle
Kalika © Valentin Fabre

Et sinon, est-ce qu’il y a un film ou une série que tu voudrais citer pour mieux comprendre Kalika ? 

Je pense qu’il y a une série qui m’a grave influencée dans ma période adolescente et dans mon esthétique, au moment ou j’ai dû me construire. C’est la série Skins, ça m’a pas mal marquée. 

Quelle génération de Skins ? 

La deuxième génération, avec la saison trois et quatre. Avec Effy bien évidemment. Après, c’est pas elle en particulier qui m’a influencée, c’est surtout un mood global finalement. Effy, je suis plutôt amoureuse d’elle qu’autre chose… Mais oui, j’adore Skins, je trouve la réal de cette série super bien faite, c’est hyper juste. En parlant d’adolescence, je préfère largement cette série à Euphoria par exemple. 

Tu penses qu’Euphoria serait une version moderne de Skins avec plus de paillettes ?

Je la trouve fake un peu. C’est une série à l’américaine, qui veut se donner un genre trash, mais bon, je crois que je préfère le trash des Anglais.

Kalika prise en photo par Valentin Fabre
interview avec la chanteuse pop trash kalika, qui pose ici sur un rocher dans une tenue bariolée
Kalika © Valentin Fabre

Quand on commence à t’écouter et à découvrir ton univers, on voit une Kalika qui déborde de créativité et qui déborde sur pleins d’autres aspects. Tu pourrais nous en dire un peu plus sur tes projets annexes ? Que fais-tu, qu’est-ce qui t’intéresse, qu’aimerais-tu faire ? 

En fait je suis vraiment sur tous les fronts, je fais les storyboards de chaque clip par exemple. Je suis une grosse bosseuse, j’ai tout le temps plein plein d’idées, et si ça déborde, c’est surtout parce que je raconte beaucoup mes histoires dans mes chansons. Même s’il y a souvent un côté fun dans les prods, c’est pas forcément les histoires les plus funs que je raconte, c’est plutôt que ça me paraît urgent de les écrire et de les illustrer. C’est comme ça que je fais sortir ces histoires de moi. C’est pour cette raison que lorsque je fais mes chansons, j’écris mes textes, je fais mes visuels, je fais mes clips… Je co-réalise avec d’autres gens bien sûr, mais ça vient toujours de mes idées en premier, de mes histoires. Je sais comment les raconter, je les ai en tête. Il y a un truc hyper précis dans ma tête, c’est pour ça que je fais tout ça. Après, si un jour j’ai pas d’idées pour un clip (ça peut arriver, on sait jamais), je pourrais faire appel à d’autres personnes, mais pour l’instant, j’ai envie de continuer comme ça.

Du coup tu veux continuer de faire tout de A à Z au niveau des clips ? Ça te plaît ce domaine ?

Ouais j’adore ! En fait, j’ai été contactée par des boîtes de production pour vraiment faire de la réalisation pour d’autres gens, ça m’intéresse vachement. Mais pour l’instant, je suis dans une phase où je travaille énormément sur mon projet. C’est les débuts, c’est là que tu dois tout prouver en fait ! Tu dois tout donner, faut pas casser le rythme. Donc oui, la réal, c’est un truc à part entière que j’aimerais approfondir dans le futur. 

Kalika prise en photo par Valentin Fabre 
Kalika travaille sur tous ses clips et tous les aspects de sa créativité
Kalika, pour le tournage du clip “Chaudasse” © Valentin Fabre

Pour continuer à propos de ta créativité, quel rapport entretiens-tu avec cette dernière, est-ce que tu la provoques ou est-ce qu’elle vient à toi ? 

Ça vient, en général. C’est cool, mais un peu chiant, ça m’empêche de dormir parce que c’est souvent le soir. Quand je vais me coucher, évidemment, toutes les idées viennent d’un coup. Si je veux garder certaines de ces idées, je suis obligée de les saisir dans l’instant et de les noter. J’ai trop peur de tout oublier le lendemain. Après, je peux aussi provoquer ma créativité, quand je veux sortir de mes zones de confort. Ça peut prendre la forme d’exercices, si j’ai envie de proposer quelque chose d’un peu plus rythmique par exemple. Je trouve ça important de renouveler ses méthodes de composition pour pas tout le temps faire la même chose.

Quand on compose, on a tous un style qui revient souvent, et c’est cool, mais c’est tout aussi bien de vouloir faire autre chose. En général, je pars de la voix et une fois que je considère que j’ai une mélodie hyper solide qu’on pourrait écouter a cappella, sans rien autour, là je fais l’harmonie et je trouve les accords. Après avoir fait les accords au piano, je fais une pré-prod, avec des petits arrangements pour donner la couleur, ensuite le texte (sauf s’il vient avant tout ce procédé) avant de re-travailler l’ensemble avec Balthazar Picard (interprète d’Hector, Balthazar accompagne Kalika dans ses projets et sur scène ndlr). 

Kalika prise en photo par Valentin Fabre
pour son dernier ep Latcho Drom l'artiste reprend des chansons émouvantes et intimes tout comme des chansons énergiques
Kalika © Valentin Fabre

Lorsque tu as une idée, est-ce que tu as besoin de la finir avant de pouvoir passer à autre chose ?

J’aime bien commencer plein de choses et les finir au fur et à mesure. Le fait de commencer des trucs m’aide à terminer d’autres trucs que j’avais commencés avant. Je vois qu’il y a un peu deux écoles, j’ai des potes artistes qui ne peuvent pas passer à une autre chanson tant qu’ils n’ont pas fini celle qu’ils ont commencée, parce que c’est des gens très organisés. Moi, à côté, j’ai l’air bordélique, mais en fait, c’est mon organisation. Pour y prendre plaisir, je fais comme si c’était un jeu, j’ai besoin de juste laisser venir le truc vers un début de quelque chose, chanter dessus et après me dire “ok, c’est pas grave si j’ai pas fini”. Je reviendrai dessus plus tard, quand ce sera le bon moment. 

Comme pour beaucoup, je t’ai découverte avec ton single “L’été est mort”, il y a un an. Tu présentes dans ce titre une aventure qui te lasse avec Hector, on retrouve ce personnage dans ton dernier EP Latcho Drom. Ce lourdingue, est-ce qu’on va continuer de suivre son histoire ? 

Hector représente un peu l’amour sous toutes ses formes, pour l’instant j’en ai montré que certains aspects, mais je compte bien en montrer d’autres. Bien sûr, Hector va évoluer. Je sais pas encore si ça sera toujours Hector, mais j’aime bien qu’il soit interprété par Balthazar dans les clips. J’aime bien ça, on a une petite histoire qui évolue, tu peux faire du lien entre les titres et les clips. C’est comme un petit film

L’été est mort est souvent comprise de plusieurs façons. Moi, je l’ai rendue fun avec la prod, mais en vrai, cette chanson veut dire qu’il faut savoir dire adieu aux gens qui sont nocifs pour nous, tout simplement. Je l’ai rendue plus fun avec des punchlines un peu véners et pas cools, mais c’était pas vraiment méchant, c’est de l’humour. Cette chanson parle d’un vrai mec (qui ne s’appelle pas Hector pour le coup) qui m’avait réellement fait de la peine. Donc voici ma manière de dire au revoir. 

Kalika prise en photo par Valentin Fabre
elle regarde le spectateur frontalement
Kalika © Valentin Fabre

Dans tes autres chansons, tu transmets une énergie déjantée, une grosse dose d’humour et un kitsch à ta sauce. Pourtant, certains titres dénotent : “Dinosaure” et “Tu partiras quand même”, pour n’en citer que deux. Tu pourrais nous en dire un peu plus sur ces opposés qu’on trouve dans ton EP ?

Quand j’étais petite, j’écoutais énormément de chanson française. Dans ma famille, tout le monde en écoutait alors je pense que ça m’a influencé, même dans mes mélodies. Par exemple “L’été est mort” ou “Toujours les autres” en guitare-voix, c’est des mélodies qui pourraient être qualifiées de chanson française. Pour trouver la couleur de chaque chanson, c’est dans les prods que ça se départage. “Dinosaure” par exemple, si elle est en guitare-voix, c’est parce que j’essaie de m’adapter à l’histoire pour que ce soit le plus juste possible. C’était important pour moi que cette chanson laisse la place à l’histoire.

L’EP, c’est une palette de couleurs, je voulais montrer que je n’étais pas qu’une chanteuse vénère, c’est pas non plus que de la chanson française. Je peux être plein de choses, ce projet, c’est moi ; à partir de là, c’est un projet qui rassemble plein d’émotions différentes. Vu que je ne raconte pas toujours les mêmes choses, je peux pas non plus les exprimer de la même manière, il faut que tout ça se suive et se différencie. 

Kalika prise en photo par Valentin Fabre avec une crête gravissant les marches
Kalika © Valentin Fabre

Que nous prépares-tu pour la suite ? 

Bien des surprises ! Je prépare un album de guerrière. Un album-pansement. Beaucoup d’émotions différentes encore une fois… 

C’est un peu comme une école pour moi l’album, pour apprendre à gérer toutes mes émotions et les histoires que j’ai pu vivre. Dans l’EP, j’avais raconté mes histoires, mais aussi les histoires de fans, j’ai un peu tout mélangé. “Toujours les autres” et “Dinosaure”, c’est des histoires croisées avec des fans par exemple. L’album sera davantage autobiographique. Je vais essayer de raconter d’autres choses. Ça sera engagé, sur d’autres aspects. Jusque-là, j’étais face à l’urgence d’exprimer tout ce que je gardais en moi depuis tout ce temps, mais maintenant j’ai envie de faire autre chose. Il y aura un titre en mode thriller, vous verrez !

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