Greta Van Fleet, à la rescousse du rock ?

Greta

En voilà un sujet peu traité chez Beware. Le rock. Un genre musical que beaucoup -notre rédaction y compris- voit souvent comme désuet alors qu’il influence pourtant certains artistes sur lesquels nous aimons écrire. L’aborder peut donc paraître surprenant, mais nous avons le groupe qu’il faut pour bien parler de rock. Quatre petits gars du Michigan,  adoubés par les plus grands et qui espèrent bien redonner au genre ses lettres de noblesses : Greta Van Fleet.

Du jeune avec du vieux semble être le moto de ce groupe. En premier lieu la voix du jeune chanteur (22 ans) Josh Kiszka. Un sosie vocal de Robert Plant qui a toujours revendiqué une profonde inspiration de la part du chanteur de Led Zeppelin. Accompagné de ses deux autres frères Jake (à la guitare) et Sam (à la basse) et du batteur Danny Wagner, Josh et sa fratrie semblent tout droit sortie des années 80. Une époque que l’ensemble du groupe n’a jamais connu si ce n’est grâce à une solide culture musicale que les quatre membres assument pleinement. Si les anglais de Led Zep viennent en tête, les pionniers soul sont aussi cités. Le tout forme un joyeux mélange qui se traduit en un rock puissant, très blues avec une pointe de Michigan dans la voix du chanteur qui devient le quatrième instrument du groupe. En deux ans, Greta Van Fleet en a vécu cinq.  Après un premier EP (Black Smoke Rising, en 2017) qui annonçait clairement que le groupe n’était pas là pour rigoler, les Etats-Unis se sont emparés du phénomène. Quelques opérations médiatiques bien placées ont suffi à lancer le groupe qui, fort de son succès, rempile pour une réédition de son seul EP (From The Fires). Suit un premier album composé en dix jours et une tournée mondiale. Le public passe très vite à plusieurs milliers et La machine Greta Van Fleet est lancée.

Quid du rock dont beaucoup voyaient, en ce groupe, des sauveurs ? La réponse semble difficile à donner aussi vite. Le premier album (bien que préparé dans la hâte) ouvre la porte sur un style plus assumé. Des balades plus légères, un synthétiseur déjà présent dans le premier projet (joué par le bassiste) se fait plusieurs fois entendre, la voix de Josh Kiszka est parfois plus calme. Greta Van Fleet s’émancipe légèrement de ses idoles, mais pour quel futur ? Avec ce groupe c’est la question du renouveau dans le rock tout entier qui se pose. Si l’incarnation de Led Zeppelin 2.0 adoubée par son ancien leader himself a aussitôt décollé, l’aspect nostalgique des auditeurs n’est pas à mettre de côté. Les salles, certes de plus en plus conséquentes, que le groupe rempli autour du monde ne sont pas composées d’un auditoire de jeunes curieux, mais bien de passionnés dont l’âge pourrait (pour les plus mauvaises langues) attester que le rock n’a plus rien de jeune. Mais un genre musical a-t-il besoin d’un public jeune pour survivre ? Les ventes physiques puis digitales (souvent dans cet ordre) sont en bonne santé lorsqu’il s’agit du rock. Greta Van Fleet n’y fait pas exception. Il faut donc laisser à ces quatre musiciens de Detroit qui explosent le temps de mûrir dans leur art. Sauver tout un genre musical demande de sacrées épaules et de bons riffs. La rescousse du rock peut attendre encore quelques temps.

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