Maren Karlson : du “Girl Power!” au POST festival de Copenhague

Du 17 au 20 août aura lieu la toute première édition du festival POST, à Copenhague. Jody Barton, Peter Folkmar, et Aideen Mccole, les directeurs, ont eu le désir partagé de réunir illustrateurs et designers afin d’échanger, de présenter leur travail, et ainsi de créer un environnement propice à l’encouragement des étudiants, des artistes, et des enseignants. Voilà un ambitieux programme >> http://www.postdesignfestival.org/

On a le plaisir de te présenter le monde obsessionnel et féministe de Maren Karlson, l’une des participantes :

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L’artiste mène une démarche déjà bien affirmée… Elle sait ni plus ni moins ce qu’elle veut, elle sait toutefois ce qu’elle rejette! Jamais entièrement satisfaite, doutant constamment, la remise en question de sa pratique du dessin est chronique. Pour Maren il ne s’agit pas de poser un regard de dégoût sur ses productions, et de tomber dans un extrême dépréciatif… Elle est juste méfiante à l’idée que l’on puisse aimer son travail artistique au point de se dire qu’il est désormais abouti, suffisamment bon. Elle soupçonne fort que cette drôle d’idée conduise direct à la paresse créative, et qu’il y ait des risques assez élevés de devenir un sacré “asshole” (: sort irréversible pour les plus admirateurs d’eux-mêmes?!).

“Le plus important est de cesser de se comparer aux autres et de tout faire dans un esprit de compét’, puis de prendre conscience de la singularité de sa vision du monde”.

Son atelier est à Berlin, capitale qu’elle adore pour son dynamisme, sa folie. Elle regrette cependant un manque d’échange créatif, tout en appuyant le fait qu’il s’agit là d’un point de vue complétement perso de sa part… Maren le dit elle-même (sans s’en plaindre!) : elle ne s’est jamais sentie “assez cool” pour intégrer les différentes scènes branchées de la ville. Elle se désole que la plupart des gens se contentent de leur “petit cercle social”, mettant une paroi invisible, mais étanche, entre eux et les autres. Pas grave (et c’est un peu ça les grandes villes), elle s’y sent assez bien pour vivre, dessiner. Et puis un tas de choses ici avivent sa curiosité malgré le ressenti d’individualisme.

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“These girls need dick!” euh…

 

M.Karlson fait vivre dans des décors à la Mickey Mouse (un peu chéper) et géométriques, des amazones hyper-sexualisées dans la veine 70’s de certains dessinateurs “underground” américains comme Robert Crumb. Visuellement, ça peut rappeler les vives couleurs de notre enfance, il n’y a cela dit rien de très innocent! Exprimée par l’image, il y a une ironie crue, érotico-porno. Les cigarettes à moitié consumées, les chaussures à talons épais, les murs en briques, les personnages inspirés de l’univers de Mickey et sa bande, et la figure du mâle, toujours en marge, sont des symboles récurrents dans ses séries. Les femmes, haut perchées, ont autant de classe qu’une poupée gonflable. Elles sont pourtant séduisantes, elles ont un truc : le Power! Tout en écrasant leurs stilettos sous leurs courbes disproportionnées et agressives, elles occupent toute la place qu’elles méritent, semblent gueuler une rage digne d’une ode à la libération sexuelle de 68.

Dans une interview (de Emily Friedman, “a conversation with Maren Karlson“), Maren dévoile une chose à propos d’un personnage de nana qu’elle place un peu partout : c’est une sorte de fantasme pour elle. Comme cette femme aux allures guerrières, l’artiste aurait voulu paraître moins timide, moins “choux”, moins “super sympa”… Elle aurait kiffé se rebeller lorsqu’on lui pinçait la joue en ayant visiblement l’air de douter de ses capacités (lorsqu’elle avait quinze ans elle en paraissait onze). Aujourd’hui amusée par ce souvenir de pré-adolescente trop sage, elle aime donner de bonnes armes aux filles qu’elles représentent sous son trait, jusqu’à leurs longues queues de cheval s’apparentant à des fouets. Fières de leurs corps généreux, de leur nudité, vulgaires (et alors ?), pleines d’énergie et courageuses, elle lâche ainsi sa team de dominatrices! Celles là ne craignent pas les insultes, ignorent les tentatives d’intimidation de certains connards, elles s’en foutent royalement, fuck.

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Techniquement, elle a pendant longtemps privilégié le détail, la méthode, et un certain systématisme. Plus récemment elle se laisse porter et adopte un geste plus intuitif, un trait plus libre. Elle s’éloigne progressivement de la maîtrise contrôlée pour plus de prise de risques. D’un point de vue conceptuel, il est pour elle essentiel de penser avant de créer quoi que ce soit : l’intention est primordiale sur la forme.

Dans un projet de fanzine, elle collabore avec l’artiste Brie Moreno :

Toutes les deux discutent de sujets comme : l’amour, la rencontre amoureuse, la déception, la jalousie, la descente raide de la romance à la rupture. Et de ces paroles spontanées entre meufs, découle ce “Split zine with Brie Moreno about love and dating” dans lequel elles souhaitent casser le stéréotype de la femme célib’ abattue et rongée par la solitude, et du mec vu comme un félin mystérieux, indocile, et seul par choix (il fait bien sûr du sexe quand ça lui chante, lui, l’homme viril. Et elles tombent toutes comme des quilles).

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Extraits du fanzine avec Brie Moreno

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Tu adores?

Maren Karlson et ses copines nues sur des plateformes t’attendent donc à Copenhague, au POST Festival!

Ou par > ici

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