Sarah Fuchs est une photographe et artiste visuelle norvégienne basée à Berlin. Son travail s’étend de la mode au portrait et à l’art conceptuel, et se caractérise par des ambiances oniriques, des textures riches et des couleurs profondes.



Une trajectoire internationale et interdisciplinaire
Née en Norvège, Sarah Fuchs a vécu et travaillé aux Pays-Bas, à Singapour, en Corée du Sud, au Royaume-Uni et en Allemagne, ce qui nourrit sa sensibilité cosmopolite et sa capacité à observer le monde sous différents angles. Elle est diplômée en Politique, Psychologie, Droit et Économie de l’Université d’Amsterdam, détient un master en Médias et Communications de la London School of Economics, ainsi qu’un diplôme en Curation de l’Université des Arts de Berlin.

Entre flou et présence: une signature visuelle
Le travail de Sarah Fuchs se distingue par sa manière de manipuler l’image à travers filtres, vitres et miroirs déformants, produisant des photographies où les formes et les couleurs se recomposent de façon singulière. Plutôt que de suivre une narration linéaire, elle construit ses images autour de textures, reflets et effets de lumière, offrant un regard réfléchi et travaillé sur ses sujets.



Travaillant intuitivement entre netteté et flou, présence et fugacité, elle cherche à révéler la beauté dans des instants silencieux. Elle trouve notamment dans le flou non pas un défaut, mais une vérité intime : une image n’a pas besoin d’être nette ou rigoureusement cadrée pour être puissante. Cette démarche, qui emprunte au surréalisme, donne à ses photographies une qualité à la fois mystérieuse et profondément humaine, où le réel se dilue et l’ambiguïté devient source d’intéret et de réflexion.



Percevoir l’éphémère
Pendant une période de solitude à Berlin, l’artiste a été attirée par les cygnes près de chez elle, et a commencé à les photographier: un rituel qui est rapidement devenu une ancre dans son quotidien. Sur une année, elle a capturé les mêmes cygnes encore et encore, laissant apparaître dans ses images des “imperfections techniques” (surexposition, flou de mouvement, bruit numérique) qu’elle a intégrées comme un langage visuel de disparition.



Le titre de la série, Black Swan, fait référence au Carré noir de Malevich : un vide, un point zéro. Mais là où l’abstraction de Malevich se tournait vers la géométrie, Black Swan reste ancrée dans le monde naturel. La série ne rejette pas la nature, elle la distille, en retirant les détails et en suspendant la clarté pour permettre à autre chose d’émerger. Oscillant entre présence et absence, contrôle et accident, la série explore l’interaction entre ce qui est réel, ce qui est ressenti et ce qui est imaginé.


Libérer le corps des attentes
Funhouse explore le corps comme joueur et terrain de jeu, le tord, le déforme et le réinvente. L’objectif n’est pas de chercher la beauté classique, mais de la libérer. Dans cette série, le corps n’est pas une seule chose : il peut être étrange, doux, maladroit, puissant, tendre ou absurde, tout à la fois. Il échappe aux règles de l’attraction ou du genre et n’est plus prisonnier des attentes. Il peut simplement “être”.



En perturbant la perception, Funhouse invite le spectateur à voir le corps débarrassé de ses contextes familiers, libéré des préjugés et des jugements. La série offre ainsi un regard neuf, où l’on observe sans le poids de ce que l’on croit savoir.



Fleurir et se transformer
Le terme blomi, issu du vieux norrois (langue scandinave médiévale), signifie “fleurir”, mais peut aussi évoquer le fait de prospérer ou de s’épanouir. Blomi est une exploration en cours de la beauté et de la transformation à travers la photographie florale. La série a commencé lors d’une période de turbulence émotionnelle, où photographier des fleurs est devenu pour l’artiste un moyen de se plonger dans la couleur, la lumière et la vie.



Les fleurs dans Blomi apparaissent sous différentes formes : floues, abstraites, imparfaites. Elles reflètent la désorientation ressentie par l’artiste tout en suggérant que la beauté se révèle souvent de manière inattendue. La légèreté des fleurs devient alors une forme de résistance, et une manière de célébrer la vie.



Projets éditoriaux et commerciaux
Au-delà de ses projets personnels, Sarah Fuchs collabore régulièrement avec des publications de mode et d’art reconnues, telles que Numéro Switzerland, Kaltblut Magazine ou Polka Magazine. Ces collaborations prolongent son approche artistique en mettant en valeur la lumière, la composition et le jeu de perspectives, confirmant sa capacité à transformer chaque image en une exploration visuelle réfléchie et singulière.








Vous pouvez retrouver le travail de Sarah Fuchs sur son compte Instagram et son site.
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