Interview de Skence : Mon dernier album est un travail introspectif

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Skence au Mellotron – 18/12/15 / Crédit photo: Basti1edou

Tu viens de finir ton set au Mellotron, en une heure on a reconnu des sons qui ne sont pas forcément les tiens, est-ce quelque chose que tu fais souvent ?


C’est assez récent, avant je jouais uniquement mes sons mais j’ai remarqué qu’il manquait quelque chose de pertinent. Lorsque tu joues tu sais si tel morceau ou tel morceau est joué au bon moment. Du coup je me suis mis à jouer des morceaux des autres.

Pour moi, ton pseudo évoque plus un artiste aux sonorités assez rudes comme de la techno. Alors, qui es-tu Skence ?

Ouh putain c’est dur comme question (rires)! Je suis un beat-maker qui vient du hip-hop et qui aime bien s’aventurer dans tout ce qui est musique électronique. Il peut y avoir des moments “boum-boum” dans certains de mes sets, pour moi si c’est pertinent à “l’instant T” de passer tel morceau c’est bon. Mon humeur influence mes sets aussi.

Avant ton album, Home, il y avait l’EP Voyager, pourquoi as-tu voulu rentrer à la maison ?

Ce n’est pas du tout les mêmes projets déjà. Home était un travail introspectif pour me trouver musicalement parlant et Voyager c’est un peu plus “détente” et puis c’était plus facile à faire, rien que sur le format puisque c’est un maxi.

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On a l’impression que tu essayes de raconter une histoire par le biais d’émotions que tu souhaiterais faire ressentir aux personnes qui écoutent ton album ? J’avoue avoir été angoissé par « Perorus » mais vachement enjoué par « Ad Lib » par exemple. 

Je vois Home comme un voyage dans mon esprit, la manière dont je vois la musique électronique en 2015. J’aimerai laisser les gens libres de ressentir ce qu’ils veulent, c’est pour ça qu’il n’y a pas forcément de direction. La seule indication serait de “guider l’auditeur pour qu’il aille en lui même” tu vois. Que mon voyage introspectif devienne aussi le sien. Mais pas en utilisant que des sons ambiants, en rajoutant aussi des sons un peu plus pêchu.

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Pour cet album, la guitare est beaucoup moins présente que dans ton ancien EP, du coup tu peux nous dire avec quoi tu composes ?

Abbleton surtout !

Donc tu te revendiques de cette génération de musiciens qui, sans avoir eu d’apprentissage musical, produisent de la musique ? 

Alors oui à fond, à 100%. Je ne sais pas si cette génération perdurera mais là pour cet album et pour 2015, la meilleur façon de m’exprimer était ce mode composition.

On sent une base hip-hop dans beaucoup de tes sons, tu le revendiques d’ailleurs, tu peux nous donner ton meilleur album hip-hop 2015? Et même ton meilleur album de tout les temps ?

Vu que Home était assez introspectif, j’ai évité d’écouter d’autres trucs, je n’étais même pas ouvert pour écouter d’autres choses. Je ne tenais pas à me faire influencer pour mon album. Ce projet je l’ai même fini avant Voyager donc ça fait un moment ! Donc je vais avoir un peu de mal à répondre à ta question, l’album est terminé alors il va falloir que je me rattrape (rires).

Ton aventure musicale tu l’as débuté seul, désormais tu fais partie de Nowadays Records, pourquoi avoir décidé de contacter ce label plutôt qu’un autre ?

Par pur hasard, au début il y a eu une rencontre, j’avais de l’ambition pour ce projet et les mecs étaient cool alors j’ai signé (rires). J’aimerai bien collaborer avec Unno (membres du label). J’ai déjà eu des expériences de collaboration avec un autre beatmaker québécois qui s’appelle Mister Moods. J’aimerai bien retenter.

Qu’est ce qu’on pourrait te souhaiter pour 2016 ?

“Bon courage” (rires)

Merci à Skence
Home – toujours disponible sur Nowadays Records

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