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Freights : les dessous de la culture graffiti

Image d'avatar de MorganeMorgane - Le 8 mai 2014

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A la rencontre de la sous-culture graffiti, Freights, deuxième long métrage de Patrick O’connor, vainqueur de l’édition 2013 du Festival du Film International d’Art avec « Make your name ». Le jeune réalisateur Canadien revient sur ses premiers amours en nous offrant une véritable exploration d’un monde quasi-impénétrable.

Patrick O’connor, ancien adepte du graffiti lui même, a mis quasiment une décennie à réaliser son premier long métrage, tourné de Victoria à Halifax, bravant les règles en suivant les artistes dans leurs zones de jeux à échelle urbaine, où toit des immeubles et zones industrielles désaffectées sont propices à la création. Étudiant à Montréal, il délaissera la photographie et fera l’acquisition d’une caméra en 2004 afin d’établir le dialogue entre artiste et public.

“I have tried to be objective and give voice both to those who see graffiti as art and those see it as vandalism”

“J’ai essayé d’être objectif et de donner une voix à la fois pour ceux qui voient le graphity comme art et ceux qui le voient comme le vandalisme”

Dans ce nouveau long métrage, on est invité à pénétrer le monde des « Freights writers » (grapheur sur wagon) à coup de témoignages masqués aux révélations techniques, législatives et culturels.

Ce documentaire offre une véritable prise de conscience sur le fondement même de cet art d’avantage rurale, à savoir un support mobile, réel médium de diffusion à ciel ouvert, où notion de conservation, de propriété ou d’argent n’ont pas leur place. Réel questionnement sur les sous-cultures au sein de cette sous-culture elle-même, avec les spécialistes des trains de marchandises, mordus des wagons réfrigérés à surface plane, et les adeptes des trains voyageurs. Entre les dessins réalisés au marqueur (posca) ou à l’aérosol, les pseudos soigneusement bombés et les simples tags, on découvre les multiples facettes de cet art urbain.

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A l’instar de « Make your name », le réalisateur traite de la complexité à se faire un nom et un certain respect dans le monde du graffiti, là où discrétion et anonymat sont les règles d’or. Dans ce nouveau documentaire, Patrick O’Connor soulève le crédit attribué à ces artistes, les échelons à franchir, l’appartenance à un crew, ainsi que la reconnaissance. On y apprend les règles quand à l’acquisition d’un spot, ainsi que certains principes comme ne jamais grapher sur la lumière ou le numéro d’un wagon, et ne laisser aucune trace de son passage au niveau des brèches dans les grillages ou même des cadavres d’aérosols. Filmé sur la route des trains parcourant le Canada d’Est en Ouest, c’est également un témoignage du réseau complexe de communication qu’il s’est créé entre les artistes grâce à leur identité visuelle, des techniques de création, ainsi que leurs astuces pour peindre quand les températures sont négatives. Véritable enquête d’action par son infiltration totale, on réalise les risques que cet art implique, les accidents de parcours, ainsi que cette course poursuite incessante avec les autorités.

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Brute, Freights fait l’analogie entre les « freights writers » et les témoins du graffiti en donnant la parole à ces artistes discrets. Ce documentaire nous ouvre un regard sur le monde « des peintres de dépôts de train», justifiant de leur intérêt et démarche de création de manière objective, rendant ainsi une ouverture de dialogue possible et offrant aux artistes une certaine crédibilité.

Les plus grands précurseurs artistiques ont du contournés les idées reçues et imposés leurs créations au public avant d’être admirés. On continue à penser qu’il en est de même pour les «freights writers» et que dans ce reportage, Patrick O’Connor, est leur premier ambassadeur.

 

 

 

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Morgane
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