Bonobo signe un nouveau cycle avec "Fragments"

Bonobo signe un nouveau cycle avec “Fragments”

Cinq ans après la sortie de Migration, le musicien britannique dévoile “Fragments”, un album toujours marqué par une dimension contemplative, mais qui cette fois s’attache à explorer aussi des pôles opposés.

Portrait de Simon Green, alias Bonobo. Arrière plan fin de jour sur des gratte-ciel, lumière froide. En contraste, le visage, de profil, de l'artiste est éclairé d'une lumière chaude.
Simon Green par Grant Spanier

Il y a dans “Fragments” une dualité impossible à ignorer : on y découvre des titres profondément introspectifs, des ballades lumineuses contrebalancées par des morceaux beaucoup plus dansants. Si le titre le plus réussi s’intitule “Tides”, ce n’est donc pas un hasard, reflétant parfaitement le flux et reflux des rythmes tout au long de l’album.

“Tides”, la salvation par la communauté

Simon Green, mieux connu sous le nom de Bonobo, a passé deux années à expérimenter et à fabriquer les sonorités qui ont été la base de “Fragments”. Pourtant, la pandémie coupe court à son processus créatif, et pour la première fois, le britannique fait l’expérience du syndrome de la page blanche. C’est alors qu’il reçoit un enregistrement vocal de la chanteuse américaine Jamila Woods.

Pour Simon Green, c’est une révélation : “Quand j’ai entendu la partie vocale que Jamila avait enregistrée, j’ai instantanément su que le morceau serait au centre de l’albumles paroles résument tout le propos du disque“. Le thème est limpide, “Fragments” devient un tableau de douze morceaux, reflétant les éclaircies et les orages, l’intensité de tout un spectre d’émotions en se lançant à l’assaut de toutes les subtilités, d’un pôle à l’autre.

Sur “Tides”, on retrouve également les cordes de l’artiste californien Miguel-Atwood Ferguson, qui pose sa patte sur un certain nombre de titres de l’album. Et puisque la collaboration a été le facteur d’une nouvelle énergie créatrice, on retrouve, entre autres, le musicien Jordan Rakei sur “Shadows”, un parallèle électrique à l’onduleux “Tides”.

Le bonheur en solitaire

Et comme la communauté est le moteur de tout un pan de l’album, le vent contraire est évidemment celui d’une introspection solitaire. Bonobo, californien d’adoption, fuit les désastres successifs, la pandémie et les incendies, et s’échappe en pleine forêt. De ces escapades contre vents et marées, il retire paradoxalement une dynamique optimiste.

Puisque l’album “Fragments” est cyclique, il en revient toujours au même port. Un point d’ancrage solaire que l’artiste reconnaît : “Je me suis souvenu que j’aimais profondément ces foules de danseurs, ces gens en mouvement qui se connectent les uns aux autres. Mais l’aspect positif de ma musique ne s’exprime pas seulement à travers les rythmiques uptempo : même les passages les plus introspectifs ou mélancoliques portent en eux une évidente joie de vivre”.

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