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Entretien avec Rebeka Warrior : Enfant poétique de la Cold Wave.

La meilleure façon de la décrire c’est de parler de son idole d’instagram qui est aussi son exacte opposée : Reese Wintherspoon. Un monde lissé-disney, plastique, des dents blanches-fluorescentes et des pulls de Noël assortis pour toute la famille. Voilà ce que Rebeka n’est pas. Elle est à “l’industrie musicale” ce que Stakhanov est à l’URSS : productiviste et infatigable. Elle, c’est à la fois Sexy Sushi, Kompromat, Mansfield TYA, mais aussi l’une des icônes punk des plus acharnées dans la défense des artistes issues des diversités. Son engagement : ” la cause poétique“. Elle est venue nous en parler à l’occasion du nouvel épisode du podcast de Beware.

Entretien avec Rebeka Warrior : Enfant poétique de la Cold Wave.
Crédit Philippe Jarrigeon

Cet album c’est le deuil et l’hommage à la vie qui continue

En février, elle nous dévoile avec Carla Pallone, “Monument ordinaire” le 5ème album de leur projet Mansfield TYA. Un album sombre, poétique mais éclatant. Des mélodies lumineuses qui subliment les textes sur le deuil et l’hommage à la vie qui continue. Une dualité harmonieuse, douce qui une fois de plus scelle un duo réussi, dont elle seule a le secret, entre une artiste baroque et une punk. Parce que c’est aussi ça son talent : associer des teintes et façonner des matières musicales que personne n’attend.

Pour ce 5ème album, c’est Fanfan des Bérurier Noir qui leur a écrit “Les filles mortes”, figure de ce groupe de punk-rock-alternatif des années 80, une formation sans batteur puisque ce rôle était occupé par une boite à rythme (DRM16 – Electro Harmonix). Celle-ci a d’ailleurs servi à l’enregistrement de ce titre.

Mansfield TYA c’est peu de clips mais des clips très travaillés. Le qualitatif sur le quantitatif. Pour Auf Wiedersehen, une belle collaboration avec Nicolas Medy à l’univers christique mais cynique.

Auf Wiedersehen vidéo réalisée par Nicolas Medy

” Faire danser, penser, fédérer, pleurer et s’aimer “

L’album sort sous le tout nouveau label : WARRIOR RECORDS. Une “house” qui s’affirme clairement dans la défense des valeurs : Queertransféministeanti-raciste et résistante. Comme l’indique la “Maman” du label : “On a envie de sortir de la bonne musique, de défendre et de rendre visible des artistes de notre communauté”. À l’heure où les postes à responsabilité dans la musique sont toujours majoritaire occupé par des hommes, c’est aussi contre ça que se construit la Maison Warrior. Un casting pour le moment 100% féminin avec Cassie Raptor, Moesha 13, Maud Geffray, Mansfield.TYA et Vimala Pons, qui sortiront des inédits pour le tout jeune label. Sur son site on peut aussi lire : “Dès que possible, nous organiserons des soirées avec des plateaux et un service d’ordre, majoritairement composé de femmes. Nous proposerons des tarifs d’entrée suivant les moyens de chacun·e et nous appliquerons à rémunérer les acteurs de la nuit équitablement (barman, physio, DJ, orga…).” Bref, des résistant.es prêt.es à dé-scléroser les pratiques d’un milieu encore trop inégalitaire.

Engagé.es. jusqu’au bout du fil. Pour son merch, Warrior Records s’associe avec la boutique parisienne Manifeste011, adepte de la mode vegan, bio, anti-saison et non-genrée… Une démarche responsable qui garantie qu’aucun.e enfant Ouïgour ne soit exploité. A découvrir par ici. (sinon rdv: 14 rue Jean Macé – 75011 Paris).

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