La sélection Beware des projets musicaux à suivre en 2018

Image d'avatar de Marie VandaeleMarie Vandaele - Le 22 janvier 2018

Depuis maintenant quelques années, la scène française est en quasi perpétuelle ébullition. Collectifs rap, duo pop, projet électronique fleurissent aux quatre coins de la France. De nouveaux labels, défricheurs de talents tels que Pan European Records, Cracki Records, Microqlima, ou autre Pain Surprise voient le jour et mettent en avant les loufoqueries de Flavien Berger, les bizarreries de Renart ou les rêveries de Pépite, pour ne citer que les plus connus (même si on vous accorde que ceux-ci n’ont rien à voir en commun). On a fait la liste de ceux dont on parle un peu moins (mais qu’on aime beaucoup beaucoup beaucoup), déjà connus ou non, nouveau projet ou pas, mais qu’on vous conseille de suivre pour 2018.

La sélection Beware des projets musicaux à suivre en 2018 2

Chaton

Quand on le voit on a plus l’impression d’avoir affaire à un bon gros matou, et pourtant. C’est avec le délicat « Poésie » que le jeune homme a commencé à faire parler de lui à l’été 2017. Etrange phénomène qui a réussi à mixer musique électronique, pop et reggae, chaton retombe toujours sur ses pattes. Sa voix autotunée, à la PNL, dépoussière le côté chanson française à texte de ses créations. Sans tomber dans le ridicule ou dans le mauvais dosage, cela exacerbe de manière très juste la délicatesse des paroles et la sensibilité indolente du personnage qui affirme que « même au bord de la faillite, (il) continue d’écrire de la poésie ».

Possible – Septembre 2017

Sahara

Le duo bordelais a tout du groupe attachant, mignon (presque agaçant) mais pas niais pour un sou. Une pop désertique, des influences brésiliennes et des sons rétro futuristes, dit comme ça, ça fait un peu rencontre du troisième type, à tord. Sahara propose une pop stroboscopique, colorée et joyeuse à rebours de ce qui se fait actuellement. Grâce à des synthétiseurs bien dosés, des couplets où se rencontrent français, anglais, portugais et une fausse naïveté, qui ne prend pas trop de place, Sahara parvient à nous emmener dans un voyage psychédélique entre des dunes oranges et un ciel violet.

Colibris – Octobre 2017

Catastrophe

Collectif parisien pluridisciplinaire, jeune recru du très pointu label Tricatel, Catastrophe se la joue un peu intello, un peu romantique désabusé un peu dada, sans en faire trop (pour le moment). Le groupe vise à réintégrer le langage et l’imagination comme élément de lien social et d’existence au monde. Bon ok, peut être que les mecs réfléchissent un peu trop. Toujours est-il que ce n’est pas si inabordable que ce qu’il n’y paraît. L’objectif de Catastrophe est de tenter de restituer musicalement ce qu’il y a d’apocalyptique dans notre monde. Cela se concrétise par des nappes pop électroniques et caléidoscopiques sur lesquelles alternent des vocalises robotisées, des chœurs féminins, des voix suaves et masculines. L’ensemble d’un froid océanique demeure toutefois très délicat et capture « Dans nos yeux des images (qui) entrent, traversent et ressortent ».

La nuit est encore jeune – à sortir le 19 janvier 2018

OkLou

Cela fait déjà quelques années que la jeune fille fait parler d’elle. Malgré son look street avec ses vestes de jogging trop grandes et ses créoles à la Mariah Carrey, c’est par une formation classique au conservatoire en violoncelle que Marylou débute en musique. Etonnante ? Oui c’est le mot. C’est avec le titre 22 (au clip aussi étrange que magnifique), où se mêlent ambient et musique arabe, le tout mixé par l’ami Krampf, qu’on l’avait découverte. Difficile de définir le style de la jeune fille, qui nous a encore surpris fin 2017 avec son nouvel EP For the Beast, déroutant. Oklou joue avec sa voix vaporeuse, trafiquée au vocodeur, qui souligne l’apprêté et la netteté de ses beats. Elle l’utilise davantage comme un instrument qui apporte une certaine mélancolie froide à la douce transe, à la fois claire et urbaine, qu’elle nous propose.

For the Beast (feat. Casey MQ) – Décembre 2017

Hyacinthe

Figure incontournable du rap underground français, membre du collectif gabber D.F.H.D.G.B (comprendre Des Faux Hipsters et Des Grosses Bites), acolyte du poète L.O.A.S, du producteur de géni Krampf et du rappeur Jok’Air, impossible d’avoir manqué Hyacinthe en 2017. Après quelques mixtapes et un sublime premier album, sorti en 2015, Sur la route de l’Ammour : Mémoire de mes putains tristes, Hyacinthe a éclaté en 2017 avec son magnifique Sarah. Plus assagi le garçon ? Pas sûr. Le rappeur y énumère ses blessures, ses états d’âme et aspirations, avec une hargne noire qui met en exergue le spleen général qui traverse Sarah. Dualités et contradictions du personnage qui transpercent l’album où se côtoient des productions gabber (boomboomboom) et des vues étoilées. Hyacinthe, « enlace le vertige » et se dévoile comme une plaie ouverte sur laquelle parviennent à fleurir des roses.

Sarah – Septembre 2017

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Marie Vandaele
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