Illustrateur, graphiste, designer, directeur artistique. Julien n’a que 28 ans, mais il possède le CV d’une personne de 30 ans de plus. Après avoir étudié à l’École supérieure d’arts graphiques Penninghen à Paris, ce petit génie a travaillé auprès de grands designers et est parvenu à se frayer un chemin pour enfin s’imposer comme une référence. De nature plutôt discrète, Julien n’accepte que très peu d’interviews. Mais pour Beware, il  fait une exception..

 

 

 

Bonjour Julien.

Je n’ai trouvé aucune interview de vous sur le web, est-ce par ce vous n’en voulez pas ou bien parce que personne n’ose vous le demander ?

 Ça arrive à l’occasion que je réponde à des interviews pour des magazines. Cependant ceux-ci sont principalement anglophones. Peut-être les cachent-ils dans les recoins de leurs sites web pour cacher mon anglais écrit qui doit comporter quelques erreurs !

 

 

Vous êtes aujourd’hui l’un des designers graphique les plus en vue.
Petit, vous vous imaginiez comme ça à 30 ans ?

 Non, pas du tout. J’ai suivi le parcours qui m’intéressait le plus sans vraiment penser à où cela m’amènerait. Je me considère très privilégié de travailler sur autant de projets intéressants et des opportunités qui me sont offertes.

 

Vous êtes né à Gatineau, vous vivez à Montréal. Avez-vous déjà imaginé vivre en dehors du Canada ?

 Oui j’aime bien voyagé. J’ai habité quelques mois à Paris et ensuite à Berlin. J’aime bien me déstabiliser et je trouve que les voyages sont de très bons moyens. Cependant je suis toujours content de revenir chez moi à Montréal.

 

 

Parlons maintenant de votre travail. Vous avez su profiter des nouvelles technologies pour créer un tout nouveau concept artistique qui allie le numérique avec le tangible. Comment réussissez-vous aussi bien à fusionner deux choses à la base si contradictoires ?

 Le tangible nous permet de travailler sur plusieurs facettes, dont la texture et le vrai 3D. Je trouve que ça crée une connexion avec la personne qui regarde. De leur côté les technologies nous offrent la possibilité de créer une image sans se soucier si c’est réaliste ou non mais je trouve que ça devient également facile de passer des heures interminables en avant de l’écran. L’ordinateur n’est pour moi qu’un outil parmi d’autres qui me permet d’améliorer et de manipuler des éléments de la composition et parfois d’en créer. Bref j’aime le contraste que crée le mélange de ces deux techniques.

 

Il est parfois difficile de faire une véritable distinction entre le design et l’illustration, et particulièrement dans vos travaux. Est-ce que vous vous considérez plutôt comme un designer, un illustrateur, ou vous ne faites pas de différence ?

 J’ai un background et une approche graphique très prononcé et je crois qu’il est très présent dans mon style d’illustration. J’aime bien le multimédia, mélange des genres, des médiums. Considérant cela, je ne crois pas qu’il y ait une distinction entre le designer et l’illustrateur dans mon cas.

 

 

Vos œuvres sont toujours très colorées, mais souvent complexes. Peut-on dire qu’elles sont le reflet de votre personnalité ?

 Haha, au niveau de la complexité, je ne crois pas qu’elles me représentent bien. Je suis une personne très simple et pas du tout complexe. Les couleurs peut-être un peu plus. Je suis assez jovial et la majorité du temps de bonne humeur. Je suppose que ça se reflète dans mes travaux. Cependant je crois que le choix des couleurs est propre à chaque projet. Elles peuvent embellir une œuvre mais aussi ne pas être appropriées pour une autre.

 

Il est clair qu’en regardant vos travaux, on perçoit une inspiration débordante. Dans quoi puisez-vous votre créativité ?

 Je suis inspiré par l’instabilité. J’aime essayer de nouvelles choses, visiter de nouveaux endroits et me trouver dans des situations inconnues ; j’essaye d’éviter la zone de confort. Sinon je crois que c’est important de garder son esprit créatif ouvert, peu importe où on se trouve. C’est bon pour le travail mais ça nous permet aussi de tirer le maximum de ce qui nous entoure.

 

Qu’elle est votre définition de l’art ?

 Une interprétation personnelle basée sur nos expériences antérieures et notre état d’être actuel.

 

Comme tout artiste qui se respecte, j’imagine que vous devez avoir un caractère sensible … Donnez moi un titre de chanson qui a bouleversé votre vie ? Un film ?

 Bien que je sois un passionné de musique, aucun titre ne me vient en ce moment. Cependant, plusieurs films m’ont inspiré. S’il ne faut donner qu’un titre, je dirais Beautiful Losers (2008) de Aaron Rose et Joshua Leonard.

 

 Que pensez-vous de Beware ? 

 Je dois vous avouer que je ne connaissais pas mais qu’il s’est retrouvé dans mes favoris. Sans mentir. J’aime le fait que Beware aborde plusieurs facettes de l’art, des tendances et du urban en gardant un visuel clean et de superbes images. 

 

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité des travaux de Julien Vallée sur son site officiel : www.jvallee.com