Stenlex est un duo d’artistes italiens anonymes et autodidactes, considérés comme les “pionniers du pochoir” en Italie. En près de 25 ans de collaboration, il ont développé plusieurs techniques artistiques innovantes, qui les ont conduits à de nombreuses opportunités majeures.

Loin des écoles d’art ou de design, c’est dans la rue que Sten et Lex se sont rencontrés et ont développé leurs talents. Leur état d’esprit est donc, dès le départ, bien différent des artistes formés en écoles d’art : tout est à acquérir et à conquérir. Depuis 2001, les deux artistes habillent de leurs envies les rues et les murs de leur ville, Rome mais aussi des grandes métropoles du monde comme Paris, Barcelone ou encore New York. Ils ont rapidement été reconnus comme les précurseurs du pochoir en Italie, à une époque où le street art y était encore peu représenté. Le célèbre street artiste Banksy les a d’ailleurs convié au Cans Festival en 2008, aux côtés des autres talents émergents de l’époque comme Blek, Vhils, Vexta ou Prism.

Les débuts de la collaboration entre l’op art et le pochoir
Dans la première partie de leur collaboration, leur spécialité se trouvait dans le pochoir en demi-ton. Dès leurs premières œuvres, Stenlex s’inspirent du pointillisme et des trames d’impression pour donner à leurs portraits en pochoir l’apparence de photographies. En dessinant des milliers de points, les détails sont plus précis et permettent d’accentuer cet effet réaliste. La plupart de leurs portraits sont des proches, des célébrités ou des anonymes trouvés dans des vieux albums photos des années 1960 et 1970. Lorsqu’ils ne s’inspirent pas d’archives, les deux artistes réalisent eux-mêmes la photographie du sujet avant de le transformer en pochoir. Leur technique nécessite une grande précision et établie un lien flagrant entre le pochoir et l’op art. Né dans les années 1960, l’op art explore les illusions visuelles et la manière dont l’oeil perçoit certaines formes. En regardant de près, de loin ou en biais, durablement ou non, l’effet visuel n’est pas le même. Ainsi, les œuvres du duo de street artistes italiens fascinent par leur capacité à se transformer sous leur regard : la perception change constamment, évoluant avec le temps de contemplation.



Quand la météo s’invite dans l’art
À partir de 2009, Sten et Lex développent une nouvelle technique qui s’appelle le stencil poster, ou l’affiche au pochoir. Les deux artistes collent un pochoir découpé dans du papier sur le mur, peignent par-dessus pour créer la structure de base et réappliquent les chutes de cette dernière. La particularité de cette technique réside dans son lien direct avec la météo, puisque les intempéries participent à la transformation évolutive de l’œuvre. Les découpes peuvent tomber ou s’abîmer au fur et à mesure du temps. Après les portraits, les deux artistes s’amusent avec des œuvres plus abstraites et jouent avec la conséquence des éléments extérieurs naturels sur leurs créations. Leurs nouveaux visuels aux allures d’écailles ou de peaux de serpent sont réalisés à partir de lignes et entraînent toujours un effet d’optique. La technique du stencil poster leur a valu de battre un record : celui du plus grand pochoir jamais réalisé. 4000m2, c’est la dimension des murs de l’auditorium Luis Elizondo, à Monterrey, au Mexique. L’entièreté du bâtiment évoque la peau d’un python, avec des motifs organiques et des effets d’optiques ondulés.






