Brittney Leeanne Williams

Brittney Leeanne Williams remet en lumière les femmes invisibles

Pas de tabou pour Brittney Leeanne Williams. Dans un environnement précis, les corps nus y sont dessinés et se fondent entre eux et avec la nature qui les entoure. À travers ces figures brulantes, l’illustratrice esquisse les expériences traumatiques de la vie telles que le deuil.

Portrait des formes d'une femme nue
Shadows That Cast Light
Femme rouge courbée
Red: An Urgent Exhaustion
Dessin d'un corps courbé en deux
Anchored Body 3

La femme rouge

Les nus de Brittney Leeanne Williams sont d’un rouge ardent incomparable. L’idée de la femme rouge a émergé dans l’esprit de l’américaine alors qu’elle revient à Chicago après des études d’art dans le Maine. La transition entre la sérénité du Maine et l’activité de Chicago est brutale pour l’artiste. Elle réapprend à entendre le bruit sourd de la ville et surtout celui des sirènes rouges des ambulances qui semblent altérer la chorégraphie des rues, obligeant les véhicules et les piétons à s’arrêter.

Deux soeurs nues s'enlaçant
Devoted Sisters
Deux corps courant dans la nuit
You and I
Deux corps courbés l'un sur l'autre
Mommy and Me
Femme tordue au-dessus d'un jardin
Garden Bed Study

Williams relate l’autorité de cette lumière à travers l’expérience de la femme Noire : comment les femmes de son entourage ont guidé les vies invisibles tout en étant le socle de leur famille. Les figures brulantes sont souvent représentées dans la position d’une mère enceinte en plein travail et épuisée. Le rouge vif et chaud transforme une figure cachée en sirène. Les peintures radient d’une chaleur palpable et remettent en lumière ces femmes qui ne peuvent plus être oubliées.

Deux corps devant un grillage
Lattice
Deux corps nus laissant apercevoir un arbre
Joshua Tree in Victorville
Deux corps dans un arbre de citrons
Lemon Tree
Un corps nu allongé
An Unmoving Rock

Les expériences de la vie : entre traumatisme et engagement

La technique de Brittney Leeane Williams explore le traumatisme, le deuil et la mémoire à travers le motif récurrent de ces figures livides et anonymes qui apparaissent dans des lieux surréels. Dans ses peintures, le deuil se manifeste dans un corps rouge et un paysage. L’artiste puise son imagination de son enfance passée dans le High Desert de la Californie. Le feu de ce désert s’associe avec la douleur de perdre afin de créer un terrain affligé de deuil. Dans sa série The Bridge From Garden to Desert (2020), un corps se tient entre un paysage aride et un jardin, un environnement s’inspirant directement du jardin de sa grand-mère comme un endroit de soulagement, de repos et d’espoir.

Corps formant un pont en jardin avec le désert en fond
A Bridge From Garden to Desert
Corps nu courbé dans l'eau
A Red Baptism and A Red Drowning
Corps dans l'eau
Victorville and the Shoreline 2

Le travail du corps de la peintre est également dirigé par l’influence de son entourage, de sa famille. Naomi and Ruth (2019-2020) repose sur des sources mythiques afin de brosser la relation mère-fille. Alors que ces dessins se réfèrent aux personnages bibliques de Naomi et Ruth, les figures rouges ne sont pas faites pour illustrer des personnes spécifiques, mais plutôt pour évoquer une expérience collective, celle de l’âge adulte de la femme et de la Blackness.

Deux corps formant qu'un sur les roches
Naomi and Ruth: Mitosis
Naomi and Ruth selon Brittney Leeanne Williams
Naomi and Ruth: A Tension, A Mirroring

La forme rouge est devenue une icône des expériences, des émotions et des mémoires d’une femme pour Brittney Leeanne Willams. Diagnostiquée dyslexique, l’artiste s’est plongée dans l’art et le dessin, encouragée par sa mère alors qu’elle se sentait “brisée” par ce trouble : “Elle a commencé à chercher d’autres façons pour m’aider à identifier les cadeaux en moi” a-t-elle avoué pour Elephant.

Deux corps courbés se rejoignant
Mommy and Me (Carrying Home, Pouring Inheritance)
Un corps emmêlé dans un citronnier
Blue Lemon Tree

Pour Williams, chaque peinture commence par une émotion et un questionnement sur celle-ci. À partir de cet état d’esprit, elle fait une ébauche d’idées en pensant à la composition, à la couleur – le rouge d’abord -, à la boucle du corps et à l’avantage du papier. Lorsqu’une connexion se créé entre tous ses éléments, elle les positionnera et les agrandira sur la toile. Tout cela, l’artiste ne le fait pas pour le public, mais pour elle en tant que femme Noire engagée : “Always me“.

Corps assis sur un rocher
Dilapidated Rock in Victorville
Corps courbé rosé
Into Victorville
Corps nu de dos
A Sour Red

La quarantaine comme nouvelle expérience à dépeindre

Pour beaucoup d’artistes, la quarantaine liée à la pandémie n’a été qu’une nouvelle source d’inspiration pour eux. C’est le cas de Brittney Leeanne Willams. Elle s’est retrouvée à dessiner des plans d’eau comme des sites d’interruption.

Corps rouge par la fenêtre entouré de bleu
An Interruption
Corps mélangé de rouge et de bleu
Illustration de Brittney Leeanne Williams
Corps tordu dans un cadre de citronnier
The Sour of Lemon

Elle décrit ce virage de l’imaginaire de l’eau comme un bain de glace stoppant la fièvre. Le thème des corps pliés ont aussi évolué dans la contorsion. Les corps entrelacés s’étreignent et se tirent mutuellement. Avec sa série sur Naomi and Ruth, Williams veut que nous entendions le craquement des os tout comme l’étreinte tendre et sensible.

Naomi and Ruth (rouge et rose)
Naomi and Ruth (Passing)
Naomi and Ruth qui s'enlacent
Naomi and Ruth (Wrestle, Embrace)
Deux corps courbés et tordus qui ne font qu'un
Naomi and Ruth (Red Circle in a Red Frame)
Les deux corps de Naomi and Ruth ne se distinguent plus
Naomi and Ruth (No Beginning and No End)

Pour retrouver les peintures de Brittney Leeanne Williams, elles sont disponibles sur son site et sur Instagram. Et si vous avez apprécié ses œuvres d’art, vous aimerez sans aucun doute celles de Hanna Lee Joshi.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Plus d'articles
Illustrateur : Francisco Perez