honeyglaze

Honeyglaze, premier album éponyme d’un groupe à la spontanéité rafraîchissante

Le groupe du Sud de Londres signe ses débuts d’un album rock plein de promesses et d’une énergie communicative.

Les membres de Honeyglaze sur le tournage de "Shadows"
(c)Speedy Wunderground

Honeyglaze est un trio formé par de jeunes artistes du sud de Londres : la chanteuse Anouska Sokolow, le bassiste Tim Curtis et le batteur Yuri Shibuichi. Dans la tradition des groupes de rock britanniques, c’est par l’émulation des quartiers de Brixton et Clapham, très friands de découvertes musicales, que Honeyglaze s’est construit une fanbase solide.

Un album enregistré comme un live

Chaque membre faisait partie de différents projets musicaux avant qu’une « live session » de Honeyglaze diffusée sur YouTube fin 2020, ne confirme la formation du groupe en attirant l’attention de Dan Carey, patron du label Speedy Wunderground et producteur de « Breathe Me » de Sia ou encore de certaines chansons de La Roux. 

Ce dernier, fanatique de l’instantané impose à ses groupes des contraintes de temps pour enregistrer leurs morceaux. Un mode de fonctionnement qui semble convenir aux membres d’Honeyglaze qui rejettent le perfectionnisme, ayant une approche très brut de leur musique pour la proposer à l’écoute après une ou deux prises, pas plus.

« Not thinking, just doing »

Avec Honeyglaze, pas de prise de tête : les morceaux sont écrits et enregistrés dans des instants d’inspiration. Comme l’affirme Tim Curtis, le groupe est porté par la philosophie « Not thinking, just doing » et s’apprête à entamer une tournée britannique après avoir fait ses preuves localement. Le single « Shadows » est simplement inspiré des ombres nocturnes qui empêchaient Anouska de trouver le sommeil lors d’un déménagement avant qu’elle ne reçoive ses rideaux.

Honeyglaze en seesion live chez BBC Radio 4.
@Honeyglaze

La simplicité à la sauce Indie-rock

Le chant résolument rétro dans « Female Lead », l’un des single de l’album, raconte le rêve de la chanteuse de ressembler à l’héroïne de son film préféré. Mais Anouska se retrouve à devoir teindre ses cheveux en blond pour un résultat qui ne lui convient pas du tout. 

Elle fait preuve d’une grande autodérision, chantant qu’elle se sent plus proche d’un « personnage de film d’horreur des années 1980 » que de son idéal de beauté. Avec « creative jealousy », Anouska aborde aussi les problèmes d’estime d’elle-même qu’elle ressent à la fois physiquement et artistiquement en tant que compositrice.

Le groupe Honeyglaze en promotion pour son premier album.
@oscarbrowne__

En évolution permanente

Dans « Burglar », jusqu’ici le morceau le plus populaire du groupe, la guitare saturée et la progression intense vers une fin en apothéose montrent l’attachement de Honeyglaze aux changements de rythme. Inspiré par le mouvement post-punk, le groupe mise sur le chaos des structures de ses chansons dont « Burglar » est l’exemple type.

Dans « Young looking », la chanteuse fait une référence au titre de Jannis Ian « At seventeen », sortie en 1975 et se rebelle contre l’image qui lui est associée : celle d’une jeune femme fragile. Un thème qu’elle abordait dans « I am not your cushion », morceau proche dans ses sonorités du hit « Creep » de Radiohead.

Finalement, l’album se conclut sur « Childish Things », un morceau qui ressasse des paroles enfantines. Un moyen pour Honeyglaze de rassurer leurs fans que leur insouciance ne se perdra pas avec le passage des années ? Une chose est certaine, le groupe ne s’impose qu’une seule règle : ne pas se répéter dans le style de leurs morceaux. 

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