Joachim Pastor, N’to, Worakls et Stereoclip se connaissent depuis longtemps. Ensemble ils forment Hungry Music, un label synonyme de liberté artistique pour eux, mais surtout une aventure de potes. Cette aventure, elle dure depuis 5 ans, et pour l’occasion, les 3 fondateurs – et producteurs – ont fait une tournée anniversaire avec pour ultime étape, la mythique salle de l’Olympia, accompagnés de leur comparse Stereoclip.

On est allés les voir pour discuter avec eux quelques heures avant le show.

  • Salut les gars, ravi de vous rencontrer ! Alors, chauds pour ce soir ?

Worakls : Ouais, l’excitation commence à monter.

N’to : L’Olympia, mine de rien, c’est un peu plus stressant que les autres salles.

  • Un peu plus de prestige ?

N’to : Oui c’est sûr ! On a fait de gros festivals cet été mais là, c’est autre chose.

Worakls : Y’a peu de choses qui se situent entre un gros festival et une salle comme l’Olympia, ça paraît très très haut comme truc.

Joachim Pastor : Et il faut la remplir cette salle, c’est ça la difficulté aussi !

  • Comme un Zénith ?

Worakls : Non, un Zénith y’en a dans toutes les grandes villes, là c’est unique comme salle !

Joachim Pastor : C’est pas la plus grande, mais elle a une âme, en tant que musicien ça fait quelque chose.

N’to : La première fois ça m’avait fait un truc, je me rappelle

Worakls : Oui je me souviens de ce que ça t’a fait (rires)

  • Revenons un peu sur le label, puisqu’on fête ses 5 ans. Il y’avait quoi entre vous avant tout ça ?

Worakls : Ça a commencé quand on s’est rencontré avec N’to, et on a travaillé ensemble deux trois ans avant de monter le label, et Joachim est arrivé exactement à ce moment-là donc on l’a monté à trois. Et deux ans après, Max (Stereoclip) est arrivé à son tour.

Stereoclip : C’est ça. On se voyait souvent, donc je les ai rejoints.

N’to : Mais avant on avait tous déjà entamé nos carrières.

  • Si vous étiez lancés, pourquoi avoir choisi de créer un label ?

Joachim Pastor : Ben comme l’a dit N’to, avant de créer le label on avait déjà tous sorti des trucs, on avait déjà des dates, et tout. Mais quand tu publies sur un label qui n’est pas le tien, y’a toujours la direction artistique de ce label qui va intervenir. On va te dire « ouais c’est cool mais c’est pas assez comme-ci, ou trop comme ça » et tu vas devoir adapter ta musique. On en a eu marre de ça, et on a créé le label pour s’affranchir de ce genre de règles. C’est notre label et on fait ce qu’on veut, sans l’influence d’une direction artistique extérieure.

  • Pour le moment vous êtes tous les quatre. Vous avez envie de le faire grandir ?

Worakls : Sur le principe oui, mais on veut pas que ça devienne une usine. Le label n’est ni ouvert, ni fermé en fait. Pour l’instant c’est une formule qui marche et ça reste très familial et amical. On prend notre temps pour trouver les artistes avec qui on s’entend aussi bien musicalement que humainement. Ça nous permet de faire des tournées ensemble, ce que d’autres labels plus gros ne peuvent pas forcément faire.

N’to : Souvent les artistes des labels plus gros se retrouvent plutôt pour des showcases ou ce genre d’événements.

Worakls : Mais on reçoit beaucoup de démos, donc on a l’occasion d’explorer le sujet. On veut aussi que chacun des membres ai sa patte. C’est par exemple pour ça que Maxime (Stereoclip) est venu avec nous : il s’agissait pas d’une seconde version de l’un de nous trois, c’est Max, il avait ses idées, ses influences, son style…

Stereoclip : Tu vois, ma première sortie ça a mis beaucoup de temps. Ça a d’abord marché humainement et ensuite on a beaucoup travaillé sur le musical pour que je puisse me trouver vraiment.

Worakls : Et ça faisait aussi un moment qu’on l’écoutait.

  • Pour cette tournée, Hungry Music est un groupe. C’est venu comment ?

N’to : C’était vraiment pour marquer le coup des 5 ans. C’est une sorte de rétrospective où on montre sur scène ce qui a fait les 5 dernières années pour nous. Ceci dit, ce n’est pas notre vocation première.

  • Ça a fait naître une volonté continuer sur ce format ?

N’to : Plutôt une volonté de continuer dans nos univers respectifs en fait. Je pense que ça reste ponctuel.

Joachim Pastor : A mon avis si on faisait un groupe en se disant qu’on va mélanger nos univers, ça perdrait toute sa saveur.

Worakls : Ou alors il faudrait refaire des morceaux à trois et se créer une nouvelle identité musicale, au lieu de jouer les meilleurs titres du label qu’on a composé individuellement. Y’a énormément de choix à faire pour un seul morceau : quels sons t’utilises, quel groove, quel tempo, tout ça… C’est déjà compliqué tout seul, alors à deux ou plus ce serait le bordel.

Stereoclip : Et comme le disait N’to, quand tu fais un projet comme cette tournée, tout l’énergie et l’inspiration qui en ressort, t’as envie de la réinjecter dans ton travail perso en fait. Dès que je suis en studio avec quelqu’un d’autre ça m’inspire directement pour ce que je pourrais faire seul par la suite.

  • Y’a eu des frictions entre vous sur la tournée ?

Worakls : Non pas du tout ! Justement parce qu’on voit ça comme un bonus, sans prétention. C’était juste la célébration des 5 ans ensemble.

Joachim Pastor : Le fait d’avoir fait plusieurs stands sur scène, sur lesquels on tourne pendant le concert, ça crée une prise de risque en fait. Moi je suis guitariste mais par moment je vais me poser sur un synthé, alors que c’est pas du tout mon instrument de prédilection. Le fait de partager nos instruments comme ça, au contraire, ça nous pousse à prendre le truc à la cool.

Stereoclip : Mais il le fait quand même bien ! (rires)

  • Y’a plus de choses qui vous rapproche que de choses qui vous divise.

Tous ensemble : Ouais c’est clair.

Hungry 5

  • Combien de shows au compteur pour Hungry Music ?

N’to : Oula ! Ça commence à faire beaucoup…

Joachim Pastor : Pas loin de 700 je crois !

  • Ça fait un sacré chemin quand vous regardez en arrière !

N’to : C’est de moins en moins palpable !

Worakls : En fait tu rentres dans un genre de routine ou t’as des hauts et des bas, petits ou grands, mais c’est super difficile de réaliser, ça va beaucoup trop vite.

N’to : Mais en même temps, parfois tu te poses, t’y réfléchis, et là tu le vois le chemin. C’est dingue.

Joachim Pastor : Y a trois ans on t’aurait dit « tu vas faire ça », ça t’aurait paru ouf ! Mais quand tu le vis, non seulement t’es dedans, mais en plus tu penses déjà à la suite.

  • Y’a quand même des événements marquants… Premier show, première track qui a marché…

Joachim Pastor : Ouais, y’a des étapes.

Worakls : Pour reprendre ton exemple, tu fais un morceau qui marche, ok. Mais t’en a pas qu’un seul qui marche. Et nous on fait pas de la pop : pour ce genre d’artistes, ton premier morceau qui passe à la radio, ouais là, tu t’en rappelles comme ton décollage. En ce qui nous concerne c’est beaucoup plus diffus, les fruits de nos premiers morceaux qui ont bien marché sur la scène electro, on les récolte encore aujourd’hui.

Joachim Pastor : Y’a pas UN hit pour nous.

Stereoclip : Au début tu fais des petites choses que tu vois en grand, et plus t’avances plus ça se fait détail par détail. En réalité c’est pas moins important, mais tu vois moins la différence. Tant que ça monte…

  • Jusqu’à maintenant c’était quoi le plus beau show de la tournée Hungry 5 ?

N’to : Pour moi c’était Dour.

Joachim Pastor : Ah, ouais, ouais, ouais, carrément !

Worakls : Le public était ouf ! Après beaucoup étaient top ! Les Vieilles Charrues, Solidays, Paleo… Mais c’est vrai que Dour… C’était le jour de la finale de la coupe du monde. On a regardé la finale à Lille, on a pris la route pour la Belgique, et juste avant de monter sur scène on s’est dit « les gars vous êtes chauds, on joue Gloria Gaynor ? ». Alors on a regardé les accords très vite fait, on a essayé d’imaginer un beat à mettre par-dessus, vraiment à l’arrache en 5 minutes… Et là on monte sur scène en pression, sans même savoir si on se rappelle bien des notes. On commence à jouer, et là…. Des drapeaux français qui se lèvent de tous les côtés, des fleurs de lys, les gens étaient fous ! Bien sur ils ont chanté avec nous, et c’était inoubliable !

  • La question à la con : c’est quoi votre petit pêcher mignon musical ? Le morceau que vous kiffez, mais vous en avez un peu honte !

Worakls : Je pense que je suis plutôt fier de tout ce que j’écoute perso !

Joachim Pastor : Ouais, moi aussi

N’to : Moi non ! Y’a un morceau qui me poursuit… C’est Life, de Des’ree. Je l’ai dans la tête au moins une fois par semaine, alors que c’est une merde infâme, et je sais pas pourquoi. En réalité je l’aime pas mais par la force des choses je le chantonne tout le temps…

Stereoclip : Non, je sais pas… Après y’a des trucs « de merde » mais que j’adore quoi…

  • Ah on y vient ! On parle de ça justement !

Joachim Pastor : Moi j’écoute de l’Eurodance et je trouve ça cool, j’en suis fier !

Stereoclip : Moi j’adore Calvin Harris.

N’to : Oh ça va Calvin Harris !

Worakls : C’est un peu de la soupe quand même ! Moi j’écoute des trucs style Pocahontas, le Roi Lion, tout ça… Les gars L’histoire De La Vie, y a des groupes qui reprennent ça, ils font un travail incroyable ! Disney c’est cool !

  • Qu’est-ce qu’on vous souhaite pour les 10 ans ?

Worakls : Jouer sur Jupiter ! (rires)

N’to : Avec des scaphandres !

Joachim Pastor : Ben tu peux nous souhaiter de les fêter !

  • Merci beaucoup les gars !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.