À la rencontre de Grand Blanc

Tel un puzzle, Grand Blanc rassemble paisiblement les pièces volatiles et sonorités de ce second album. Rencontre avec Vincent, Camille, Benoit et Luc sur les hauteurs de Ménilmontant.

Grand Blanc

Grand Blanc résonne comme une évasion voire une immensité. Quelle est l’histoire du nom de votre groupe ?

Benoit : Nous avons recherché plusieurs noms et Grand Blanc est survenu. Justement tu parles d’espace et de largeur c’est ce que nous souhaitions. Grand Blanc nous semblait ouvert ce qui permet une libre interprétation. En ce qui nous concerne, nous verrons au cours du temps et surtout à la fin de notre carrière la finalité de cette signification.

Comment pourriez-vous décrire le chemin parcouru depuis la sortie de votre premier album intitulé Mémoires Vives en 2016 ?

Luc: Une fois notre premier album terminé, nous sommes partis en tournée. Jouer ces compositions sur scène nous a réellement donné envie de mettre nos ordinateurs de côté pour valoriser la partie instrumentale. Pour composer ce second album, nous nous sommes retrouvés dans une maison et nous avons ressortis nos instruments. Les mélodies sont vivantes, brutes et moins froides que celles du premier album. Toute cette nouvelle impulsion provient de la période de tournée.

Benoit: Finalement, nous n’avons pas eu quinze groupes avant de partir en tournée, tout était nouveau pour nous. Au fur et à mesure, nous nous sommes formés et nous avons appris. Tout ce que nous voulions faire se retrouve dans ce second album.Grand Blanc

Ailleurs dessine les désillusions de notre époque mais sans noirceur. Que souhaitiez-vous transmettre à travers cette composition?

Luc: Effectivement, Ailleurs est un morceau contemplatif voire vaporeux qui pointe les désillusions de notre époque. Cependant, nous ne percevons pas ces désillusions comme une fatalité. Tout ne doit pas systématiquement être noir, la vision évolue mais les choses peuvent rester belles. Ailleurs est un message d’espoir.

Camille: Je dirais que c’est une échappatoire, une fuite non négative mais positive. Parfois, nous sommes lasses de notre semaine et nous sortons pour nous aérer. Sortir est un exutoire tout comme la musique. Faire abstraction de la réalité et se perdre est une belle chose.

Enregistrer un morceau d’une durée de 9 minutes était une démarche réfléchie ou spontanée ?

Benoit: Disons que le concept était spontané mais la réalisation moins, un format de neuf minutes ne s’improvise pas réellement.

Luc: Nous aurions pu présenter un format de trois minutes ou bien la couper en plusieurs parties mais nous voulions faire de la musique et penser à la musique uniquement. Ailleurs prenait tout son sens avec ce format de neuf minutes.Grand Blanc

Quel est votre attachement au quartier de Belleville ?

Benoit: Je dirais que c’est un attachement récent. Aucun de nous n’habite ce quartier, nous ne sommes pas loin donc nous venons souvent. L’atmosphère est chaleureuse et conviviale, Belleville est un quartier vivant. De belles choses se passent dans cet endroit et comme nous aimons décrire les paysages urbains, il s’agissait d’une forme d’évidence.  Auparavant, nous le faisions avec davantage de noirceur mais désormais nous ne résidons plus dans notre région natale. Nous voulions parler de Paris, Belleville est un commencement.

Luc: Au début, nous voulions filmer une descente en haut des Buttes Chaumont mais cela aurait demandé une certaine technicité. Comme le texte est impressionniste et parle de la richesse du quartier de Belleville nous avons rejeté toute forme de narration. Nous avons donc privilégié une certaine errance.

Avez-vous terminé l’enregistrement de votre prochain album ?

Luc: Après un an de travail, nous venons de terminer ce processus, oui. Nous avons commencé derrière nos ordinateurs dans la maison de campagne de Vincent. Après, nous sommes restés en Normandie avec notre réalisateur où nous avons produit une trentaine de maquettes. En revenant à Paris nous avons trié ces morceaux pour les assembler et en sélectionner une quinzaine. Passer plusieurs mois en studio à douter, abandonner, reprendre et améliorer.

Benoit: La question de la cohérence et de l’ensemble se posait également. Nous produisons un album et le travail d’un morceau précise la direction des autres morceaux. L’entité doit avoir du sens. En tout, il nous aura fallu six mois d’écriture et six mois d’enregistrement.

Grand Blanc

Est-ce qu’un morceau a donné une certaine impulsion à l’album ?

Benoit: Vincent nous a présenté des sonorités hip hop issues des années 90. Cette base nous a inspiré pour composer un morceau qui sera présent au sein de l’album. Selon moi, la scène hip hop contemporaine est davantage dynamique que le rock. C’était une phase d’expérimentation, nous ne sommes pas fermés. La direction était la diversité, nous avons simplement branché nos instruments et nous nous sommes laissés porter.

Camille : On a commencé à chanter sur la partie instrumentale pour voir ce que cela donnerait. Nous avons produit des musiques qui sonnaient comme du reggae mais nous les avons abandonnés. Nous n’avons pas eu de limite pour composer.

Soundcloud

Leur prochain concert à la Cigale

Crédits photos: Inès Boulous

 

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