Immersion en transnistrie, un pays qui n'existe pas 1

Immersion en transnistrie, un pays qui n’existe pas

Sur un malentendu, on aurait pu penser que son nom était une blague pour dénoncer les clichés « éthyliques » de sa région natale, mais Anton Polyakov est bel et bien réel, tout comme l’univers qu’il photographie et qui nous parait hors du temps. 

Anton Polyakov

La Transnistrie, vous connaissez ? À moins d’avoir un diplôme en géographie comme lui, non. Et vous vous direz surement que c’est (encore) une blague et que ça commence à faire beaucoup.
De notre côté, on a d’abord pensé que c’était un dyslexique qui avait un problème avec le mot « Transylvanie », mais on s’est vite rendu compte que cette petite région à cheval entre la Moldavie et l’Ukraine n’était vraiment pas comme les autres.

À travers son objectif, Anton Polyakov nous fait partager des moments de vie insolites. Non pas parce qu’ils sont loufoques ou qu’ils sont le témoignage de la bêtise humaine… mais bien parce qu’ils nous perdent dans les couloirs du temps.
À première vue, on se dit que ces photos ont été prises durant l’ère soviétique et que ce sont d’énièmes images qui paraitraient bien dans un livre d’Histoire niveau collège.
Sauf que les scènes se passent au 21e siècle.

Anton Polyakov

La vie de ce petit territoire fantôme de 4200 km2, indépendant depuis la dislocation de l’URSS, mais non reconnu, semble s’être figée dans les années 60-70. Comme un monde parallèle, voire irréel, la Transnistrie est une vraie République avec son propre gouvernement. Elle possède son armée, son drapeau, son hymne, mais aussi sa propre monnaie. Les habitants ont un passeport transnistrien qui n’est évidemment plus valide au-delà des frontières…

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Depuis 2012, cet enfant du pays oeuvre pour faire connaitre sa région. Grâce à ses clichés aux teintes uniques, empreints d’une nostalgie imperceptible, Polyakov appose un regard bienveillant à l’égard de cette population apatride vivant dans un rêve éveillé.

photographe Polyakov

« Beaucoup de photographes et journalistes occidentaux en visite en Transnistrie se contentent de montrer ce pays comme un musée des symboles soviétiques, se concentrant ainsi sur les icônes pro-russes et les statues de Lénin. À la place, je voulais montrer ce qu’est vraiment la Transnistrie à travers les yeux d’une personne pour qui ce territoire est sa terre natale. » 

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Via son projet sans fin « Transnistria Conglomerate », il nous fait alors partager une banalité quotidienne qui n’en est plus une lorsqu’elle est recontextualisée. Des scènes d’entrainements militaires, aux apéros entre amis en passant par les après-midis au bord d’un lac, ces séries de photos dignes d’un office du tourisme indie nous donneraient presque envie d’aller nous ressourcer loin de tout et de notre époque.

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anton-polyakov.com