Dans sa série “I Got Lost in Istanbul at Night”, Hamza Benkirane cultive une esthétique du clair-obscur et de la sur-saturation : vibration garantie.
Né à Casablanca, Hamza Benkirane a élu résidence à Lyon pour y travailler comme réalisateur et photographe. La série “I Got Lost in Istanbul at Night” a été réalisée en novembre 2017, alors que le jeune photographe voyageait seul en Turquie.
Pour ce retour à la photographie après plusieurs mois loin de l’objectif, Hamza Benkirane avait pour projet originel de prendre des photos street de jour. Mais insatisfait du résultat, comme imperméable à l’ambiance de cette « jungle » urbaine, le jeune homme raconte avoir finalement poussé son errance jusqu’après le couchant.
C’est alors qu’au travers de l’objectif, la ville révèle un tout nouveau visage à l’authenticité électrique. En particulier le quartier de Karakoy, situé entre la vieille ville Eminonu et le centre-ville Taksim, investi ces dernières années par la jeunesse artistique stambouliote. Les néons des devantures éclairent les silhouettes éparses d’une population prise dans l’intimité de la nuit tombée.
Loin de nos fantasmes mégalopolitains, la série se déroule sous nos yeux comme la rêverie d’un promeneur solitaire. Elle nous emporte, au gré des ruelles et des échoppes, dans un certain quotidien stambouliote.
Simplement armé de son Sony A7S, le jeune photographe a su exploité au maximum la sensibilité de son appareil aux lumières basses. Ni trepied ni pose longue. Les lumières artificielles sont exacerbées par retouche digitale, sans que ce travail de post-production n’altère la qualité du cliché. Le résultat : un clair-obscur subtile, échos aux contrastes d’une ville complexe.
Cette esthétique n’est pas sans évoquer les nuits tokyoïtes de Liam Wong ou le Seoul cyberpunk de Steve Roe. Cette parenté nous rappelle le statut unique d’Istanbul, située au croisement de l’Europe et de l’Asie.
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A découvrir, dans la même lignée, sa dernière série, réalisée à Tanger.
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