[Interview] À la découverte d’un rap détonnant avec le collectif Deform Scan

Avez-vous déjà entendu parler d’un jeune rappeur dénommé Nelson ? Beware vous le fait découvrir aujourd’hui.
En début d’année, il sortait son premier clip intitulé “Deform Scan” sur la plateforme YouTube. Un son de plus de 4 minutes qui se fait autant remarquer par sa mise en scène singulière que par ses sonorités urbaines. Un projet imaginé et crée par Nelson lui-même et par ses deux acolytes, Octave Lauret et Vladimir Kritchesky. Ces 3 jeunes artistes et amis aux horizons différents mêlent écritures lyriques, scénographies subversives ou encore projet musical ambitieux dans ce qui constitue une première expérience commune et artistique. Ce trio est complété par le talent de Vladimir, qui assure le rôle de réalisateur musicale.

Nous sommes allés à la rencontre d’un des membres du trio, Octave, réalisateur, directeur artistique dans ce qui apparaît comme une véritable révolution visuelle. Un clip à l’univers acide et décalé qui combine des tableaux tour à tour répugnants, somptueux mais surtout déroutants. C’est donc une création qui tranche radicalement avec les codes visuels des nombreux clips postés et multidiffusés dans la sphère médiatique. On y retrouve 3 tableaux distincts qui s’enchainent à une vitesse vertigineuse dans des décors à la fois familiers et totalement psychédéliques et ce sous le prisme d’une Médusa des temps modernes interprétée par la surprenante Cyrielle Clair. Une véritable odyssée libertaire où une multitude de personnages se révèlent et dévoilent leurs facettes grâce au puissant faisceau du « Deform Scan ». Un Onirisme empreint d’excès qui entraine le spectateur dans une épopée perchée. Une entrevue qui permet dès lors de saisir l’ambition d’un jeune collectif souhaitant changer les codes du rap en unissant les sphères de visuels enivrants.

B : « Comment a commencé le projet et ta collaboration avec Nelson et Vladimir ? »
Octave : « C’est Nelson qui est venu me voir lui-même avec son rap et voulait que l’on collabore avec des univers différents qui se rencontrent. L’idée n’était pas d’illustrer le son mais de capter l’émotion qui s’en dégage et de la retranscrire. On a là deux univers qui s’entrechoquent. C’est pour ça que l’on a là une vraie décorrélation entre le son et l’univers du clip. Vlad nous a beaucoup aidé à lier nos deux univers afin de créer une complémentarité. »

B : « Depuis quand connais-tu Nelson et Vladimir ? »

Octave : « Nous nous sommes rencontrés sur les bancs de l’école primaire. Vlad et Nelson se sont rencontrés au sein des cours Florent. »

B : « Le son est complètement aux antipodes de la transposition via le clip. De ce constat, quel a été le pont entre les deux ? »

Octave : « Il ne s’agit pas d’une interprétation au premier degré de la musique. Il s’agit vraiment de capter de manière globale ce que génère la musique et d’en faire un élixir. Mon élixir. Cela étant, le clip a été composé d’après la musique. En effet, j’ai beaucoup d’idées à exprimer mais celles-ci ont été complètement refaçonnées par le biais de la musique. L’interprétation du clip n’est donc pas premier degré mais d’un degré beaucoup plus imagé. Beaucoup moins terre à terre, rationnel. »

B : « Malgré ça, certaines paroles t’ont inspiré, ont suscité chez toi des transpositions ? »

Octave : « Oui complètement. J’ai injecté dans les tableaux qu’il dresse des morceaux de moi afin de pouvoir faire une vraie collaboration. »

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Deform Scan @cy.clair ( lien dans la bio )

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B : « D’où venez-vous ? Quels sont vos précédents projets ? »

Octave : « Initialement, je suis artiste, directeur artistique en agence. Nelson, lui est comédien, s’est exercé au CNSAD (conservatoire) et rappe par passion. Vladimir compose des mélodies grâce à ses talents de musicien. Tous les trois, nous avons décidé d’unir nos compétences pour en faire une passion commune et avoir un projet renforcé par ces talents distincts. »

B : « C’est aussi ton vécu, l’expérience des soirées parisiennes qui t’ont inspiré ? »

Octave : « Oui je pense que pour concevoir le clip, j’ai épongé ce que j’ai vécu mais pas au travers de la manière caricaturale dont on conçoit la fête d’aujourd’hui. Les raves, les drogues, avec une espèce de connotation très malsaine, déformée et finalement irréelle. Donc je voulais avoir une approche beaucoup plus neutre, réaliste mêlée 00à de « l’underground onirique ». Avec des teintes complètement détournées, d’où le titre du clip, « Deform Scan ». Mais le « Deform scan » c’est aussi, la chute des trois tableaux complètement surréalistes : la rave avec la mère nourricière les trois tubes sur elle, le terrain de tennis avec l’espèce de divinité complètement et ses proéminences musculaires de partout et l’excès de stéroïdes. Enfin la cheffe d’entreprise, complètement uniforme et dans les codes du capitalisme vivant sa pseudo réussite sociale. »

B : « Et quelles sont tes inspirations ? »

Octave : « Bien sur ma vie. Mais aussi quelques artistes tels que Jérôme Bosch, toute la vague des surréalistes comme Dali, Max Ernst mais aussi pleins de références plus actuelles comme les studios Quatre degrés. »

B : « Quelle est la suite ? »

Octave : « Nous allons sortir le « Deform Scan Partie II », qui sera intégré dans un album de près de 8 titres. Nous réaliserons au moins 3 clips où l’on vous promet de nouveaux personnages, de nouvelles scénographies mais aussi une véritable ode à la démence et à toutes les sciences occultes tels que la tarologie. Une suite des plus prometteuses et qui devrait enchanter la scène du rap en la rentrée de septembre 2020. »

Suivez la suite des projets du Deform Scan via les comptes Instagram de Nelson, Octave et Vlad !