Joanne Radao

Rencontre avec Joanne Radao

Image d'avatar de EmmaEmma - Le 13 octobre 2023

De ses racines malgaches, Joanne Radao en garde une source d’inspiration inépuisable, en même temps qu’un sentiment de détachement parfois difficile à porter. C’est pourtant à ses dernières qu’elle a voulu rendre hommage, à travers son album, Fety, composé de cinq titres chantés en anglais, en français, parfois ponctués d’interludes en Malagasy.

Véritable hymne à la joie des temps modernes Fety est enregistré entre Paris et Bruxelles et porte en lui l’essence du multiculturaliste, ainsi que celle de la quête de soi, tant sur le plan humain que d’un point de vue artistique.

Alliant les mélodies propres aux musiques traditionnelles malgaches à des rythmes afrobeat teintés de nuances électropop, ce nouvel opus s’inscrit dans la lignée philosophique et créative d’artistes que Joanne a admirée, et parfois cotoyé(e)s.

Rencontre avec Joanne Radao, une artiste Solaire.

Sur ton feed Instagram, il y a de nombreuses photos où on te voit accompagnée de guitaristes et de guitares mais tu as débuté ta formation musicale en apprenant le piano, me semble-t-il ?

Exact ! Ce sont mes parents qui ont choisi l’instrument pour moi (rires), en m’inscrivant à des cours d’éveil musical. Il m’a accompagné longtemps, et aujourd’hui encore il m’est indispensable pour composer, même s’il m’accompagne de moins en moins souvent sur scène tant pour des questions logistiques que par des préoccupations personnelles. Je pense que je me suis longtemps cachée derrière lui, puis j’ai eu envie d’occuper pleinement le devant de la scène, au sens propre du terme raison pour laquelle je privilégie la guitare…

Tu as fait la première partie d’artistes dont les causes que portent les chansons sont actuelles et très engagées, je pense notamment à Fatoumata Diawara qui lutte contre l’excision etc… Est-ce que le terme d’artiste engagée, utilisé à bon escient te semble être juste pour te définir, entre autres ?

Émilie Sandé et Fatoumata Diawara sont pour moi deux femmes qui ont ouvert la voie, et ont contribué à lever le voile sur des sujets qui sont encore tabous.

Il y a une anecdote que j’aimerais partager, car pour moi elle signifie beaucoup. J’ai effectivement fait la première partie de Fatoumata Diawara, et lorsque nous nous sommes retrouvées toutes les deux dans les loges elle m’a regardée et a dit “toi et moi, nous sommes des survivantes”. Ces paroles ont eu un écho particulier en moi, non seulement en tant que femme mais aussi, et tout simplement en tant que personne. Je pense qu’être artiste c’est essayer de véhiculer un message qui très souvent trouve une résonance particulière chez beaucoup de personnes. En quelque sorte, c’est effectivement être engagé…

Ta live session, Cities are burning, est sortie il y a quelques jours. Pourrais-tu m’en parler ?

Justement, je pense que c’est mon morceau le plus engagé (rires).

Je l’ai écrit durant le confinement, et comme beaucoup de personnes je m’interrogeais sur le nouveau monde. Fallait-il le fuir, ou faire preuve de résilience et accepter que les événements les choses en l’état.

C’est ce qu’illustre l’image : on y voit une image satellite de la terre, ponctuée de foyers d’incendies.

C’est un titre qui fait partie de ton dernier album, Fety. Tu y chantes à la fois en français, en anglais et glisses des interludes en Malagasy. Le choix de la langue pour toi, intervient par rapport à une question de rythme, de pudeur, ou les deux ?

J’ai mis un certain temps avant de m’autoriser à écrire et à chanter en français. C’est une langue qui m’a toujours impressionnée, tant par sa sonorité que par sa diversité.

Les trois langues sont travaillées en fonction de leurs forces mélodiques et rythmiques. Je prête une attention particulière à la musicalité et aux mélodies de chacune.

C’est aussi une façon de mettre en scène mes expériences, mes émotions de la manière la plus juste qui soit. Chacune de ces langues met en scène un personnage différent.

« Salé, Sucré je ne sais plus, je dois souffler, le soleil m’a fanée » : Je trouve cette phrase et son double sens très beau, poétique. Je me demandais si tu lisais beaucoup de poèmes ?

J’ai en effet lu beaucoup d’auteurs romantiques, tels que Baudelaire, je suis une fan de Gainsbourg dont j’aime beaucoup l’écriture et l’auto critique permanente.

Cependant, mes principales sources d’inspirations pour l’écriture sont la lecture, les séries, les films… mais aussi mon quotidien c’est-à-dire mes voyages, mes rencontres, les événements qui rythment ma vie en somme.

Tu parles très bien de ce sentiment de détachement dans ta chanson Diego Suarez, que tu as d’ailleurs eu l’occasion d’interpréter sur les toits du théâtre du Chatelet. Cela a dû être une expérience incroyable ?

Belle surprise et belle aventure. Théâtre que j’apprécie beaucoup. Je vais souvent voir des spectacles là-bas.

Un peu un côté « image parisienne » des toits.

Quels sont tes futurs projets ?

Je vais continuer à travailler aussi dur que les années précédentes, plusieurs opportunités se sont présentées à moi récemment. J’ai envie d’expérimenter beaucoup de choses en termes de création, et je pense que Fety marque le début d’une grande aventure palpitante.

Ton album en un mot ?

Fête !


Photo de couverture : Laura Gilli

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Emma
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