À l’aide de différents objets, Vincent Bal donne vie à ses dessins. De manière stratégique, l’artiste les place de façon à ce que leur ombre complète les traits d’encre. Vincent Bal est un ombrologue.


Grand amoureux de la création
Avant de se découvrir une passion pour l’ombrologie, Vincent Bal était connu dans le monde du cinéma en tant que réalisateur et scénariste. Né dans le nord de la Belgique, à Gand, Bal évolue dans un milieu créatif. Fou de bande dessinée et de théâtre, c’est tout naturellement qu’il se tourne vers des études de réalisation de film à son entrée au Hogeschool Sint-Lukas de Bruxelles.

Sa troisième année est pleine de rebondissements. Il échoue en cours, mais se rattrape avec un projet vidéo scolaire. Un court-métrage de douze minutes, qu’il écrit et réalise, nommé “Ann zee”. Le succès est instantané. Bal assiste à la nomination de sa vidéo et gagne même quelques prix. Une fois diplômé, en 1994, il enchaîne les productions.
Avec ce travail qui lui prend énormément de temps, à quel moment dessine-t-il ?
Le dessin coule dans les veines de Vincent Bal
Eh bien, à peu près tout le temps ! Au début des années 2000, le nom de Vincent Bal se retrouve sur la couverture d’une petite série livre. Une partie dont il est l’illustrateur, et une autre pour laquelle il contribue également à l’écriture.
En 2008, il lui est possible d’entendre parler ses personnages dans l’adaptation de Kika & Bob. L’histoire d’une fille et d’un pompier qui parcourt le monde à la recherche du chat de cette dernière. Et puis, plus rien. Les dessins de Vincent Bal devenaient plus rares à trouver, il fallait attendre qu’il en poste sur ses réseaux sociaux.

Jusqu’à ce fameux jour de mai 2016. Sur une simple feuille blanche, une esquisse d’éléphant assez spéciale. Elle ne pouvait être comprise que si Bal plaçait une tasse sur le papier. Cette idée, de dessiner l’animal à trompe, lui est venue alors qu’il travaillait sur un scripte qui n’avançait pas. Impatient, il regarde autour de lui avant de poser son regard sur une tasse qu’il a ramené du Vietnam.

L’ombre du contenant formait un parfait ovale, tandis que celle de la anse ressemblait à une trompe d’éléphant. Il n’a pas attendu bien longtemps pour tracer les détails manquants.
La naissance d’un ombrologue
Vincent Bal n’est, bien-sûr, pas le premier à jouer avec les ombres dans la création de son art. L’illustratrice Sophi Miyoko Gullbrants l’accentue dans ses productions, tandis que la photographe Sara Latif s’en sert dans presque tous ses clichés. Cependant, il y a un côté amusant et addictif dans la conception des ombrologies de Bal.
Régulièrement, Bal partage ses créations sur les réseaux sociaux. Pour garder le suspense, il montre d’abord son dessin avant de dévoiler le résultat final, en plaçant l’objet choisi au bon endroit sur la feuille. L’effet est le même à chaque fois ; les internautes sont bluffés.

Avec un intérêt particulier pour le détail, Vincent Bal réussit à créer un personnage en lien avec l’objet dont il se sert pour amener l’ombre. Il utilise un radiateur pour représenter une personne qui a froid, une loupe pour un enquêteur, ou encore un appareil photo pour un touriste.
L’engouement pour cette forme d’art inédite donne à Bal l’idée de rassembler ses œuvres dans une série de livres qu’il nomme Shadowology et Shadow World. Visiblement, l’ombrologue n’est pas prêt de mettre fin à sa carrière unique en son genre.

Sur le compte Instagram de Vincent Bal, vous pouvez retrouver les différentes créations au moyen d’ombre qu’il partage pour le plus grand bonheur de tous.


