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C’est Azu Nwagbogu, fondateur et directeur de l’African Artists’ Foundation (AAF) et de LagosPhoto, festival photographique annuel, qui a sélectionné Patrick Willocq afin de présenter son travail photographique au jury des Rencontres Photographiques d’Arles afin qu’il participe au prix Découverte 2014. 

Malgré cette participation au prix Découverte, Patrick Willocq n’en est pas à son coup d’essai. En effet, photographe autodidacte depuis plus de 25 ans,  il a, entre autres, remporté le prix de l’Agence française de développement du meilleur reportage photo et a été exposé dans plus d’une dizaine de festivals internationaux.

Avec “I’m a Walé, Respect Me” Patrick Willocq nous offre des images d’un nouveau registre, assez différentes de ses autres travaux.

Ici, il met en scène, via la photographie, la culture et les coutumes des communautés congolaises qu’il a pu côtoyer pendant son adolescence où il a vécu en République Démocratique du Congo. La photographie vient donc ici expliquer certains rites culturels qu’il théâtralise. Cet effet de mise en scène est ici créé par l’utilisation d’un espace et de décors fabriqués de toutes pièces avec des matériaux disponibles (souvent naturels).

Willocq vient donc ici poser un regard très objectif sur ces rites culturels grâce à la théâtralisation des coutumes locales de ces autochtones. Le côté graphique, coloré, la recherche de la “belle” photo posée, apporte un côté onirique qui, accentué par la pose des personnages, parfois burlesque, permet d’exprimer les rites culturels en toute objectivité.

 

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“Avec ce travail, je me suis plongé dans un rituel initiatique et j’ai essayé de produire un travail photographique à la fois documentaire et artistique témoignant au plus près de l’expérience des Pygmées Ekonda de la République démocratique du Congo. Pour les Ekonda, le moment le plus important de la vie d’une femme est la naissance de son premier enfant. La jeune mère, appelée Walé (« mère primipare allaitante »), retourne chez ses parents pour y rester recluse de deux à cinq ans. En respectant divers tabous, notamment sexuels, elle acquiert un statut similaire à celui d’un patriarche. La fin de son isolement est marquée par des danses et des chants rituels extrêmement codifiés qui sont, à chaque fois, une création unique propre à chaque Walé. J’ai toujours été fasciné par les tribus indigènes car j’ai l’impression qu’elles sont les dépositaires d’une forme de richesse que nous avons perdue. Le rituel des Walé est un magnifique hommage à la maternité, à la fertilité et à la féminité. C’est pourquoi j’ai proposé à des Walé que je connaissais depuis plus d’un an de participer à des mises en scène capables de témoigner d’une partie de leur histoire personnelle, chaque image étant censée représenter visuellement l’une des pensées intimes qu’elles chanteront le jour de leur libération.

Patrick Willocq

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Pour suivre le travail du photographe : c’est ici