Tatyana Fazlalizadeh, street art

Tatyana Fazlalizadeh, quand le féminisme rencontre le street art

Image d'avatar de Clara DeprezClara Deprez- Le 3 juin 2026

Tatyana Fazlalizadeh utilise le street art pour rendre visibles les injustices et les récits trop souvent silenciés en mettant en lumière les violences subies par les femmes dans l’espace public et la résilience des communautés noires face aux oppressions.

Une artiste qui conjugue street art et activisme

Née à Oklahoma City et aujourd’hui basée à Brooklyn, Tatyana Fazlalizadeh est une artiste de rue, peintre, illustratrice et activiste. Son militantisme transparaît à travers son travail, directement inscrit dans l’espace public.

Tatyana Fazlalizadeh
Tatyana Fazlalizadeh. Photo issue de son site internet.

Stop Telling Women How to Smile

Surtout connue pour son projet Stop Telling Women How to Smile, lancé en 2012, l’artiste utilise les murs de villes du monde entier comme Paris, Mexico City, ou encore Berlin pour exposer ses dessins, réalisés au fusain ou à l’encre et collés ou peints directement dans la rue. Le projet Stop Telling Women How to Smile fonctionne comme une réponse aux violences ordinaires subies par les femmes dans l’espace public. En rendant visible son travail dans le monde entier, l’artiste affirme que les violences faites aux femmes ne sont pas des faits isolés, mais un problème universel et systémique. Ces dessins en noir et blanc montrent des portraits de femmes et sont accompagnés de messages puissants tels que : «I AM NOT HERE FOR YOU» (Je ne suis pas là pour toi), «MY WORTH EXTENDS FAR BEYOND MY BODY» (Ma valeur va au-delà de mon corps), ou encore «HARRASSING WOMEN DOES NOT PROVE YOUR MASCULINITY» (Harceler les femmes ne prouve pas votre masculinité). Il s’agit de messages à connotation résolument féministes qui engagent pleinement l’artiste. À travers ces œuvres, ce ne sont plus les femmes qui subissent passivement les regards et les injonctions, mais la ville et ses passants qui y sont confrontés. Les portraits de femmes fixent le spectateur, imposant un arrêt, une réflexion, perturbant la banalité du harcèlement.

Stop telling women how to smile
Stop telling women how to smile
Stop telling women how to smile
Le projet Stop Telling Women How to Smile. Photos issues du site de l’artiste.

Flight : Liberté et résilience

En 2022, Tatyana Fazlalizadeh a lancé un nouveau projet engagé avec Flight qui se traduit par «l’envol», dont la première fresque a été inaugurée en octobre 2022 à Philadelphie. Le projet explore les notions de liberté et de résilience par le prisme des récits de personnes marginalisées, héritières de l’esclavage. Cette série de peintures murales met en scène des figures noires suspendues dans les airs, flottant au-dessus de l’environnement urbain, défiant la gravité, les limites imposées par la société et les violences systémiques.

Flight
Flight 2023 City of Philadelphia Mural Arts Program / Philadelphia Student Union, 501 South 52nd Street. Photo by Steve Weinik.
Tatyana Fazlalizadeh, quand le féminisme rencontre le street art 1
Flight 2022 City of Philadelphia Mural Arts Program / 1228 Spruce Street. Photo by Steve Weinik.

Le processus de création est collaboratif, immersif et sensible : l’artiste échange avec des individus et des communautés pour comprendre ce que signifie «prendre son envol», elle réalise ensuite des photoshoots à partir desquels les peintures sont réalisées. Si les fresques représentent des portraits individuels, elles témoignent d’une expérience collective ; toute la communauté noire peut s’identifier à un vécu qui dépasse l’histoire individuelle du modèle.

Tatyana Fazlalizadeh, quand le féminisme rencontre le street art 2
Tatyana Fazlalizadeh, quand le féminisme rencontre le street art 3
Photoshoots pour le projet Flight. Photos issues du site de l’artiste.

Les peintures sont aussi accompagnées de textes qui font références à des auteurs noirs et aux mots des individus interrogés. Le projet s’inspire d’ailleurs grandement du folklore afro‑américain selon lequel les esclaves Africains pouvaient voler afin de retourner dans leur terre natale en Afrique. Selon l’artiste, cette croyance est antérieure à l’esclavage aux États-Unis et persiste encore aujourd’hui. Elle continue de trouver un écho au sein des communautés noires et apparaît comme un synonyme d’espoir, de liberté et de résilience face aux oppressions.

Retrouvez son travail directement sur son site : https://tlynnfaz.com/

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Clara Deprez
Article écrit par :
Ancienne étudiante en arts, j’ai choisi de me réorienter vers le journalisme. Aujourd’hui étudiante dans ce domaine, je reste passionnée par le monde culturel, notamment la musique et le cinéma.

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