dakhabrakha

Dakhabrakha, le quatuor aux mille sonorités

Libres et engagés, le groupe ukrainien Dakhabrakha fera escale en France pour deux dates, concerts dont les fonds seront reversés au profit de l’Aide Médicale Caritative France-Ukraine.

Dakhabrakha vus par Tanya Vilchynska
Le quatuor de musiciens est dans un bus, avec leur tenue atypique : coiffe à fourrure et robe de prêtre.
Dakhabrakha © Tanya Vilchynska
Les ukrainiens du groupe Dakhabrakha sont ici à vélo devant la mer. Multi instrumentalistes, ils brillent par leur diversité.
Dakhabrakha © Olga Zakrevska

En définissant leur musique en tant que “chaos ethnique“, le quatuor dresse le contour d’une entité musicale étonnante à la limite du mystique. Entre transe mélodique et émerveillement face à l’ingéniosité de la construction de leurs chansons, Dakhabrakha se démarque tant par leur polyphonie que par leur virtuosité.

Les valeurs au service de la création, ou la création au service des valeurs ?

Depuis ses esquisses, les manifestations de l’art, les artistes et l’art en lui-même n’ont cessé de contester, questionner et occuper l’espace public. Purement esthétique et/ou moteur de revendications, l’art est à la fois le moyen d’expression et le support de cette dernière. La musique fait partie des arts qui peuvent se vêtir de différents costumes, accumuler des épaisseurs variées d’apparats et de discours. Sous les hautes coiffes à fourrure noires et les robes de prêtres orthodoxes, s’abritent les membres de Dakhabrakha : Iryna Kovalenko, Olena Tsybulska, Nina Garenetska et Marko Halanevych. Multi-instrumentistes, ils impressionnent par leur style mêlant l’ancestral et le moderne.

ici le groupe dakhabrakha pose dans la neige vêtus de fourrures noires et blanches
Dakhabrakha © Kulikov

La genèse de Dakhabrakha

C’est en 2004 que Dakhabrakha voit le jour. À l’origine, les quatre musiciens se proposent en tant que projet contemporain au Théâtre de Dakh à Kiev. Le nom choisi pour ce projet signifie “donner/prendre” en vieil ukrainien. Dès ses débuts, le quatuor entend mélanger diverses influences et sonorités, cherchant à explorer les frontières entre traditionnel et contemporain.

Savant alliage de sonorités empruntées de tous horizons et d’envolées lyriques retenues ou explosives, Dakhabrakha manie à sa guise les différents instruments à disposition. Là, le groupe pioche aux quatre coins du monde : darbouka, tabla, didjeridoo, garmon, buhay, zhaleika… Les tonalités se fondent aux voix des trois femmes et de l’homme qui composent le groupe, viennent leur donner une texture toute singulière.

le quatuor de musiciens talentueux se tient devant nous dans un champs
Dakhabrakha © Andriy Petryna

Notre concert est un témoignage du crime militaire des troupes russes, de la catastrophe humanitaire causée par l’armée russe, des morts horribles de la population civile à Kharkiv, Marioupol, Chernihiv, Sumy, Bucha, Gostomel et de nombreuses autres régions du pays.

En partant initialement de chants traditionnels ukrainiens, Dakhabrakha étoffe ses titres de multiples influences, si bien qu’il serait difficile de classer ce quatuor atypique dans quelque catégorie. Les costumes du groupe font également état de la diversité des influences de Dakhabrakha : des colliers enchevêtrés aux coiffes fourrées, les silhouettes se découpent en ombre chinoise derrière les instruments. C’est d’ailleurs un méli-mélo visuel à l’image du groupe ; piochant diverses influences et esthétiques, orchestrant une véritable mosaïque musicale et visuelle.

Le groupe Dakhabrakha est ici au milieu de la forêt, chacun des quatre membres tenant un miroir
Dakhabrakha © Olga Zakrevska

“no war, stop Putin”

Depuis leur repérage en 2013 aux Transmusicales de Rennes, le groupe préparait, avant la pandémie, une tournée pour accompagner leur septième album : Alambari (2020). Contraints de reporter cette dernière du fait des restrictions sanitaires, l’Ukraine a également vu son destin basculer le 24 février 2022, jour de l’invasion du pays sous la directive de Vladimir Poutine. Face à l’actualité de leur pays qui s’obscurcit, Dakhabrakha n’hésite pas à prendre position, notamment avec le slogan “no war, stop Putin” (pas de guerre, arrêter Poutine).

Résolument libres et engagés, le quatuor décide alors de mener à bien la tournée reportée, et de reverser les fonds récoltés au profit de l’AMC (Aide Médicale Caritative France-Ukraine). Il y a peu, les photographes de National Geographic se mobilisaient également pour l’Ukraine.

Le groupe ukrainien sera en concert à bordeaux et à saint-nazaire en france en 2022.

Cette soirée est un hymne à nos défenseurs et au peuple ukrainien, qui se tiennent courageusement et retiennent ce mal.

Depuis, les artistes ukrainiens se mobilisent. D’abord pour vivre et s’organiser dans leur environnement ainsi transformé, mais aussi pour continuer de créer, pour lutter sous un autre aspect. En avril dernier, le chercheur Romain Huët décide de se rendre en Ukraine et de raconter, par le biais de chroniques, comment la guerre change le quotidien d’une population. À Lviv, il rencontre galeristes et artistes qui enrichiront sa chronique sur “L’art face à la guerre“. La chronique dont il est question est accessible sur The Conversation.

Le groupe pose dans un bus, les couleurs sont saturées de couleurs, à l'image du groupe.
Dakhabrakha © Tanya Vilchynska

Nous sommes ici aujourd’hui parce que nous sommes des musiciens et des artistes. Il est très important pour nous de ressentir du soutien et de la solidarité avec l’Ukraine.

Le groupe sera en France pour deux dates : le 29 mai à Bordeaux (Le Rocher de Palmer) et le 30 mai à Saint-Nazaire (le Vip).

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