Il y a un siècle, Jules Jacot-Guillarmod, médecin, alpiniste et photographe suisse, disparaissait en mer Rouge, laissant derrière lui un héritage visuel et littéraire exceptionnel. Ses 12 000 clichés, ses carnets de voyage et ses expéditions audacieuses dans l’Himalaya font de lui une figure majeure de l’exploration et de la photographie du début du XXe siècle. À l’occasion du centenaire de sa mort, redécouvrez l’homme qui a su allier science, aventure et art.

Né en 1868 à La Chaux-de-Fonds, Jules Jacot-Guillarmod a marqué l’histoire par ses expéditions pionnières, notamment au K2 et au Kangchenjunga, où il a capturé des paysages himalayens encore inconnus. Médecin de formation, il a aussi été président du Club alpin suisse et a publié des récits de voyage dans la presse de l’époque. Son journal intime, tenu pendant plus de 40 ans, et ses milliers de photographies offrent un témoignage unique sur une époque où l’aventure et la science se mêlaient étroitement.
Son approche de la photographie, à la fois documentaire et artistique, a permis de conserver des images rares de régions reculées, comme l’Inde ou la Sibérie, et de scènes de vie quotidienne en Suisse. Ces archives, aujourd’hui numérisées et accessibles, révèlent un regard à la fois précis et poétique sur le monde.
L’art photographique comme outil d’exploration
Jules Jacot-Guillarmod a utilisé la photographie non seulement pour documenter ses voyages, mais aussi pour partager ses découvertes avec le public. Ses clichés, souvent réalisés en conditions extrêmes, illustrent des paysages grandioses, des portraits de populations locales et des moments de vie en expédition ; des voyages qui, à défaut de médiation, ne sont pas sans rappeler ceux de Matthieu Ricard. Ces images, aujourd’hui conservées au Musée de l’Élysée à Lausanne et à la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds, sont considérées comme un patrimoine visuel majeur.
Son travail a aussi une dimension humaine : il a su capturer l’essence des cultures qu’il rencontrait, tout en mettant en lumière la beauté fragile des environnements naturels. Une exposition récente au Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds a d’ailleurs mis en avant cette dualité entre aventure et sensibilité artistique.


Un héritage toujours vivant
À l’occasion du centenaire de sa disparition, une monographie intitulée Jules Jacot-Guillarmod, l’explorateur de l’inconnu a été publiée, rassemblant ses photographies les plus marquantes et des extraits de son journal. L’ouvrage, salué pour sa richesse iconographique, est disponible en librairie et s’accompagne d’une sélection d’images accessibles en ligne.
Pour aller plus loin, les archives numérisées de ses photographies et de ses carnets sont consultables sur les sites des institutions suisses, offrant une plongée immersive dans l’univers de ce pionnier. Une manière de célébrer un homme dont la curiosité et le talent continuent d’inspirer les amateurs d’art, d’histoire et d’aventure.
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