Métro Bastille avec The Proper Ornaments

 The Proper Ornaments

Attablée à une terrasse d’un café de Bastille, nous attendons avec hâte les membres du groupe The Proper Ornaments. Projet musical fantasmagorique entre Max Oscarnold (Toy) et James Hoare (Veronica Falls), le groupe est de passage à Paris pour la promo de leur nouvel album intitulé Foxhole (signé sur Tough Love Record et Differ-Ant). Les quatre dandys anglais arrivent devant le café, nonchalants et souriants. Après s’être installés à l’intérieur :

https://youtu.be/qNcW7AZYR6o?list=PLzA5TcZd9eWXyE1wxI6RIj2fM1jtrxcl4

Nous avons cru comprendre que vous vous êtes rencontrés grâce à une affaire de boots en cuir volées dans une fripe et par une passion commune pour The Velvet Underground, c’est assez original comme rencontre non ?

James : On a rien volé. La copine de Max était cleptomane et il essayait de me distraire pendant qu’elle essayait de voler des boots. Il est venu me parler au comptoir et on a parlé de pleins de choses. Notre amitié a commencé comme ça, puis on a fait de la musique pour finalement décider de monter un groupe.

Qui compose et qui écrit ?

Max : Personne n’a de tâches assignées, tout le monde fait un peu de tout et chacun apporte des contributions différentes. En général, un de nous écrit les paroles et on essaye de voir comment organiser le tout, ça change tout le temps.

Quels mots choisiriez-vous pour décrire votre musique ?

James : C’est difficile de répondre à cette question …

Bobby : Very Good ?

James : Mélancolie et onirisme

Êtes vous plus inspirés par le passé ou le future ?

James : Le passé. On regarde vers le passé mais en essayant de ne pas s’y enfermer. Il faut tirer des leçons des bonnes et mauvaises choses du passé. Tout le monde devrait faire ça. Que ce soit les expériences personnelles de chacun d’entre nous ou des situations extérieures à nous. C’est comme ça qu’on peux faire des changements dans la vie réelle.

Max : Par exemple, la seconde guerre mondiale, c’est quelque chose dont on devrait tous s’inspirer pour ne pas commettre les mêmes erreurs.

The Proper Ornaments

Vos groupes respectifs (Toy et Veronica Falls) jouent-ils un rôle ou ont-ils une influence sur The Proper Ornaments ? Ou est-ce vraiment un projet en soi ?

Max : Chaque groupe à sa manière particulière de composer, même si on peut voir des similarités entre les groupes de l’intérieur. C’est un projet en soi.

Bobby : Je joue pas de la même manière avec The Proper Ornamants qu’avec d’autres groupes par exemple, c’est vraiment un projet à part.

James : On fait les choses d’une certaine manière – qui est unique – et on a tous des personnalités assez calmes, ce qui n’est pas forcement le cas dans les autres groupes.

Pensez-vous à des collaborations entre The Proper Ornaments et d’autres artistes/groupes ?

James : C’est jamais encore arrivé. C’est toujours un peu compliqué à organiser mais ce serait cool. Charlie Alex March par exemple, il fait de la musique électronique et on pourrait s’orienter vers un prochain album plus techno avec des sons comme ça (rires). On le ferrait bien mais ça prend du temps.

Votre musique nous rappelle plusieurs époques à la fois : les sixties anglaises ou le shoegaze des nineties mais votre son reste globalement très moderne … Vous devez avoir des influences assez diverses non ?

James : Oui, je pense que tout groupe anglais est influencé par les sixties. Mais aussi par pleins d’autres choses … des trucs plus vieux comme Buddy Holly nous inspire … la musique latino américaine aussi !

Daniel : Les sixties c’est comme un héritage, une tradition pour nous et pour tout groupe qui fait du rock anglais.

Max : La pop des seventies aussi. Les nineties evidemment, des groupes comme Blur …

James : … Yo La Tengo, Pavement aussi !

Max : C’est à l’adolescence qu’on découvre tous ces sons et groupes, au début de la vingtaine …

James : C’est très varié et éclectique. On écoute du son allemand, des groupes post-punk des eighties comme Wire… C’est pas seulement les mélodies qui nous inspirent, ça peut être les paroles ou même une attitude !

Max : Le Velvet Underground est vraiment une influence majeure pour nous. Et puis on passe d’une chose à l’autre mais en restant dans le même style, il n’y a pas d’évolution ou de changement radical.

Il semble que dans votre dernier album l’atmosphère change. D’après quelques recherches vous l’avez enregistré dans la chambre de James d’où le nom de Foxhole (terrier de renard)?

Max : Oui, l’atmosphère est plus intime et moins psychédélique. Le fait d’enregistrer dans la chambre nous a permis de composer et construire notre son différemment. On a effectivement utilisé moins de distorsion, pas d’effets de pédales … mais plus de guitare acoustique, de piano avec moins d’effets extravagants. Ça rend le travail plus difficile mais aussi plus esthétique. Le son est plus chaleureux, plus contenu. Parfois c’est mieux de ne pas se cacher derrière pleins d’effets tu vois

James : Notre album précédent avait été produit d’une manière bien différente, avec beaucoup d’effets… Celui-ci est plus franc.

Max : Quand une chanson est bien, on le sait direct. Pas besoin d’effets psychés pour dissimuler les choses. En même temps, on est plus exposé quand on fait du son « simple » et c’est plus satisfaisant. Le titre Foxhole était en fait celui d’une chanson, qu’on avait appelée Jeremy’s song (qui est un ami à nous). Puis on a appelé l’album comme ça. Ce mot fait référence à un espace fermé, petit. Ça rappelle les tranchées de la Première Guerre Mondiale, un trou où on se cachait, où on était à l’abri.

Vous aimez Paris il me semble …

Tous : Oui, on adore cette ville !

James : On a des amis à Montreuil… Y’a pleins de choses à faire à Paris mais on jamais le temps …

Max : Vous avez vu l’expo sur le Velvet ? Elle avait l’air super, on l’a ratée.

Vous avez des quartiers favoris ?

James : J’aime bien Pigalle.

Max : Oui Pigalle et vers Ourcq aussi. La rue Jean Jaurès  il y a des bars sympas. Le public parisien est cool aussi.

L’interview se termine par une discussion sur l’art, la ville de Paris et Oscar Wilde. Max repart d’ailleurs avec mon magazine d’art sous le bras. The Proper Ornaments sera de retour à Paris le 10 février pour un concert à la Mécanique Ondulatoire.

 

Interview faite par : Marion Fromy

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